05242019Headline:

Paris: Les Gilets jaunes manifestent et commettent dégâts.

une fin de semaine marquée par des actions choquantes et polémiques

Alors que la mobilisation des «gilets jaunes» a changé d’ampleur et de dynamique, plusieurs actions menées lors de rassemblements en marge de l’«acte VI» ont interpellé par leur caractère outrancier voire xénophobe et antisémite.

Après cinq précédents samedis de manifestations et blocages, les «gilets jaunes» mobilisés le 22 décembre n’ont pas seulement été moins nombreux, ils ont aussi donné à voir une facette particulière de ce mouvement et de ses participants. Plusieurs scènes ou actions ont suscité de vives réactions.

Un chant antisémite entonné à Montmartre

Plusieurs centaines de «gilets jaunes» se sont rassemblés spontanément dans le quartier de Montmartre, dans le nord de Paris, samedi matin. Un appel avait été lancé sur la page Facebook d’Eric Drouet, l’une des figures du mouvement interpellée samedi, pour aller manifester sur la butte Montmartre.

À cette occasion, quelques dizaines de manifestants réunis sur les marches du Sacré-Cœur ont entonné la chanson «La quenelle», dont les paroles sont de l’humoriste antisémite Dieudonné, sur l’air du Chant des Partisans. Un chant non seulement vulgaire, mais surtout associé à l’antisémitisme véhiculé par Dieudonné et son geste de la quenelle, initialement perçu comme potache mais devenu une référence claire à l’antisémitisme depuis plusieurs années.

Une initiative que rien ne peut excuser, et que j’espère être le fait d’une minorité», a dénoncé sur Twitter la sénatrice écologiste Esther Benbassa. «Contagion insupportable chez les gilets jaunes», a également réagi le journaliste Pierre Haski, président de Reporters sans frontières. «No comment», a indiqué l’écrivain Bernard-Henry Lévy en relayant les images de la scène.

À Angoulême, en Charente, plusieurs «gilets jaunes» ont participé vendredi soir à une mise en scène dans laquelle un pantin portant un masque à l’effigie d’Emmanuel Macron a été décapité. Selon La Charente Libre , le rendez-vous, préparé, avait été organisé dans le but précis de choquer. Une mise en scène d’un procès d’Emmanuel Macron a d’abord eu lieu, pendant une quinzaine de minutes, pendant lequel des appels à pendaison ont fusé de la part du public. La scène s’est achevée sur une condamnation à mort.

Un homme incarnant un bourreau masqué a alors décapité à la hache le mannequin, faisant jaillir du sang. Un co-organisateur a expliqué au journal qu’il s’agissait de sang de bœuf. Le mannequin a ensuite été enflammé dans un brasier autour duquel des «gilets jaunes» ont dansé en chantant «Joyeux anniversaire», toujours selon La Charente Libre. «Oui, notre objectif est de choquer. Jusque-là, nous avons été entendus mais pas écoutés. Maintenant, on doit taper fort», a justifié un des co-organisateurs auprès du journal.

La préfecture de Charente a annoncé samedi avoir signalé cette «mise en scène macabre» au parquet d’Angoulême. Ces faits «portent gravement atteinte tant à la personne qu’à la fonction du président de la République», précise la préfecture, qui «tient à les dénoncer». IIs sont «susceptibles d’être qualifiés pénalement», ajoute-t-elle. Le parquet a annoncé au journal Sud Ouest avoir ouvert une enquête pour «provocation au crime et outrage».

Une banderole antisémite sur un rond-point du Rhône

La photographie remonte au 19 décembre, mais ce n’est que vendredi que des éclaircissements et réactions sont intervenus au sujet d’une banderole déployée sur un rond-point du Rhône occupé par des «gilets jaunes». «Macron = Drahi = Attali = Banques = Medias = Sion», peut-on lire sur cette banderole. «Autant de stéréotypes antisémites tiennent sur une pancarte. Et on laisse passer?», a interrogé sur Twitter l’auteure de la photo, Simone Rodan-Benzaquen, directrice de la branche française de l’organisation juive américaine American Jewish Committee. Son message a été partagé pluis d’un millier de fois.

Le cliché a bien été pris dans une commune du Rhône, comme l’ont expliqué l’AFP et 20 Minutes . La banderole serait restée très peu de temps sur ce site, occupé depuis un mois et démantelé mardi, explique Le Progrès . «Oui, elle était là» a reconnu un des militants auprès du journal régional. «On ne sait pas qui l’a posée. On a été très surpris quand on l’a vue et je l’ai tout de suite retirée et détruite», a-t-il expliqué. La gendarmerie a confirmé à l’AFP n’avoir «jamais constaté la présence de ce panneau.

le figaro.fr

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