09202018Headline:

Le Royaume-Uni sera potentiellement confronté à une pénurie de sperme, si le Brexit se conclut sans un accord avec l’UE.

Si les craintes exprimées se portent essentiellement sur les relations diplomatiques et économiques, le Brexit pourrait également avoir des conséquences jusque-là quelque peu négligées pour le Royaume-Uni.

Avec environ 7.000 échantillons de sperme importés en 2017, dont 3.000 du Danemark, le Royaume-Uni sera potentiellement confronté à une pénurie si le Brexit se conclut sans un accord avec l’UE. Une sortie de l’Union européenne sans accord risque de mettre en difficulté les couples britanniques qui ont recours au don de sperme pour procréer, car ils ne pourront plus faire appel aux banques de spermes européennes, a souligné le gouvernement britannique jeudi 23 août 2018.

Les établissements de santé, cliniques et autres structures impliquées devront alors établir de nouveaux accords sur le modèle de ceux qu’ils ont déjà avec des pays “tiers” (hors UE) tels que les États-Unis.

Si les discussions entre Londres et Bruxelles échouent, la législation européenne relative au sang, tissus et cellules humains ne s’appliquera plus pour le Royaume-Uni, a indiqué le gouvernement. Avec pour conséquence la nécessité pour les banques de sperme britanniques “de nouveaux accords avec les établissements compétents”. Pour compenser, le ministère de la Santé souligne que les entreprises disposant d’une licence pourront faire appel à des importations de pays tiers. Une précision peu rassurante dans un pays où les dons de sperme ont considérablement diminué depuis que les donneurs ont perdu le droit à l’anonymat par une loi de 2005.

Ainsi, dans une note technique publiée jeudi 23 août 2018 destinée à préparer les entreprises et la population aux conséquences d’un divorce éventuellement sans accord, le gouvernement britannique souligne qu’en 2017 le pays avait importé quelque 3.000 échantillons de sperme du Danemark et 4.000 des États-Unis. Londres a aussi importé quelque 500 ovules et embryons de pays européens.

Il sera difficile de reporter les besoins sur les accords avec les États-Unis car un changement de législation y prévoit maintenant que les importations en provenance de ce pays peuvent prendre jusqu’à trois mois, quand il suffit d’une semaine depuis le Danemark. Les couples ayant besoin de dons de sperme commencent donc à s’inquiéter, d’après Geetha Venkat, directrice de la clinique spécialisée dans les questions de fertilité Harley Street Fertility Clinic. Les formalités administratives supplémentaires induites par un Brexit sans accord pourraient en outre conduire à une hausse des coûts pour les entreprises qui sera répercutée sur les couples, a-t-elle averti. L’incertitude qui entoure un tel scénario ne fait qu’ajouter au “stress qui accompagne déjà ce traitement”, a-t-elle regretté sur la BBC.

SANG ET ORGANES. Côté sang et produits sanguins, le gouvernement britannique est plutôt exportateur et assure qu’il est “largement auto-suffisant”. Quant aux organes à transplanter, qui sont environ une quarantaine à circuler chaque année entre le Royaume-Uni et l’Europe, des réglementations existent déjà pour assurer leur circulation.

Source: Sciences et Avenir

N.B: Le chapô et le titre sont de la Rédaction

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