02082023Headline:

États-Unis : au Congrès, les trumpistes “font du bruit” et bloquent… leur propre camp

En effet, Joe Biden n’en a pas perdu une miette : il a qualifié, mercredi, d'”embarrassante” la difficulté des élus républicains à se mettre d’accord, notant que le “reste du monde” observe ce qu’il se passe au Congrès. Ironie du sort, le président américain était alors en déplacement dans le Kentucky pour vanter le chantier d’un pont financé par sa loi d’infrastructures, votée il y a un peu plus d’un an… grâce au soutien de quelques élus républicains.

En attendant, le Parti républicain “traîne une image catastrophique”, estime Jean-Éric Branaa. Et la situation ne devrait pas s’améliorer à moyen terme, même dans le cas où Kevin McCarthy – qui “a fait d’ultimes concessions” au groupe de républicains réfractaires avant les nouveaux votes de jeudi, selon le Washington Post – serait finalement choisi pour présider la Chambre des représentants.

“Joe Biden est le vrai gagnant dans cette situation”
“Il va y avoir beaucoup de cirque à la Chambre pendant les deux prochaines années : peut-être qu’une procédure de destitution de Joe Biden sera mise au vote, que des projets de loi radicaux seront proposés… mais tout sera bloqué au final, puisque les démocrates ont la majorité au Sénat”, explique Jean-Éric Branaa.

“Une vingtaine de républicains seraient d’accord pour travailler dans certaines limites avec les démocrates, mais dans cette atmosphère, cela semble difficile”, renchérit Anne Deysine. “Il n’y aura aucune loi adoptée pendant deux ans, et les vingt républicains qui bloquent actuellement la Chambre des représentants vont vouloir lancer des enquêtes de façon à ce que les démocrates soient traînés dans la boue par les médias conservateurs.”

Les républicains ont en effet annoncé le 18 novembre qu’ils comptaient ouvrir une enquête sur Joe Biden pour savoir “s’il est un président compromis ou manipulé par de l’argent et une influence étrangers”, selon les mots de James Comer, représentant du Kentucky. D’autres enquêtes pourraient aussi être lancées sur le fils du président américain, Hunter Biden, ou encore sur l’ancienne présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi.

Chez les démocrates en revanche, l’atmosphère est à l’unité… et à l’exploitation des divisions actuelles du camp adverse. Lors des onze premiers votes, le parti de Joe Biden a fait bloc autour de la candidature de Hakeem Jeffries – bien que l’élu ne dispose pas d’assez de voix pour être élu au perchoir.

La perspective d’une Chambre hostile mais désordonnée pourrait apparaître comme une aubaine pour Joe Biden en vue de l’élection présidentielle de 2024. L’actuel président américain doit d’ailleurs annoncer en ce début d’année s’il se représente.

“Joe Biden est le vrai gagnant dans cette situation. Il va pouvoir se mettre au-dessus de la mêlée, dans une posture efficace et confortable, et sa cote va augmenter progressivement car l’opinion aura l’impression que, sans lui, ce serait un chaos politique complet sur la scène américaine”, conclut Jean-Éric Branaa.

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