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(ViDEO) France: Voici l’histoire de Lassana Bathily,l’héros malien qui a sauvé 6 otages

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Un musulman malien qui travaillait dans l’épicerie casher attaquée par Amedy Coulibaly à Porte de Vincennes est devenu un symbole d’héroïsme après avoir caché six otages et réussi à s’échapper. Il raconte son parcours à France 24.

Depuis hier, Lassana Bathily a un emploi du temps de ministre. De médias en médias, il ne cesse de raconter la même histoire, celle qui relate son acte héroïque lors de la prise d’otage de l’épicerie casher de Porte de Vincennes.

“Je n’en peux plus, je suis très fatigué, ce soir c’est un autre média français, demain j’ai rendez-vous avec les journalistes maliens…” confesse t-il. Le Malien de 24 ans employé du supermarché Hypercasher, où a eu lieu l’attentat perpétré par Amedy Coulibaly vendredi 9 janvier, est pourtant l’un des héros de la prise d’otage de Porte de Vincennes.
“Si l’autre m’avait vu, j’étais mort”

“Lorsque l’autre [Amedy Coulibaly, c’est en ces termes qu’il le nomme NDLR] est rentré dans le magasin, des gens sont descendus en courant au sous-sol disant qu’il y avait un fou armé. Je me suis dit que la seule issue était de nous cacher dans le congélateur, alors je l’ai éteint et ai fait rentrer tout le monde” raconte t-il .

Lassana Bathily explique qu’il a tenté de convaincre les otages avec lui de sortir “mais beaucoup avaient la frousse ; alors moi j’ai pris le risque de sortir, car je connaissais les issues de secours, et j’ai réussi à prendre un monte-charge pour sortir… mais si l’autre m’avait vu, j’étais mort”.

Dans une autre interview donnée à BFMTV, Lassana Bathily explique que lorsqu’il est sorti les mains en l’air, les policiers l’ont d’abord menotté “pendant près d’une heure et demi” avant de lui demander de dessiner le plan du magasin pour les aider.

Sans papier pendant plusieurs années

Originaire du village de Samba Dramané, dans la province de Kayes au Mali, Lassana Bathily confesse que tout n’a pas été facile pour lui. “Je suis arrivé à 16 ans en France, en 2006, pour rejoindre mon père. Ma mère n’a jamais pu nous rejoindre, elle est actuellement toujours au Mali” explique t-il.

Après des “cours de remise à niveau”, c’est une traversée du désert de 4 ans pour Lassana avant d’obtenir des papiers. “ça a été très dur, en terme de travail, et même pour s’insérer dans la société française”.

C’est grâce à un foyer de travailleurs migrants Saint Just dans le 17ème arrondissement parisien que Lassana Bathily parvient à s’en sortir. “On était plusieurs Maliens, raconte Dramane Kouyaté, son ami, on s’entraidait comme une même famille, ceux qui pouvaient apportaient un peu d’argent, et on arrivait à survivre comme ça”.

Lassana Bathily obtient finalement ses papiers en 2011. “J’ai trouvé du travail un mois après dans la restauration, raconte-t il, puis après ce premier contrat, on m’a embauché dans cette épicerie casher où je travaille depuis bientôt quatre ans”.

Dans cette épicerie casher où il sert des clients juifs, le Malien musulman se sent comme un poisson dans l’eau. “On ne m’a jamais fait aucune remarque sur ma religion, ça a été comme une deuxième famille pour moi”.

#UneMedaillePourLassana

Si son interview sur les médias français ne dure que quinze secondes, les internautes n’ont pas manqué l’acte héroïque de Lassana Bathély : une page Facebook a été ouverte dans la journée et a récolté en quelques heures plus de 5000 “j’aime”. Certains appellent même à ce que le jeune Malien obtienne la nationalité française, voire même la légion d’honneur et un hashtag #UneMedaillePourLassana circule sur Twitter.

Un peu dépassé par les événements, Lassana a confié avoir “déjà fait une demande de nationalité française” avant les événements de la Porte de Vincennes.

“C’est en cours, je ne sais pas si ça va marcher… franchement, je ne compte pas sur ce qu’il s’est passé pour que ça change quelque chose. Si je l’obtiens, ça sera un plaisir”.

Pour l’instant, Lassana Bathily ne sait pas s’il participera à la marche de dimanche à Paris. “Tout ce que je sais, c’est que j’ai besoin de repos, et que je dois voir mon patron demain pour savoir quand et comment on reprend le travail” .


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