11212017Headline:

Côte d’Ivoire : Un Imam exécuté sur sa natte de prière par un commando

Sorédougou, campement rattaché au village de Goya 2, dans la commune de Guiglo, continue d’être en émoi. Et cela, face au crime odieux qui y a été commis, dans la nuit du mercredi 18 au jeudi 19 janvier 2017.

La victime est l’Imam, répondant au nom Soré Saïdou, ressortissant burkinabé né il y a 65 ans. Nos sources expliquent, en effet, que cela fait 47 ans que Soré vie à Sorédougou, campement qu’il a lui-même fondé. Travailleur acharné de la terre, il est producteur du binôme café-cacao et d’hévéa. Fidèle musulman, l’homme finit par être bombardé Imam principal de la mosquée de Lokosso, village situé sur l’axe Guiglo-Duékoué. Vivant en très bonne intelligence avec tous, notamment les autochtones qui lui ont facilité son intégration, l’homme mène une vie tranquille avec ses deux femmes et ses 13 enfants.

Poursuivant, nos sources rapportent que rentré du champ le mercredi 18 janvier 2017, le sexagénaire prend son bain, se fait servir son repas qu’il consomme. Puis, exténué, il part se coucher sur sa natte de prière, à l’intérieur de la cabane qui lui sert de lieu de retraite spirituelle. Il est environ 20h. Et rapidement, il sombre dans le sommeil. Longtemps plus tard, tout le campement est calme. C’est que les habitants sont tous maintenant endormis. Hélas, ils ignorent qu’un mauvais coup se prépare. De fait, aux alentours de 2h du matin, des individus dont le nombre est ignoré, armés de fusils et de machettes, investissent le campement. Fort de leur arsenal, ils passent au peigne fin chacune des habitations dont ils défoncent les portes. Dans leur progression, ces malfaiteurs parviennent à la cabane où est endormi le fondateur du campement. D’une puissante cognée, ils sautent la porte. Le vieil Imam, brutalement tiré de sommeil, se retrouve pris au piège de la bande d’hommes armés. Il ne peut s’en extirper.

Et sans autre forme de procès, ces quidams qui semblaient investis de la cruelle mission de tuer l’homme de Dieu, n’hésitent pas du tout à le faire. A bout portant, ils exécutent le vieux Soré Saïdou, assis sur sa natte de prière. Et ce n’est pas tout. Les odieux tueurs vont s’adonner à une sorte de boucherie, sur le corps du guide religieux. A l’aide de leurs armes blanches, en effet, ils font d’horribles ouvertures dans la cuisse, dans l’abdomen et dans le dos de leur victime. Et ils terminent leur cynique besogne, en fracassant le crâne du défunt. Cela fait, le cruel commando abat tous les moutons et cabris du campement. Le campement est en émoi. Les pauvres habitants ne se préoccupent plus de la visite que leur ont rendue les malfaiteurs, mais plutôt, du sort du fondateur de leur campement.

La triste nouvelle qui se répand, parvient aux oreilles du chef du village de Goya 2, auquel est rattaché le campement où le drame vient de se produire. Accompagné de ses plus proches collaborateurs, il se rend sur place, pour s’imprégner des malheureux faits. C’est lui qui alerte le patron de la police de Guiglo. Celui-ci, flanqué de certains de ses hommes, débarque sur les lieux. Un constat d’usage est effectué. Et l’enquête que les agents des forces de l’ordre ouvrent porte tous les espoirs des villageois, d’avoir des éléments des réponse sur les contours de ce crime. A savoir entre autres, les auteurs du crime et surtout, leur mobile. En attendant, tous sont abasourdis et n’en reviennent pas.

Chancelle GOUDALET (Correspondant régional)

Soir info

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