12152018Headline:

Un radiotélescope pharaonique sino-sud-africain.

A l’heure où la Chine et l’Afrique du Sud renforcent leurs liens économiques, elles intensifient également leur coopération sur le plus grand radiotélescope au monde afin de répondre aux questions fondamentales concernant l’origine et l’évolution de l’univers.

Le super-télescope Square Kilometre Array (SKA) combinera les signaux reçus sur des milliers de petites antennes réparties sur 3 000 kilomètres afin de simuler un radiotélescope géant unique avec une zone de réception totale d’environ un kilomètre carré et une sensibilité et une résolution angulaire extrêmement élevées.

Les antennes seront construites dans l’hémisphère sud avec les éléments clés en Australie et en Afrique du Sud, où la vue de la voie lactée est la meilleure et où les interférences radio sont moindres. Le SKA détectera les ondes radio de faible profondeur dans l’espace avec une sensibilité environ 50 fois supérieure à celle de tout autre instrument radio jamais développé à ce jour.

« Le SKA sera le radiotélescope le plus grand et le plus avancé de tous les temps et jouera un rôle clé dans la recherche astronomique mondiale au cours du prochain demi-siècle », a déclaré Wu Xiangping, astronome chinois du projet et membre de l’Académie des sciences de Chine (CAS). En tant que pays membre du projet multinational, la Chine a pris la tête dans la conception et la production des antennes en forme de parabole de 15 mètres et tente de maximiser les réalisations du projet.

Les principaux objectifs scientifiques du SKA incluent l’exploration de l’aube de l’univers, l’étude de l’évolution des galaxies, de la cosmologie et de l’énergie noire, la recherche de formes de vie et de civilisations extraterrestres, l’étude du champ gravitationnel par le biais des pulsars et des trous noirs, et l’évolution des champs magnétiques cosmiques.

Pékin booste le projet de radiotélescope
La Chine a établi 11 groupes de recherche axés sur ces objectifs, encourageant la coopération entre les universités et les instituts de recherche au niveau national, ainsi qu’une collaboration approfondie et pratique avec d’autres pays, notamment l’Afrique du Sud et l’Australie où des antennes seront installées, a dit M. Wu.

« Nous avons déjà coopéré étroitement avec l’Australie pour organiser des symposiums et des cours de formation. Les échanges entre la Chine et l’Afrique du Sud viennent juste de commencer. Nous renforcerons la coopération avec l’Afrique du Sud et trouverons des intérêts communs », a dit M. Wu. « Par exemple, l’étude de l’hydrogène neutre pourrait être une direction possible de la recherche conjointe. La compréhension de l’hydrogène neutre, le premier élément formé après le Big Bang et l’élément le plus abondant dans l’univers, pourrait nous aider à retracer l’origine de l’univers et étudier la structure à grande échelle du cosmos », a-t-il ajouté.

Des scientifiques chinois se rendront en Afrique du Sud cette année et travailleront avec leurs homologues locaux pour déterminer le domaine de la recherche coopérative.

La Chine a achevé la construction du télescope sphérique à cinq cents mètres d’ouverture (FAST), actuellement le plus grand radiotélescope au monde, en septembre 2016.

Le télescope le plus avancé d’Afrique, Meerkat, a quant à lui été inauguré en Afrique du Sud en juillet dernier. Ce radiotélescope à 64 antennes est un précurseur du SKA et sera intégré à la première phase du projet SKA, qui devrait débuter en 2020.

Parallèlement, la Chine et l’Afrique du Sud ont convenu de procéder à des observations conjointes de FAST et de Meerkat, et d’échanger des données, a de son côté annoncé Peng Bo, directeur adjoint du projet FAST et chercheur aux Observatoires astronomiques nationaux de la CAS.

« Meerkat excelle dans la résolution tandis que FAST a une sensibilité plus élevée. C’est comme regarder une forêt lointaine, où Meerkat peut non seulement voir chaque arbre, mais aussi chaque feuille. Mais si FAST ne peut pas voir chaque arbre dans la forêt aussi précisément que Meerkat, il peut en revanche voir la partie la plus sombre de la forêt », a précisé M. Peng.

« Donc, si nous combinons les données d’observation, nous pouvons avoir une image plus claire et plus complète de la forêt », a-t-il ajouté. « Au cours des deux dernières années, les équipes de recherche des deux télescopes se sont réunies à sept reprises. Les scientifiques des deux pays sont devenus amis. Les échanges de personnel constituent une base importante pour la coopération scientifique », a-t-il conclu.

 

afrique-sur7.fr

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