03242017Headline:

Jihad : les confessions d’un repenti Français de Daech-Un récit édifiant

Ali, de retour en France, raconte en garde à vue sa vie quotidienne à Raqqa (Syrie) et les scènes de terreur auxquelles il a assisté. Un récit édifiant.

Raqqa (Syrie), début 2015. Dans la capitale autoproclamée de Daech, la police islamique patrouille, contrôlant la population, verbalisant les conducteurs. Ali dit avoir été l’un de ces patrouilleurs armés d’un pistolet et d’un kalach.
Raqqa (Syrie), début 2015. Dans la capitale autoproclamée de Daech, la police islamique patrouille, contrôlant la population, verbalisant les conducteurs. Ali dit avoir été l’un de ces patrouilleurs armés d’un pistolet et d’un kalach.
(AP.)

C’est un témoignage rare. Celui d’Ali*, un Français qui a passé six mois dans les rangs de l’Etat islamique (EI, ou Daech) en Syrie et qui, selon ses dires, écœuré par ce qu’il y a vu, a réussi à revenir dans l’Hexagone, encouragé par ses proches.

Début mars, deux jours après avoir atterri à Paris, ce garçon d’une trentaine d’années s’est rendu dans un poste de police pour se dénoncer.

Son nom n’était pas inconnu des services spécialisés : sa mère avait signalé son départ. Une enquête avait été ouverte.

Protocoles stricts et rodés

Pendant sa garde à vue, dont nous avons pris connaissance des procès verbaux, Ali s’est longuement confié, donnant notamment des détails sur le quotidien des recrues de l’Etat islamique. Ses déclarations sont difficilement vérifiables et, sur certains aspects, les enquêteurs ne cachent pas leur perplexité. Notamment lorsqu’il affirme ne pas avoir combattu alors que plusieurs indices laissent penser le contraire : des messages privés et des photos de lui en treillis, kalachnikov à la main par exemple. La justice envisage ainsi qu’il ait pu jouer un rôle actif au sein de la police islamique de Raqqa, la capitale de l’EI.

Mais le récit d’Ali, de sa radicalisation en prison à son enrôlement en Syrie, permet surtout de cerner le parcours et la vie de ces centaines de Français qui choisissent de rejoindre les rangs de Daech. Des informations précieuses qui confirment l’organisation parfaitement rodée et structurée de l’Etat islamique, faite de protocoles stricts et s’appuyant sur une administration apparemment solide.

Face aux policiers, Ali assure renier son engagement. Il ne nie pas avoir voulu vivre dans une zone régie par la charia, mais il se dit dégoûté des atrocités dont il a été témoin. Bien sûr, il s’agit des propos d’un homme placé en garde à vue qui a conscience de risquer gros. Une prudence s’impose, mais ses explications semblent sincères.

L’expertise psychiatrique a conclu qu’il ne souffrait d’aucune pathologie mentale ou psychique. Mis en examen pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes, une qualification criminelle réservée aux profils les plus inquiétants, et pour recel de financement du terrorisme, Ali a été placé en détention provisoire. Voici son parcours.

* Le prénom a été changé.

Son départ, l’apprentissage des armes, son rôle au sein de l’Etat islamique, son retour en France

 

Ali a quitté le lycée à l’issue de sa seconde pour se rendre au Maghreb, où il avait de la famille. Mais son voyage, marqué par la consommation d’alcool et de cannabis, ne se passe pas bien….
D’après les dires d’Ali, rien de plus simple que de rejoindre les rangs de l’EI. Un vol pour Istanbul (Turquie), d’abord. Un autre pour Gaziantep, ensuite. Et enfin, une simple course en taxi…
.leparisien.

 

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