09202017Headline:

Hadj 2017 dur,dur : Les musulmans regrettent l’ère Gbagbo/ce que l’ex-president faisait pour eux…et…

Le Hadj est désormais pour la communauté musulmane un parcours de combattant. Il faut débourser la bagatelle de deux millions de francs (2.000.000 Fcfa).

Pour espérer faire partie des élus pour le pèlerinage. Pis, les musulmans qui s’y engagent se font gruger par des intermédiaires véreux qui les volent jusqu’à les ruiner. Au point que la situation est devenue insupportable pour l’ensemble des musulmans qui voient ainsi, tous leurs acquis sous l’ère Gbagbo, se retrécir comme une peau de chagrin. Comble de malheur, les dérives des responsables chargés de l’organisation du Hadj font perdre l’espoir à des milliers de pélerins qui ne savent plus à présent à quel saint se vouer.

Le limogeage de la patronne de la direction du Culte atteste assez bien le cafouillage qui règne dans ce milieu. Les regrets des musulmans sont réels. Car sous le président Laurent Gbagbo, les nationaux et les non nationaux (qui, eux, déboursaient auparavant 2 millions de Fcfa) payaient seulement 1,5 millions Fcfa pour pouvoir se rendre à la Mecque. A l’époque, il est arrivé qu’un des responsables à l’organisation du Hadj détournent sans scrupules, l’argent octroyé par le président de la république aux pèlerins ivoiriens. L’affaire a fait grand bruit dans le milieu des musulmans. Le président Gbagbo s’est saisi de l’Affaire. Mais n’a pas fait juger et emprisonner les truands. Pour le président Gbagbo, les musulmans verraient d’un mauvais œil qu’un président de la République fasse emprisonner, même des musulmans indélicats.

faut-il le rappeler, lorsque le président Gbagbo était dans l’opposition, les pèlerins ivoiriens éprouvaient des difficultés pour obtenir leurs documents de voyage. Ils luttaient pour entrer dans leurs droits et étaient même la risée du pouvoir à l’époque. Les autorités saoudiennes pour aider les pélerins ivoiriens à accomplir le Hadj, venaient à Abidjan pour procéder à la vérification des pièces et autres documents. Mais c’était un véritable problème pour les musulmans qui, malgré l’arrivée des Saoudiens à Abidjan, n’avaient pas la garantie qu’ils pouvaient accomplir le pèlerinage. Les difficultés étaient encore plus énormes du fait qu’il n’y avait pas une ambassade saoudienne en Côte d’ Ivoire.

Il fallu attendre l’arrivée du Gbagbo Laurent au pouvoir pour enfin voir s’améliorer la situation des pélerins ivoiriens. Le président Gbagbo va alors s’atteler à assainir les relations diplomatiques entre le Royaume de l’Arabie Saoudite et l’Etat de Côte d’Ivoire. Ainsi, s’ouvre une Ambassade d’Arabie Saoudite en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo va encore plus loin, en permettant à la Côte d’Ivoire d’avoir une représentation diplomatique à Riad et un consulat à Djeddah. Plus éloquent, le gouvernement Gbagbo, pour le Hadj 2005, met à la disposition des pèlerins ivoiriens un hôtel afin de les regrouper dès leur arrivée en terre sainte d’Islam. C’est une première en Afrique au Sud du Sahara. Les musulmans Ivoiriens deviennent et surtout le pèlerinage devient presqu’une affaire d’Etat. Le président Gbagbo y veille en personne sur la qualité de l’Organisation du Hadj. La Côte d’Ivoire et son Ambassadeur Touré Vakaba sont en extase.

Choyés et adulés par le pouvoir Gbagbo, les musulmans ivoiriens sont enviés par les musulmans des pays voisins. Ils occupent le second rang au classement des pays les plus organisés en matière du Hadj, tout juste derrière l’Egypte. Cette situation attire les autres pélerins des pays de la sous-région qui voient en la Côte d’Ivoire une réelle chance pour eux d’effectuer le pèlerinage. Désormais, les musulmans étrangers qui veulent se rendre à la Mecque, passent par la Côte d’Ivoire qui leur offre des avantages.

Dans la même veine, le président Gbagbo permet aux musulmans ivoiriens d’intégrer les institutions et autres organismes islamistes internationaux tels que l’organisation de la conférence Islamique (Oci), la Banque Arabe de Développement économique et autres le Fonds koweitien. Faut-il le souligner, cette Banque islamique est actuellement en train d’achever les travaux de l’autoroute du Nord. A cela s’ajoutent les largesses du gouvernement Gbagbo vis-à-vis des musulmans ivoiriens. Pendants le mois de Ramadan, celui-ci distribue aux musulmans, du sucre, du lait et même le mouton pour le sacrifice. Il va aussi être à l’origine de la réconciliation entre les deux imams que sont Idriss Koudous du conseil National Islamique (Cni) et Cheick Abouacar Fofana du Conseil supérieur des Imam (Cosim).

Autre innovation dans les rapports entretenus entre l’Etat et les confessions religieuses, réside dans le respect de la laïcité. Avant l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, le Nonce apostolique était le seul représentant qui avait droit à la parole. A cet effet, il prenait la parole au nom des confessions religieuses pendant les présentations de vœux de nouvel an au président de la république et cela malgré la présence des autres chefs religieux. Cette injustice a été réparée dès l’arrivée du Président Laurent Gbagbo. Les Imams et les autres chefs chrétiens pouvaient, eux-aussi, parler au président de la République et lui présenter leurs vœux de nouvel An. Autant de privilèges acquis sous l’ère du Président Gbagbo qui sont regrettés à présent par l’ensemble des confessions religieuses.

Jean-Baptiste Essis

Source: Le Temps

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