09282020Headline:

Les jihadistes progressent en Syrie et Irak

Djihadistes Francçais

Les chefs militaires de la coalition anti-jihadistes se réunissent mardi à Washington alors que la campagne de frappes en Syrie et en Irak n’empêche pas le groupe de l’Etat islamique d’avancer, notamment à Kobané où il a pris position dans le centre-ville.
Le président américain Barack Obama participera à cette réunion inédite depuis le début de la guerre, entre les chefs des armées de 22 pays engagés dans la coalition internationale.
En dépit des raids menés quotidiennement par les avions américains et alliés, les jihadistes ont atteint pour la première fois le centre de la ville kurde de Kobané, dans le nord de la Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
“Jusqu’à présent, ils venaient de l’est, avançaient puis reculaient mais cette fois ils se sont bien installés (au centre). Ils contrôlent désormais la moitié de la localité” malgré la résistance farouche des combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG, branche syrienne des rebelles kurdes turcs du PKK), a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l’OSDH.
L’EI cerne “déjà la ville de trois côtés différents”, a indiqué à l’AFP Feyza Abdi, élue au conseil municipal de Kobané et réfugiée en Turquie.
Mardi matin, des combats faisaient rage dans plusieurs quartiers, notamment les faubourgs au nord qui mènent au poste-frontière turc de Mursitpinar. La coalition a mené trois nouvelles frappes aériennes sur la zone, selon un journaliste de l’AFP du côté turc de la frontière.
Par ailleurs, quelque 5.400 Syriens venus de Kobané ont gagné l’Irak, “dont 3.600 personnes au cours des dernières 72 heures”, a indiqué mardi le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
Entre 10.000 et 15.000 déplacés supplémentaires devraient arriver en Irak au cours des “prochains jours”, selon le HCR.
– Al-Anbar risque de tomber –
En Irak, les jihadistes ont encore marqué des points, l’armée perdant notamment pied dans la province d’Al-Anbar, dont des insurgés contrôlaient déjà certaines parties depuis le début de l’année.
Dans ce vaste territoire de l’ouest, bordant la Syrie, la Jordanie et l’Arabie saoudite, le dernier retrait de l’armée est survenu dimanche lorsque 300 soldats ont abandonné le camp qu’ils occupaient près de la ville de Hit.
Hit, qui était l’un des derniers bastions du gouvernement à Al-Anbar, est “maintenant contrôlée à 100% par l’EI”, a assuré un responsable de la police provinciale. Selon l’ONU, les combats pour la prise de la ville ont poussé 180.000 personnes à la fuite.
“On peut dire que 85% d’Al-Anbar est sous contrôle de l’EI”, estime le n°2 du conseil provincial, Faleh al-Issawi, alors que l’étau se resserre sur Ramadi, chef-lieu d’Al-Anbar dont des quartiers entiers échappent déjà au contrôle des autorités.
“Si la situation continue d’évoluer dans la même direction, sans intervention de forces terrestres étrangères dans les 10 jours, alors la prochaine bataille se déroulera aux portes de Bagdad”, a-t-il prévenu.
Amnesty international a accusé mardi des milices chiites combattant l’EI aux côtés des forces gouvernementales de commettre des crimes de guerre à l’encontre de la population sunnite.
– Divergences avec Ankara –
Au cours de leur réunion sur la base d’Andrew, près de Washington, les 22 chefs militaires discuteront “des défis et de l’avenir de la campagne contre l’EI”, a indiqué un porte-parole du plus haut gradé des forces armées américaines, le général Martin Dempsey.
Le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Gilles Jaron, a confié que Paris entendait “participer à l’élaboration d’un plan d’action conjointe à visée régionale” et “se mettre d’accord sur les grands aspects stratégiques” contre l’EI.
Le président Obama a hâte “de discuter des mesures supplémentaires que la coalition peut prendre pour affaiblir et au bout du compte détruire l’EI”, a souligné un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).
Il n’a toutefois pas évoqué les points de divergence entre les partenaires de la coalition.
L’un de ces désaccords porte sur la création d’une zone tampon à la frontière entre la Syrie et la Turquie, un projet réclamé par Ankara — qui pour l’instant refuse de participer aux frappes — et soutenu par Paris mais qui n’est “pas à l’ordre du jour” pour Washington.
Le président français François Hollande a estimé mardi que la Turquie devait “absolument ouvrir” sa frontière avec la Syrie pour permettre d’aider les défenseurs kurdes de Kobané.
M. Hollande a également lancé “un appel pour qu’au-delà de la coalition, tous les pays qui sont concernés puissent offrir” un “appui” à ceux qui combattent les jihadistes.

AFP

Comments

comments

What Next?

Recent Articles