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«Qatargate»: l’euro députée grecque Eva Kaïlí au coeur du scandale ?

Elle est devenue le visage du « Qatargate ». Déchue de ses fonctions de vice-présidente du Parlement européen et exclue du Pasok, le parti socialiste grec dont elle est une élue, Eva Kaïlí sera entendue le 22 décembre prochain. Retour sur une carrière fulgurante en politique.

Eva Kaïlí reste en prison. L’ancienne présentatrice de télévision, âgée de 44 ans, devenue députée européenne puis l’une des 14 vice-présidents de l’instance européenne, a fait toute sa carrière politique dans le Pasok, le parti socialiste grec. Un parti qui l’a exclue de ses rangs dès dimanche et fait pression pour qu’elle démissionne de son mandat de députée européenne. Elle a également été démise de ses fonctions de vice-présidente mardi, par un vote sans appel : 625 député(es) sur 628 votes exprimés ont voté pour.

En Grèce, ses avoirs personnels ont aussi été gelés par l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent : « les comptes bancaires, les coffres, les sociétés et tout autre actif financier », selon le président de l’autorité anti-blanchiment, Haralambos Vourliotis, cité par un membre de la même organisation. Les établissements bancaires grecs et les services de l’Etat compétents ont déjà été informés de cette mesure par l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent, selon ce membre de cette institution. Le gel des avoirs concerne également les membres de la famille proche de Mme Kaïlí, comme ses parents, selon la même source, citée par l’AFP. Dans le collimateur de l’Autorité figure également une société immobilière récemment établie dans le quartier athénien chic de Kolonaki, qui aurait été créée par la députée européenne et son compagnon italien Francesco Giorgi, également écroué en Belgique. Ils sont parents d’une petite fille de 22 mois.

Une rapide carrière politique
C’est au début des années 2000 que les Grecs découvrent la jeune femme. Elle présente alors sur la chaîne privée Mega les journaux télévisés du week-end. Eva Kaïlí a d’abord suivi des cours d’architecture, puis de relations internationales et européennes et de journalisme. Elle s’engage aussi très tôt dans la politique, au sein des Jeunesses socialistes et devient, en 1998, conseillère municipale de Thessalonique, la ville où elle est née en 1978. Elle se présente à des élections législatives pour la première fois en 2004. Un premier échec, vite effacé puisque trois ans plus tard, en 2007, elle devient à l’âge de 29 ans la plus jeune députée du Pasok.

Un parti dont les commentateurs écrivent qu’elle était une figure « controversée », en raison de déclarations peu en phase avec son engagement social, notamment. En 2014, elle est élue pour la première fois au Parlement européen dans le groupe des Socialistes et démocrates, et réélue en 2019. En janvier 2022, elle est élue vice-présidente de l’institution dès le premier tour.

C’est en fin de semaine dernière que le parquet fédéral belge a déclenché une vaste opération anticorruption impliquant le Qatar. Plusieurs personnes, dont le compagnon de la députée, sont alors interpellées et écrouées ; d’importantes sommes d’argent sont découvertes. Eva Kaïlí s’était rendue début novembre au Qatar où elle avait salué, en présence du ministre du Travail, les réformes de l’émirat dans ce secteur. L’organisation du Mondial de football par le Qatar témoigne de la « transformation historique d’un pays dont les réformes ont inspiré le monde arabe », avait aussi assuré la députée fin novembre à la tribune du Parlement européen. Des propos qui avaient alors suscité des remous dans les rangs de la gauche ainsi que des libéraux et centristes.

 

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