08202017Headline:

Côte-d’Ivoire /Une femme enceinte et son premier bébé meurent au Chu de Cocody, faute de soins/Récit alarmant

Une femme enceinte et son bébé ont perdu la vie à la maternité du CHU de Cocody, suite à un accouchement rendu difficile par manque de soins. C’est du moins ce que rapporte l’ex-ministre Alain Lobognon dans une publication, ce samedi 22 juillet 2017.

« Jeudi 20 juillet 2017. Il est 3 heures du matin quand mon téléphone sonne. Réveillé, je vois un message à l’écran. ‘’Désolé de vous déranger à cette heure. Merci’’.

À mon réveil, ma curiosité me pousse à connaître les raisons du coup de fil nocturne. Je découvre cet autre message que l’interlocuteur m’avait envoyé plutôt à 02h18. “Monsieur le Ministre urgent, sauvé moi. Je vous en supplie. Ma femme enceinte, depuis deux jours est sans soin au chu de Cocody. Elle doit subir une opération chirurgicale mais jusque-là, rien. Et elle faiblit. Svp…”

Il est 9h20, ce jeudi 20 juillet, quand je réussis à avoir le jeune homme. Il m’explique la situation. Sa compagne attend d’être reçue en salle d’accouchement depuis mardi 18 juillet. Elle n’a encore rien mangé à la demande des médecins. Trois jours sans nourriture. Sans aucun soin. Sans avoir été reçue malgré le mot du CHU de Treichville.

Un ami médecin, informé permet à la parturiente de 36 ans d’être prise en “charge” pour une césarienne qui s’effectue enfin ce vendredi 21 juillet 2017 vers midi. Au terme de la chirurgie, vers 12h45, un enfant affaibli, qui rend, peu après, l’âme. Les médecins donnent l’assurance aux parents présents que la mère va bien. Et voilà qu’à 22h, on annonce la mort de la dame.

Une femme de 36 ans qui était venue donner la vie à son premier enfant y a laissé la sienne et celle de son bébé. Je suis abattu. Choqué. J’avais cru qu’en 2017, on pouvait mettre fin aux souffrances des familles en Côte d’Ivoire, qui craignent le pire chaque fois qu’une des leurs rentre dans une salle d’accouchement. Je n’ai rien pu faire pour ce jeune homme qui rêvait d’avoir son premier enfant », a partagé l’ex-ministre de Ouattara sur sa page Facebook.

 

Sa publication visiblement n’a pas été appréciée par certains internautes. Selon eux, Alain Lobognon devrait se garder de telles actions du fait de son rang. Chose que ce dernier n’entend pas de cette oreille. Il leur répond dans une autre publication, quelques heures après.

« Je ne suis pas né Ministre. Je suis un Citoyen libre qui jouit de l’expression librement. Ministre je dénonçais. Rapprochez-vous de ceux qui vous envoient sur ma page pour vous embrouiller. J’alertais pour prévenir et je dénonçais quand survenait un drame. Ministre, j’ai été le premier au Gouvernement à déplorer et à dénoncer la mort de Awa Fadiga dans cet hôpital. Parce que Ministre, je n’ai jamais cessé d’être un humain comme tous ceux qui sont victimes des insuffisances de notre service public. Ministre, j’ai dénoncé ce que d’aucuns croient marqué du sceau du secret ou de la confidentialité. Parce que être Ministre ne fait pas de vous un objet de décor. Ministre, Député ou homme politique… la mort ne nous est pas inconnue. Dieu est juste. 

Une parturiente a perdu son bébé. Et a perdu la vie, dix heures après une césarienne. Quatre jours sans avoir mis le moindre aliment en bouche conformément à la prescription médicale.
Ministre, je trouvais inadmissible qu’une Femme perde la vie en allant donner la vie à un enfant. À l’approche du 8 mars 2017, je dénonçais. Le 8 mars 2017, je souhaitais que le droit à la vie de la Femme soit préservé lors de l’accouchement. 

Je ne me souviens pas avoir été élu Député de la Nation pour faire fi des souffrances de mes concitoyens. Je ne me souviens pas avoir pris l’engagement de me taire face aux injustices en Côte d’Ivoire.
Si les injures, les menaces et autres propos déplacés à l’encontre d’un Citoyen devaient mettre fin à mon engagement en faveur d’une société de Justice, il y a des lustres que j’aurais abdiqué. Être un homme politique, c’est tout supporter. Je supporte.  Acceptez aussi la contradiction en abandonnant les faces hideuses. Dénoncer une situation inacceptable n’est pas puni par la Constitution de notre pays »,
 soutient-il.

Autre Presse

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