04062020Headline:

Allah Thérèse, une icône de la culture ivoirienne s’en est allée

Figure légendaire du dernier Femua autour du thème « Femme, genre et développement », Allah Thérèse, dépositaire de la tradition musicale du centre de la Côte d’Ivoire, qui a longtemps accompagné Houphouët-Boigny dans ses déplacements, dépose à tous jamais le micros.

Originaire de Gbofia, un village de la sous-préfecture de Toumodi, au centre du pays, Allah Thérèse doit sa carrière professionnelle, entamée en 1956, à une histoire personnelle douloureuse .

En effet ne pouvant pas être mère , elle décide de consacrer sa vie à la musique.

« À partir du moment où j’ai constaté que nous n’arrivions pas à faire d’enfant, j’ai décidé d’en faire mon métier. Dans notre culture Baoulé, quand quelqu’un n’a pas d’enfant, le jour où la personne décède, au bout d’une semaine, elle est oubliée par tous. J’ai décidé de marquer mon temps avec la chanson. »

« Pour moi, l’acte de chanter, c’est une façon de remplacer cet enfant. Aujourd’hui, on me considère comme une “maman” Ça représente tout pour moi. C’est pour ça que j’y suis venue. »

Toujours vêtue d’un pagne, elle est aussi connue pour sa coiffure qui lui a valu le surnom d’Akôrou Koffié, c’est-à-dire la femme de l’araignée, en baoulé.

Elle rencontre, dans les années 50, à l’occasion de manifestations funéraires, N’Goran la loi, lui aussi lead vocal du même genre dans son propre village. Depuis 1956, date à laquelle ils produisent leur première œuvre “Ahoumo N`Seli”, Allah Thérèse et son mari N’goran la loi se produisent ensemble, l’une chantant et l’autre l’accompagnant à l’accordéon.

Dans les années 1960 et 1970 Allah Thérèse et son accordéoniste de mari ont porté haut le flambeau de la musique ivoirienne. Ils ont notamment chanté l’explicite « Indépendance », en référence à celle de la Côte d’Ivoire, officiellement le 7 août 1960.

Aujourd’hui, le couple totalise au moins sept albums officiels. Le dernier, Bé gnanssou moayé, signifie « ce qui procure du bonheur ». Cette ode à la joie sera le chant du cygne de N’Goran Laloi. , Allah Thérèse reçoit la distinction de Chevalier de l’Ordre du Mérite ivoirien ; et depuis 2014, elle bénéficie d’une pension mensuelle de la part de l’Etat ivoirien qui s’est également engagé à lui offrir deux maisons .

Après le décès brutale de son mari et compagnon de chant le 20 mai 2018 à Konankokorékro, la chanteuse annonce son retrait définitif de la scène musicale pour se consacrer à la formation des personnes dans son village afin que la relève de son art ancestral soi assuré.

Admise à l’hôpital général de Djekanou le matin du 19 janvier 2020 pour divers malaises, elle décède à 23h10 à l’age de 80 ans .

ADIEU à celle qui a enrichir la culture ivoirienne avec ses belles mélodies qui longtemps a bercé notre enfance.

AbidjanTV.net

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