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Soudan du Sud : retour de l’opposition dans la mise en œuvre de l’accord pour une armée unifiée

South Sudan’s President Salva Kiir Mayardit shakes hands with ex-vice president and former rebel leader Riek Machar during their meeting in Juba, South Sudan September 9, 2019.REUTERS/Jok Solomun – RC12A23B8A00

Suite à la signature, dimanche 3 avril, d’un compromis sur la formation d’un commandement unifié pour diriger la future armée du pays, les nominations seraient imminentes. C’est ce qu’ont annoncé les représentants des états-majors du gouvernement et de l’opposition lors d’une conférence de presse conjointe à Juba. L’occasion de souligner le retour de l’opposition au sein des mécanismes de mise en œuvre de l’accord de paix, qu’elle boycottait depuis mi-mars.

Le président Salva Kiir a signé l’accord de paix en 2018 avec son opposant le vice-président Riek Machar, mais sa mise en œuvre est extrêmement laborieuse. Malgré cette entente entre les responsables le week-end dernier, des clash sont toujours rapportés au sud de l’Etat d’Unité, près du camp de Koch Mirmir, entre leurs forces. Les représentants de leurs états-majors respectifs ont appelé à une cessation des hostilités.

C’est une image d’unité qu’ont tenu à afficher les généraux réunis vendredi au quartier général de l’armée à Juba. Leur objectif annoncé : parvenir à enfin finaliser la formation des forces armées unifiées prévues par l’accord de paix.

Alors que des combats récents démontrent la fragilité du processus, Thoi Chany Reat, le sous-commandant en chef de l’armée sud-soudanaise, se veut optimiste : « Je sais qu’il y a eu beaucoup de problèmes. Mais je suis confiant, cet accord tient bon. Si nous sommes unifiés, nous n’allons pas nous battre entre nous. »

Le vice-président Riek Machar dénonce pourtant depuis des semaines les « attaques » de milices soutenues par l’armée gouvernementale contre certaines de ses bases. Des attaques qui avaient toujours lieu ces jours, dans le sud de l’Etat d’Unité.

Pour Gabriel Duop Lam, le chef d’état-major par intérim de Riek Machar, il n’y a qu’une seule solution: « Ce qui y mettra un terme, c’est cet accord, c’est la mise en place des arrangements de sécurité. Parce que le projet c’est de construire une armée nationale. Nous n’allons pas nous réunir pour former une armée partisane, non. »

Selon ces commandants, 50 000 soldats sont sur le point de terminer leur formation pour intégrer cette nouvelle armée unifiée. Mais pour ce faire, un commandement unifié ne suffira pas : il faudra des uniformes, de la nourriture…Des coûts élevés qu’il incombe au gouvernement de prendre en charge.

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