03202023Headline:

GABON: la concertation politique au Gabon

« Le président Ali Bongo Ondimba a ouvert les travaux de la concertation politique hier à Libreville, au palais Rénovation, rapporte L’Union. Cette grand-messe était attendue depuis son annonce le 31 décembre dernier. […] Devant les dirigeants et représentants de la centaine de partis politiques de la majorité comme de l’opposition, le Chef de l’État a annoncé la réduction de la durée des mandats électifs désormais à cinq ans. “Dans cette harmonisation et ce choix du quinquennat, notre pays gagnera en efficacité politique et apportera une touche de modernité dans son espace démocratique”, a fait savoir le président. Désormais, députés, sénateurs, élus locaux, et le président ont un même mandat. Un choix voulu par Ali Bongo Ondimba, pointe encore L’Union, dans la logique de modernisme et d’équilibre politique. Ce conclave dont l’objectif est d’organiser les prochaines élections (en août prochain) dans un climat apaisé est pour le président de la République une preuve de démocratie. »

« En chef d’orchestre, Ali Bongo a été l’unique orateur de la cérémonie d’ouverture de cette concertation, relève pour sa part le site Gabon Review. Fixant les règles du jeu, il a (donc) notamment annoncé l’harmonisation des mandats électoraux passant tous à cinq ans, mais aussi le lancement prochain, sur les questions économiques et sociales, d’une autre concertation ouverte à toutes les forces vives. Comme une réponse aux Organisations de la société civile qui se plaignaient d’avoir été écartées des discussions. »

Les partis de l’opposition sont donc présents à ces travaux, mais sans trop y croire, à l’instar de Réagir : pour son vice-président Michel Ongoundou, rapporte le site Gabon Mail Info, « il s’agit d’un enfumage et le pouvoir essaie de se donner bonne conscience face à ses propres turpitudes. La préparation de cette concertation a tout simplement été bâclée : pas de réunions préparatoires ; exclusion de la société civile; des religieux et des chefs de partis politiques appelés comme invités et non acteurs. »

« Peut-on croire en la bonne foi d’Ali Bongo ? », s’interroge Ledjely en Guinée. « Pour les opposants, l’enjeu est de réduire le risque de triche, alors que le pays dans son ensemble souhaite surtout de ne pas revivre des lendemains électoraux identiques à ceux de 2016. Pour l’heure, Ali Bongo Ondimba dit donc oui au dialogue entre la mouvance présidentielle et l’opposition. Il gratifie la classe politique même d’un petit bonus, avec l’annonce de la réduction de la durée des mandats à cinq ans. Faut-il pour autant parier sur un dialogue réussi ? Mieux encore, doit-on nécessairement s’attendre à ce que les scrutins prévus cette année soient libres, transparents et crédibles ? C’est sans doute trop tôt pour répondre à ces questions. »

« Qu’en sera-t-il de la candidature d’Ali Bongo ? », s’interroge en écho Aujourd’hui au Burkina Faso. « Depuis son AVC en novembre 2018, ABO s’était replié sur ses proches, voire sur son clan et sa famille et ses fidèles. […] Il n’était pas sorti indemne de la dernière présidentielle, rappelle encore le quotidien ouagalais, 5 000 voix le séparaient du “Chinois” Jean-Ping, lequel s’était même autoproclamé président, avec un bras de fer qui avait secoué le pays. […] Dépourvu des ressorts et des connexions de son père et ayant senti le vent du changement souffler fort, ce “fils de…” sait qu’il lui faut anticiper, pointe Aujourd’hui, s’il veut sauver son fauteuil et épargner le Gabon des affres d’une crise post-électorale. […] Alors qu’en sera-t-il du 3e mandat d’ABO ? Sera-t-il candidat ou poussera-t-il un éléphant du PDG dans l’arène ? On connaît la position de l’opposition qui crie pour qu’ABO aille “se reposer”. Assurément, conclut Aujourd’hui, si ces concertations n’abordent pas la candidature ou non d’ABO, elles auront été un demi-échec. »

Enfin Le Pays, toujours au Burkina Faso, ne se fait guère d’illusions sur l’issue de cette concertation et sur l’issue des prochaines élections : « Ce n’est certainement pas ce dialogue politique qui fera exception à cette règle qui semble immuable (au Gabon), selon laquelle il y a toujours plusieurs candidats à la magistrature suprême, mais c’est toujours un Bongo qui gagne. »

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