09192020Headline:

Le Canada suspend l’octroi de visas pour certains pays touchés par l’Ebola

Ebola et visa

Après l’Australie, c’est au tour du Canada de refuser la délivrance de visas aux résidents et citoyens de pays d’Afrique de l’Ouest touchés par le virus Ebola.

Dès aujourd’hui, Ottawa ne traitera aucune nouvelle demande de visa pour les travailleurs, les étudiants ou les visiteurs, et aucune demande de visa aux fins de résidence permanente en provenance de ces pays. Toute demande qui est déjà dans le système de Citoyenneté et Immigration Canada ne sera pas traitée non plus.

Ces mesures concernent aussi les personnes qui se sont rendues dans un pays touché par l’Ebola, « ce qui comprend y avoir vécu ou voyagé ou avoir transité par un de ces pays au cours des trois mois précédant la date de réception de la demande ».

Les pays visés sont ceux où la propagation de la maladie est considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme « étendue et persistante/intense ». Les pays qui correspondent à ces critères, d’après le plus récent rapport de l’OMS, sont la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.

Dans la Gazette du Canada, qui annonce cette nouvelle, il est indiqué que ces mesures « n’ont aucune incidence sur les titulaires de visas valides, les personnes protégées, les résidents permanents et les citoyens canadiens ».

On peut y lire aussi que ces « instructions visent à aider à la prévention de la transmission et de la propagation de la maladie à virus Ebola au Canada ».

Un porte-parole de Citoyenneté et Immigration Canada a précisé que la décision se rapprochait de celle prise par le gouvernement australien plus tôt cette semaine, sans toutefois être aussi contraignante.

La directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, avait dénoncé la décision australienne affirmant que la fermeture des frontières n’empêcherait pas la propagation du virus Ebola.

Une décision contraire à un règlement international

Pour David Fidler, professeur de droit international à l’université de l’Indiana, en agissant de la sorte, le Canada et l’Australie violent le Règlement sanitaire international, qu’ils ont pourtant signé.

Ce traité, chapeauté par l’OMS, vise à « prévenir la propagation internationale des maladies (…) par une action de santé publique proportionnée et limitée aux risques qu’elle présente pour la santé publique, en évitant de créer des entraves inutiles au trafic et au commerce internationaux ».

En 2003, lors de l’épisode de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Ontario, l’OMS avait conseillé aux voyageurs d’éviter tous les endroits du monde aux prises avec des éclosions graves, notamment Toronto. Le ministre ontarien de la Santé à l’époque, Tony Clement – aujourd’hui ministre dans le gouvernement Harper -, s’était insurgé contre cet avis et avait dirigé une délégation au siège de l’OMS à Genève pour faire infirmer la décision. Il avait obtenu gain de cause.

En vertu du Règlement sanitaire international amendé en 2005 après l’épisode du SRAS, les pays signataires s’engagent à ne pas restreindre le trafic et le commerce au-delà de ce que recommande l’OMS dans le cadre de son Plan d’urgence de santé publique de portée internationale. Or, l’OMS a décrété le 8 août dernier que l’épidémie d’Ebola constitue effectivement une urgence de santé publique de portée internationale, mais elle a répété que les pays ne devraient pas fermer pour autant leurs frontières aux pays d’Afrique de l’Ouest touchés par le virus.

Près de 5000 morts, selon l’OMS

Dans son dernier bilan, l’OMS fait état de 4951 morts, victimes de l’épidémie de fièvre Ebola, et ce, sur un nombre total de 13 567 cas.

Sur les huit pays qui sont touchés par la maladie, trois sont durement frappés : le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée.

Des cas, beaucoup moins nombreux, ont été enregistrés au Nigeria, au Sénégal, au Mali, en Espagne et aux États-Unis.

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