06202019Headline:

Danané: deux mosquées fermées par les autorités. Les raisons

Le monde serait-il en déperdition ? Le matériel a-t-il pris le dessus sur la foi religieuse ? Autant de questions que se posent les habitants de la région du Tonkpi, vu les crises qui secouent la religion musulmane dans la localité. Après la mosquée sunnite du quartier Domoraud à Man, fermée depuis plus de trois ans, c’est le tour de la grande mosquée de Danané d’être sous les verrous. Les raisons…

A Danané, tout semblait bien depuis la mort de l’imam central Adama Bamba. Trois imams dont Sanogo Mory, Bamba Alpha et un autre, dirigent la communauté avec le plus grand sérieux. C’est pendant cette période de pénitence que trois autres imams vont venir mettre à mal cette coexistence pacifico-religieuse. « Les prières après la mort de l’imam central sont dirigées par ses adjoints. Tout allait pour le mieux. Nous n’avions aucun problème jusqu’à présent. Pendant cette période de carême, trois imams, de surcroît imams principaux dans leurs mosquées respectives, vont venir ternir l’image de notre religion. Selon eux, la communauté leur aurait dit de venir prendre la relève », nous raconte un fidèle musulman sous l’anonymat.

Ce jour-là, accompagnés de gens acquis à leur cause, ces imams avec à leur tête, l’imam Traoré Moussa, guide principal de la mosquée Belleville Chine débarquent et arrachent le microphone à celui qui officiait la prière. Ils l’écartent et procèdent eux-mêmes à la prière. Selon toujours, notre informateur, le préfet informé de la situation convoque les protagonistes et donne de sages conseils. Contre toute attente, le lendemain pendant que la prière de 13 heures se déroule en présence du préfet de Danané, Diarra Abdoul Karim, les mêmes imams reviennent à la charge en compagnie de nombreux jeunes.

« Il faut savoir que les imams qui avaient la charge de la mosquée sont d’ethnie Mahouka et ceux qui veulent prendre leur place sont de la communauté Karagbaka, une communauté d’origine Guinéenne. Pendant des dizaines de minutes, les esprits se sont échauffés. Le préfet exacerbé, appelle les forces de l’ordre qui arrivent à ramène le calme. Après cette honteuse scène, l’autorité ordonne la fermeture de la mosquée », poursuit notre interlocuteur.

Les autorités administratives et municipales s’attellent à ramener définitivement la paix dans la communauté, et ce, à travers des rencontres avec toutes les parties prenantes. Elles demandent aux uns et aux autres de mettre l’intérêt de la religion au-dessus de tout. Dans la même veine, des jeunes consciencieux appellent tout le monde à la retenue.

« Je ne connais pas l’organisation de la mosquée. Mon souhait est que, vu la honteuse situation pour nous les musulmans de nous quereller pour la maison de Dieu, que les uns et les autres sachent raison garder pour l’intérêt de la commune et notre religion. Toute institution répond à des règles préétablies », souhaite Fadiga Brico fils de Danané. Il invite les dignitaires religieux de Danané, les anciens et tous les sachant à s’asseoir pour trouver une solution idoine qui puisse faire revenir la cohésion, la fraternité, en somme le vivre ensemble comme par le passé.

Si pour le moment aucun affrontement n’a eu lieu, comme à Man, la mosquée reste, tout de même fermée au grand désarroi des fidèles musulmans.

« À Man, les gens se sont affrontés. Il y a eu des blessés, d’importants dégâts matériels. Mais heureusement à Danané, cela n’a pas été le cas. Nous demandons que les autorités au plus haut de l’islam dans le Tonkpi et en Côte d’Ivoire interviennent pour le bonheur de nos populations musulmanes. Nous sommes des politiques et nous ne voulons pas nous mêler à ces questions religieuses. Les conflits de ce genre doivent être réglés avec diligence par les responsables du COSIM », insiste un conseiller municipal.

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