03302017Headline:

Italie : le sandwich qui divise tout le pays

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Mais comment une banale affaire de sandwich a-t-elle été propulsée en une du Corriere della Sera, l’un des plus grands quotidiens italiens ? Repérée par Le Monde, l’histoire n’était pourtant pas destinée à sortir de l’école primaire Pirelli à Milan. Après tout, il ne s’agit que d’une histoire assez ordinaire, celle d’une fillette de 10 ans qui s’est retrouvée bannie de la cantine après avoir apporté un sandwich préparé à la maison avec des ingrédients bio.

Pourtant, l’affaire s’est rapidement immiscée au coeur de toutes les discussions, réveillant ainsi le débat autour de l’autorité parentale et allant même jusqu’à prendre une dimension politique. La décision de punir l’enfant n’est pourtant pas illégale. Elle respecte tout à fait le règlement en vigueur dans la ville de Milan : les élèves ont l’interdiction de ramener de la nourriture de l’extérieur à la cantine.

Les cantines régies par les villes

Ce n’est pas le cas à plus de 100 kilomètres de là, dans la ville de Turin. Comme le souligne Le Monde, en Italie, le fonctionnement des cantines italiennes est régi par les villes. Ici, une décision de justice a obligé la commune à autoriser les parents qui le souhaitent à concocter le déjeuner de leurs bambins. Une décision qui fait suite à une plainte de 58 familles et qui a éveillé l’attention des Milanais. Aujourd’hui, une dizaine de familles de la ville réclame un ajustement du règlement.

Mais la ville de Milan reste inflexible et refuse d’accéder à la demande des parents. Dans les colonnes du quotidien italien, l’adjointe au maire chargée de l’éducation, Anna Scavuzzo, explique que la loi en vigueur permet de « protéger les enfants » en garantissant des conditions d’hygiène contrôlées par l’école.

« Une nourriture de meilleure qualité »

Ce n’est pas l’avis de la mère de la petite fille exclue de la cantine qui n’a pas hésité à pointer du doigt les repas servis dans les réfectoires. Au Corriere della Sera, elle assure ne pas vouloir « gagner à tout prix », mais « simplement une nourriture de meilleure qualité pour les enfants ». Des critiques qui passent mal. Anna Scavuzzo rappelle alors les efforts réalisés pour améliorer les 80 000 repas distribués chaque jour. Selon elle, ces derniers sont composés à 40 % de nourriture issue de l’agriculture biologique.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Valentina Aprea, conseillère régionale pour l’éducation du parti de droite Forza Italia, a fustigé la position de l’administration milanaise dirigée par le Parti démocrate. Elle salue d’ailleurs la décision prise à Turin qui permet à « tous ceux qui décident de se passer de la cantine » d’envoyer son enfant pour qu’il mange un repas préparé par les parents.

Sur demande de Forza Italia, une réunion publique avec institutions et associations doit désormais évaluer l’application de l’ordonnance de Turin à Milan. De son côté, la mère de la petite fille bannie du réfectoire a déposé une mise en demeure auprès de la municipalité de Milan.

lepoint.fr

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