03252017Headline:

Libye : Zintan, une ville quasi détruite /après avoir été en proie à la révolution…

Six ans après le déclenchement de la révolution, qui a conduit à la chute, puis à la mort de Mouammar Kadhafi, où en est la Libye ? Alors que le pays se fracture entre clans rivaux, certains en viennent à regretter l’ancien régime, pourtant honni. Notre reporter Charles Emptaz s’est rendu à Zintan, au sud-ouest de Tripoli, qui fut le théâtre d’importants combats entre révolutionnaires et pro-Kadhafi.

C’est une ville pas comme les autres. Perchée en haut des montagnes du Djebel Nefoussa, Zintan fut le fer de lance de la révolution de 2011 en Libye. C’est à Zintan que les premiers missiles de Kadhafi se sont abattus sur l’Ouest. C’est aussi à Zintan qu’a été retenu Seif el Islam, le fils héritier du Raïs déchu. C’est enfin à Zintan que la guerre, qui a opposé les nationalistes aux brigades islamistes en 2014 et 2015, a pris fin. Que reste-il de tous ces combats, de ces victoires et de ces défaites ? Que reste-il des idéaux de la révolution libyenne ?

Pour raconter l’histoire singulière de cette cité, notre reporter a rencontré ses chefs de guerre et ses habitants, dessinant en creux le visage d’une Libye post-révolutionnaire, déchirée entre son aspiration d’affranchissement et le péril de la dislocation. Zintan est tiraillée entre ses mille deuils et la fierté d’avoir contribué au destin de la Libye. À l’image d’autre cités que notre reporter a traversées sur sa route, Zintan est déchirée entre le passé, où certains envisagent même un retour du kadhafisme, et le désir d’unir à nouveau leur pays pour mettre fin au règne des milices.

Aujourd’hui, les chefs de guerre se sont rangés derrière le maréchal Haftar au sein de l’Armée nationale libyenne. Un ralliement qui ouvre à l’homme fort de l’Est, la route pour une possible conquête de l’Ouest et de la capitale, Tripoli.

Qui sont ces militaires de carrière et ces révolutionnaires rassemblés dans une même armée ? Comment certains issus de l’ancien régime parviennent-ils à cohabiter avec leurs anciens ennemis, les révolutionnaires ? Ces hommes peuvent-ils prendre le dessus dans un pays miné par les guerres fratricides et la spirale anarchique ? Les soldats de l’Armée nationale libyenne nous ont ouvert leurs positions et la route qu’ils tiennent jusqu’aux portes de Tripoli. Une route qu’ils ont arrachée aux brigades islamistes et qui réserve bien des surprises.

FRANCE 24

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