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Qui sont vraiment les 35 officiels russes expulsés par Barack Obama ?

Le président américain a ordonné l’expulsion de 35 officiels russes, accusés d’espionnage. Franceinfo vous explique qui sont ces prétendus espions.

Etats-Unis, nid d’espions ? Obama a ordonné vendredi 30 décembre l’expulsion de 35 officiels russes, qu’il accuse d’être des “agents de renseignement” de Moscou ou autrement dit, des espions.

Cette expulsion d’agents russes aux relents de Guerre froide, la plus importante depuis 2001, où 50 agents avaient dû quitter le territoire américain, vient sanctionner la supposée ingérence de Moscou dans la campagne présidentielle américaine. Quelques mois avant les élections, plusieurs organisations dont le Parti démocrate auraient été victimes de cyberattaques. Si la Russie avait pensé à rendre la pareille comme c’est l’usage dans ce genre de cas, en expulsant 35 officiels américains, Vladimir Poutine a annoncé vendredi après-midi qu’il s’abstiendrait finalement de le faire.

Ils feraient semblant d’être des diplomates

Les 35 officiels russes, priés de quitter le territoire américain avec leur famille “dans les 72 heures”, a précisé Barack Obama, sont anonymes. Mais ils travaillaient tous au consulat russe de San Francisco ou à l’ambassade de Russie de Washington. On ne sait toutefois pas si ces personnes ciblées ont pris part dans le hacking.

D’après le New York Times, “la Maison Blanche et le département d’Etat sont arrivés avec le nombre 35 et se sont ensuite tournés vers le FBI pour demander une liste d’officiels russes dont ils pensaient qu’ils étaient en réalité des agents de renseignement”.

Ces agents travailleraient sous couverture pour les services de renseignement russe, le SVR, descendant du KGB, directement sous ordre du président russe, ou le GRU, son pendant militaire.

Ils représentent une petite part des espions russes aux Etats-Unis

Le New York Times, citant un ancien officiel américain, estime que ces 35 officiels russes représentent le tiers des personnes soupçonnées d’espionnage qui travaillent dans les ambassades et consulats russes, soit une centaine de personnes. Mais le nombre d’espions russes sur le sol américain serait en réalité bien plus élevé.

Comme leurs homologues américains, les espions peuvent aussi prétendre être des businessmen ou travailler dans n’importe quelle profession, en fonction de leurs missions. D’après le New York Post, journal américain conservateur citant un ancien du monde du renseignement, les espions russes étaient plus de mille sur le sol américain en 2010,  “ce qui bat les records de la Guerre froide”.

Plusieurs signes montrent que l’espionnage entre les deux puissances se serait intensifié ces dernières années, notamment sous l’ère Poutine. En 2010, dix “agents dormants”, des citoyens bien intégrés aux Etats-Unis pour des missions d’espionnage à long terme, ont été arrêtés et échangés avec des prisonniers à Moscou. Cinq ans plus tard, trois agents du renseignement russes étaient jugés pour avoir espionné les Etats-Unis.

Edward Lucas, journaliste et auteur d’un livre sur l’espionnage russe affirmait aussi l’an passé à CNN que “l’espionnage russe se fait à une échelle plus importante que sous l’ère soviétique”.

Le New York Times précise que cette intensification va dans les deux sens. Ainsi, en 2013, Ryan Fogle, le troisième secrétaire du département politique de l’ambassade de Moscou, qui travaillait en fait pour la CIA, a été arrêté avec une boussole, une carte de Moscou et 130 000 dollars en cash sur lui.

Ils ne sont pas forcément liés aux cyberattaques

Pour le moment, le gouvernement américain a donné peu d’éléments qui lient les espions arrêtés aux cyberattaques de cet été. L’expulsion est “probablement plus symbolique qu’autre chose” explique Steven Hall, un ancien cadre de la CIA , cité par le New York Times.

On ne sait pas combien d’entre eux fréquentaient les deux complexes russes, dont Barack Obama a d’ailleurs ordonné la fermeture. Le président américain les a dépeints comme de véritables nids d’espions “utilisés par des responsables russes à des fins de renseignements”. L’un est situé dans le Maryland, près de Washington, et l’autre à Long Island, près de New York.

Ces deux “enceintes luxueuses de bord de mer”, appartenant à la Russie, étaient destinées aux diplomates russes à la retraite. Mais ces derniers, qui y jouaient au tennis ou y flânaient au bord de la piscine, étaient surveillés dès la fin de la Guerre froide par les renseignements américains. Le complexe de New York avait été accusé par Ronald Reagan, en 1992, d’être le centre d’opération de surveillance électronique des activités industrielles de la région. Le conseil municipal de Glen Clove avait alors sanctionné les Russes en les empêchant d’utiliser le terrain de tennis et d’avoir des vignettes de parking gratuites pour la plage. Aujourd’hui, il est décrit par le New York Times comme quasiment à l’abandon. Celui du Maryland, en revanche, était toujours régulièrement utilisé par les ambassadeurs russes et leur famille. Ils devront désormais s’en priver.

.francetvinfo.fr

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