03282017Headline:

Abidjan-saisons de pluie Plusieurs morts: “Gouvernement et victimes, tous coupables !”

 

pluie mort

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Alassane Ouattara, plusieurs sites à risque ont été démolis. Des habitants des quartiers mythiques tels que Gobelet, Danga, Mossikro, Banco 1…ont été déguerpis.

Ces bidonvilles s’étaient illustrés de la plus triste manière, à chaque saison des pluies, avec des dizaines de personnes ensevelies sous des tonnes de boue, souvent dans leur sommeil, lors des éboulements ou des glissements de terrains. De nombreux Ivoiriens avaient salué cette décision courageuse du gouvernement ivoirien, qui n’en pouvait plus de voir son image être ternie à l’extérieur. Le ministère de la Construction, du logement, de l’assainissement et de l’urbanisme qui chapeautait la majorité des opérations de déguerpissement des zones à risque, dans un élan de solidarité, avait remis à chaque famille concernée 150.000 F Cfa, afin que celle-ci s’installe dans des quartiers plus sécurisés. Si certaines familles conscientes du danger auquel elles étaient exposées, se sont trouvées des logis plus sûrs, ce n’était pas le cas pour beaucoup d’autres. Ces dernières ont préféré ruser avec les autorités, en se réinstallant sur les sitesdéguerpis. Avec les pluies diluviennes qui s’abattent depuis quelques jours sur la capitale économique, des habitants qui se sont réinstallés dans les zones à risque, paient le plus fort. Depuis le dimanche 21 juin 2015, le cycle macabre des malheurs saisonniers est de retour. On parle déjà d’une dizaine de morts. Si ces décès sont imputables aux précipitations qu’enregistre le district autonome d’Abidjan, les victimes et leur famille n’en sont pas moins coupables. Leur responsabilité est très engagée quant à leur entêtement à recoloniser les sites, après avoir été déguerpies et dédommagées. Le gouvernement a également sa part de responsabilité, dans le malheur qui endeuille de nombreuses familles en saison pluvieuse. En Eburnie, les dispositions prises pour lutter contre les drames en saison des pluies, manquent de fermeté et de suivi. C’est souvent au su et à la barbe des autorités administratives ou chargées de l’exécution des mesures, que les zones à risque déguerpies sont recolonisées. En un mot, on laisse faire sans réagir, au nom d’un certain sentimentalisme. «Ou voulez-vous qu’elles aillent ?», avait répondu en 2014, un agent de mairie chargé de faire appliquer la décision du maire d’Attécoubé, de déguerpir trois familles installées au bord d’un ravin. Celui-ci avait été interrogé par l’un de ses responsables sur son refus de leur attribuer des mises en demeure. Bref, l’attitude de cet agent de mairie traduit éloquemment celle du gouvernement qui, par manque de rigueur, contribue aux drames qui endeuillent, pendant les saisons de pluies, de nombreuses familles. Il faut toutefois rélever ce facteur qui consiste à abandonner les sites une fois l’opération de déguerpissement terminée. Comme le dit une maxime bien connue des africains : « La nature a horreur du vide ». Le gouvernement gagnerait à entreprendre des aménagements sur les sites déguerpis afin d’éviter qu’ils soient recolonisés, servent de dépotoirs ou de nids de bandits et autres drogués, qui la nuit tombée, profitent de l’obscurité pour voler, violer ou agresser d’honnêtes citoyens. Comme on le voit, le gouvernement et les victimes sont tous coupables de ces drames qui endeuillent les familles, à chaque saison des pluies.

Elysée YAO

 linfodrome.com

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