12022022Headline:

La Malaisie aux urnes pour mettre fin aux turbulences politiques

Le gouvernement, éclaboussé par un vaste scandale de corruption, espère asseoir sa légitimité et mettre fin à une instabilité qui a fait se succéder trois premiers ministres en quatre ans.Les Malaisiens votent samedi 19 novembre lors d’élections législatives, anticipées de plus de dix mois, le gouvernement éclaboussé par un vaste scandale de corruption espérant asseoir sa légitimité et rétablir la stabilité politique dans ce pays d’Asie du Sud-Est.Environ 21 millions d’électeurs inscrits sont attendus dans les bureaux de vote tout au long de la journée, alors que l’on craint que de fortes pluies de mousson ne perturbent le scrutin dans certaines régions. Les bureaux ont ouvert à 00H00 GMT.

Depuis quatre années, cette monarchie parlementaire est secouée par des turbulences politiques et une valse des gouvernements qui ont conduit trois premiers ministres à se succéder en quatre ans.Après plus de soixante ans aux commandes, le parti historiquement dominant – l’Organisation nationale unifiée malaise (Umno) – a été lourdement sanctionné dans les urnes et évincé du pouvoir en 2018, marquant la première alternance de l’histoire du pays.

Le premier ministre de l’époque Najib Razak, impliqué dans le détournement de plusieurs milliards de dollars du fonds souverain 1MDB, purge actuellement une peine de douze ans de prison.L’Umno n’est revenu aux affaires qu’avec une faible majorité en 2021, profitant des luttes entre les deux gouvernements qui lui avaient succédé.

Et c’est dans l’espoir de renforcer son emprise sur le pouvoir que le premier ministre Ismail Sabri Yaakob a dissous le Parlement et convoqué des élections anticipées, initialement prévues en septembre 2023.

Non sans avoir subi des pressions d’une faction de son parti qui espère ressortir gagnant du scrutin de samedi, avec 222 sièges parlementaires en jeu.

Détournements à grande échelle
Mais même si l’Umno bénéficie de la mécanique bien huilée du parti historiquement dominant, son image pâtit de son association avec une vaste affaire de corruption.

Le scandale du fonds 1MDB, qui porte sur des détournements à grande échelle du fonds souverain qui devait contribuer au développement du pays, a déclenché des enquêtes aux États-Unis, en Suisse et à Singapour, où des institutions financières auraient été utilisées pour blanchir des milliards de dollars.

Certains observateurs craignent de voir l’Umno, si le parti revient au pouvoir, œuvrer pour obtenir la libération de Najib Razak et pour empêcher des poursuites pour corruption visant plusieurs autres membres du parti, dont son président Ahmad Zahid Hamidi.

«Si l’Umno gagne, on peut craindre que le droit ne soit pas respecté dans la condamnation de Najib Razak», a relevé Bridget Welsh de l’Université de Nottingham en Malaisie.

«En pratique, les électeurs vont décider si Najib Razak et le président de l’Umno doivent être punis pour les accusations qui pèsent contre eux», dit-elle.

Dans l’affirmative, les Malaisiens pourront choisir de donner leurs bulletins au leader de l’opposition Anwar Ibrahim, un vétéran de l’alliance Pakatan Harapan, dont ce pourrait être la dernière chance de diriger un gouvernement.

Il a été incarcéré deux fois pour sodomie, un crime en Malaisie à majorité musulmane, mais il a toujours clamé son innocence, parlant de son emprisonnement comme d’une persécution politique.

«Le premier ministre met la vie des électeurs en danger»

Les électeurs pourraient aussi lui préférer le réformiste de 97 ans, Mahathir Mohamad, un ancien de l’Umno qui a créé son propre parti.

Cet ex-premier ministre a dirigé le pays d’une main de fer de 1981 à 2003, avant de devenir «le plus vieux premier ministre en fonction» selon le livre Guinness des records, lors de son élection en 2018 à un second mandat de 22 mois.

Mais les quelque 21 millions d’électeurs sont convoqués aux urnes en pleine période des moussons. «Le premier ministre met la vie des électeurs en danger», a critiqué Mahfuz Omar, député de l’opposition, en organisant les élections pendant la mousson et, avec le changement climatique, «je crains vraiment des pluies plus fortes dans toute la Malaisie», a-t-il déclaré à l’AFP.

Le parlementaire redoute que les électeurs ne puissent «pas voter si leurs maisons sont inondées et les routes deviennent impraticables». De fortes pluies ont déjà commencé à affecter certaines régions. La Malaisie a été frappée en 2021 par les pires inondations de son histoire. Le bilan s’est élevé à cinquante morts et des milliers de déplacés.

Avec AFP

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