01202017Headline:

(Vidéo) Cuba et USA: Les relations diplomatiques à nouveau scellées

Un événement historique. Depuis 15 heures, heure de Paris, le drapeau américain flotte de nouveau à La Havane, après 54 ans d’absence. La bannière étoilée a été hissée ce vendredi devant l’ambassade des États-Unis à Cuba, en présence de John Kerry, le premier secrétaire d’État américain à se rendre à Cuba depuis 1945, et d’une délégation officielle. Ce dernier, qui a salué un «moment historique», a également déclaré que «le chemin de l’isolement réciproque et de la séparation qu’ont emprunté les États-Unis et Cuba n’est pas le bon». «Il est temps de prendre une direction plus prometteuse», a-t-il ajouté.

A l’occasion de cette cérémonie hautement symbolique, trois Marines américains ont levé les couleurs sous les yeux de trois de leurs aînés, aujourd’hui à la retraite, qui les avaient abaissées en 1961, deux ans après l’arrivée au pouvoir des révolutionnaires conduits par Fidel Castro. Conséquence de la guerre froide et des tensions persistantes entre Washington et La Havane, le drapeau américain n’avait plus flotté depuis cette année-là devant le bâtiment situé sur le front de mer de la Havane. Un an après, en 1962, les États-Unis avaient décidé d’imposer un embargo contre Cuba, rompant ainsi tout échange économique, commercial et financier avec l’île communiste.

Ainsi, les premiers mots de John Kerry portaient sur cet embargo. Il a rappelé que l’administration du président Barack Obama était «fermement favorable» à la levée de l’embargo américain imposé à Cuba. Le 17 décembre dernier, le président Barack Obama avait en effet reconnu officiellement l’échec d’un demi-siècle d’embargo, une déclaration qui avait officiellement marqué le rapprochement entre les deux pays.

La levée de l’embargo loin d’être effective

La levée de l’embargo, considérée comme une priorité par le régime cubain, n’est pas réglée pour autant. John Kerry a notamment rappelé que cette décision revient au Congrès, où les républicains, opposés à la suppression de cette mesure, sont majoritaires. Les républicains du Sénat, et une poignée de «faucons» démocrates sont également opposés à la nomination d’un ambassadeur à La Havane. Ils estiment que l’administration Obama a cédé sur le dossier des droits de l’homme sans rien obtenir en échange.

Ce n’est donc pas un hasard si John Kerry a déclaré dans son discours, prononcé en partie en espagnol, que «le peuple de Cuba serait mieux servi par une véritable démocratie, où les gens sont libres de choisir leurs dirigeants». Les États-Unis demandent en effet au régime de Raul Castro une amélioration de la situation des droits de l’homme, la possibilité pour les réfugiés ayant obtenu le droit d’asile de revenir à Cuba et une indemnisation des Américains dont les biens ont été nationalisés lors de l’arrivée de Fidel Castro au pouvoir en 1959.

De son côté, Cuba réclame, en plus de la fin de l’embargo, la restitution de la base navale de Guantanamo, dans l’est du pays et la fin des émissions de radio et de télévision diffusées à Cuba depuis le sol américain.

Les points de discorde entre les deux pays sont donc nombreux et la normalisation de leurs relations devrait encore prendre du temps. Elle pourrait même être au centre des prochaines élections présidentielles américaines. Dans le camp démocrate, la favorite dans les sondages, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton, s’est clairement positionnée en faveur d’une levée de l’embargo alors que les principaux candidats républicains ne cachent pas leur opposition. Le verdict des urnes pourrait ainsi être décisif.

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