02172020Headline:

«Aucun texte ne permet à un député de lever l’immunité parlementaire d’un autre député» (opposition)

Lundi, les députés proches du pouvoir ont voté la levée de l’immunité parlementaire des députés du groupe parlementaire Rassemblement incarcérés et poursuivis depuis le 23 décembre 2019. Ce sont le président de Génération et peuple solidaires (Gps), Alain Lobognon, Camara Loukimane, Soro Kanigui, Yao Soumahila et Kando Soumahoro. Ils font partie des 15 personnalités proches de Guillaume Soro, arrêtés à cette date-là.

Aussitôt leur immunité levée, les groupes parlementaires de l’opposition constitués des groupes Pdci, Vox Populi et ce qu’il reste encore du groupe Rassemblement sont montés au créneau. Par la voix du député Pdci d’Attégouakro Marius Konan, ils ont récusé la procédure telle que menée.

‘’Un poids deux mesures’’. Parce que, selon ce parlementaire, les requêtes transmises au bureau de l’Assemblée sont traitées à géométrie variable selon qu’elles viennent de l’opposition ou des groupes proches du pouvoir Rhdp.

Le 26 décembre 2019, éclaire pour sa part Yasmina Ouégnin qui nous a contacté, le groupe parlementaire de l’opposition adressait une demande de suspension de détention desdits détenus. Le bureau de l’assemblée n’y a accordé aucun intérêt et la demande reste jusque-là sans suite. Pendant ce temps, le groupe Rhdp adresse une demande de levée de l’immunité parlementaire le 14 janvier 2020. Pas plus d’une semaine et ce groupe obtient un avis favorable du bureau de l’Assemblée. Ladite requête est même mentionnée en visa de l’arrêt du 20 janvier 2020 rendu par l’Assemblée nationale et signé de son président Amadou Soumahoro.

Le député Marius Konan s’est élevé contre cette attitude partisane. « Aucun texte de ce pays ne permet à un député ou un groupe parlementaire de demander la levée de l’immunité d’un autre député. La demande visant la levée de l’immunité d’un député est une prérogative exclusive du parquet. Les groupes parlementaires ne peuvent que demander la suspension des poursuites ou la suspension de la détention conformément aux dispositions de l’article 47 de la résolution portant règlement de l’Assemblée nationale. Le bureau Rhdp du président de l’Assemblée nationale ne peut pas s’adresser une demande et y répondre lui-même », tempête l’honorable Marius Konan.

Connectionivoirienne.net

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