07202024Headline:

L’Éditorial d’Adama Koné: Indice de développement humain (Idh)

C’est quand même curieux. A peine la question de la soutenabilité de la dette ivoirienne pratiquement soldée par la réalité des faits, que surgit, depuis Soubré, cette fameuse affaire sur l’Indice de développement humain (Idh) de la Côte d’Ivoire. Là aussi, il est besoin de donner de la voix non seulement aux chiffres, mais aussi aux actions pour une meilleure compréhension. N’oublions pas, les faits sont sacrés en journalisme.

Dans le traitement de l’actualité, il est reconnu qu’un évènement chasse un autre. Hier, la question de l’endettement a beaucoup alimenté les colonnes des journaux, les discours des politiciens, les débats. Aujourd’hui, il est question de l’Indice de développement humain (Idh). Soutenabilité de la dette, Indice de développement humain, des réalités économique et financière qui sont souvent manipulées à dessein. Il y a quelques jours, cet Idh a été évoqué pour dire que la Côte d’Ivoire a reculé en matière de développement. Si, comme il a été dit au début de cette analyse, un évènement chasse un autre, il arrive aussi qu’un évènement rappelle un autre. Flash-back.

Nous sommes au Collège moderne autoroute (Cma) de Treichville, il y a quelques années. En classe de 3e1, le professeur d’histoire et géographie est Obéton Coulibaly. Un enseignant connu pour sa rigueur et son attachement à une formation de qualité. Dans le milieu scolaire, on dit qu’il est « cher en notes ». Cette année-là, dans sa classe de 3e1, nous sommes classé premier dans sa matière, avec seulement 9,89 de moyenne sur 20. Faut-il tirer fierté d’être le premier en histoire et géographie ou faut-il avoir l’humilité de reconnaître que nous n’avions pas le niveau (la moyenne, c’est 10 sur 20) dans cette discipline et qu’il faut travailler davantage ? Regardons la situation sous un autre angle. Est-il préférable d’avoir une moyenne de 12 sur 20 et d’être classé 12e ou de s’enorgueillir du rang de 1er avec 9,89 sur 20 ?

Quittons ce stade de la réflexion sur cette classe de 3e1 pour revenir à l’actualité de cette information donnée sous les cacaoyers (Soubré est, depuis longtemps, la boucle du cacao en Côte d’Ivoire) récemment. Par analogie, faut-il observer la position occupée par la Côte d’Ivoire ou analyser l’évolution qualitative de ces réalités ? Et ces réalités, c’est que le pays est passé de 0,45 point en 2011 à 0,53 point en 2022. A l’échelle numérique, certains diront que c’est 0,08 de gagner. Sauf que depuis 32 ans, la Côte d’Ivoire n’avait pas la moyenne qui est de 0,5 sur l’échelle de l’Idh qui part de 0 à 1. C’est la première fois que le pays franchit ce niveau (0,53, donc la moyenne). Mais que contient ce chiffre ? Il contient les nombreuses réalisations effectuées par le gouvernement au cours de ces dix dernières années. En effet, le taux de pauvreté, de 55,4%, est à 37,5%. Le taux de couverture en électricité avoisine les 90%. Quant à l’adduction en eau potable, ce sont 75% des populations qui sont impactées, sans compter les centres de santé.

Le Président de la République, Alassane Ouattara, a suffisamment relevé tous ces acquis socio-économiques, le 18 juin, devant le congrès, à Abidjan. En effet, c’est le résultat d’une organisation planifiée depuis 2012. Avec le retour de la planification du développement. Le premier plan en la matière, 2012-2015, était de 11 000 milliards de FCfa; le deuxième, évalué à 30 000 milliards de FCfa, allait de 2016 à 2020. Le dernier plan, en cours, de 2021 à 2025, est estimé à 59 000 milliards de FCfa. Tous ces plans faisant largement appel au privé pour investir dans plusieurs secteurs porteurs.

Il est à rappeler que depuis six ans, le concept de développement humain a évolué. L’Idh utilisé par le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) se mesure sur trois composantes, à savoir le Produit intérieur brut (Pib) par habitant, l’espérance de vie et le niveau d’éducation des enfants d’au moins 17 ans. Aujourd’hui, pour sa part, la Banque mondiale va plus loin en parlant d’Indice de capital humain. Ce nouvel indicateur synthétique est plus pratique en matière d’impact d’une économie sur la vie des populations. Il prend en compte la qualité et la quantité du capital humain. En plus de l’éducation, il s’intéresse à la mortalité infantile, à la chance pour un enfant né aujourd’hui de fêter ses 18 ans en bonne santé ainsi que les espoirs qu’il a de bénéficier d’une formation qualifiante ou professionnelle adéquate. En tout état de cause, les voyants pour le pays sont rassurants et nul n’est besoin de chercher des poux sur une tête rasée .

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