09282022Headline:

Mali: les 1ères réactions au discours de Choguel Maïga devant le Conseil national de transition

Au Mali, le Premier ministre a répondu aux membres du Conseil national de transition jeudi, il a défendu le bilan de ses dix mois à la Primature, et procédé à quelques annonces notamment sur la durée de la transition. L’opposant Amadou Aya réagit aux déclarations du chef du gouvernement.

En dépit de retards pris sur le programme annoncé, et mis sur le compte notamment des sanctions de la Cédéao, Choguel Maïga s’est une nouvelle fois félicité de « la montée en puissance » de l’armée, il a surtout assuré que le processus devant mener à des élections allait être mis en œuvre et qu’il se donnait pour cela 24 mois. Deux ans de transition de plus donc, durée sur laquelle le chef du gouvernement s’est montré ferme, tout en assurant que les discussions avec la Cédéao, qui exige 16 mois maximum, se poursuivraient.

Comment réagit la classe politique malienne à cette annonce ? Choguel Maïga, qui a fait face à des interventions parfois très virulentes, a-t-il convaincu ? Plusieurs personnalités politiques proches du Premier ministre, sollicitées par RFI, n’ont pas souhaité s’exprimer sur notre antenne. Ce n’est pas le cas de l’opposant Amadou Aya, secrétaire exécutif de l’alliance Jigiya Kura, elle-même membre du Cadre qui rassemble les partis d’opposition, au micro de David Baché de la rédaction Afrique de RFI.

« La question essentielle de désarmement des milices : il n’en a pas fait cas ! Le redéploiement de l’administration où il avait indiqué 93 actions à faire… mais nous sommes au regret de constater que c’est 0 !

il n’a pas été convaincant sur la question de l’économie concernant le plan de riposte qu’il avait annoncé (le plan de riposte économique face aux sanctions de la Cédéao, NDLR), … » Et tandis que la Banque mondiale, la BAD et également l’AFD annoncent qu’elles suspendent les décaissements « il n’y a pas eu de réponse claire pour voir comment il faut soutenir les entreprises ou les consultants qui sont déjà engagés avec ces bailleurs de fonds.

Il n’a pas été convaincant sur la situation politique, parce qu’il n’est pas arrivé à rassembler, il n’a pas pu aussi avancer sur les réformes, politiques et institutionnelles.»

Choguel Maiga a aussi annoncé qu’en dépit des négociations toujours en cours avec la Cédéao, la prolongation de la transition serait de quatre mois, c’est ferme.

« C’est du mépris par rapport à la classe politique malienne, assène encore Amadou Aya, c’est du mépris par rapport aux Maliens, c’est du mépris même par rapport à la Cédéao, parce que vous ne pouvez pas être en négociation et puis annoncer de manière unilatérale que vous allez allonger 24 mois… Nous allons nous opposer ! »

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