09222017Headline:

Quand Mgr Ahouana révèle la cause spirituelle de la division des Ivoiriens/Lire la déclaration de l’archevêque

Quand Mgr Siméon Ahouana révèle la cause spirituelle de la division des Ivoiriens. Lire la déclaration de l’archevêque métropolitain de Bouaké, faite à l’occasion d’une rencontre de religieux de Bouaké. 

Je pense que notre pays a besoin de réconciliation. Et je suis convaincu que nous, les hommes, nous pouvons travailler pour la paix. Mais, si Dieu qui est lui-même l’auteur de la paix, qui est la paix en personne, ne nous accompagne pas, tout ce que nous faisons est vain. Voilà pourquoi, nous avons initié ce rassemblement ici, ce matin. Je souhaite vivement que cela soit une tradition, au niveau de chaque confession religieuse. En effet, il faut que nous prions matin, midi et soir pour la paix.

Tout ce que nous venons de faire aujourd’hui, il appartient au président et à son bureau, de trouver le rythme qu’il faut pour que nous puissions, ici à Bouaké, soit tous les 2 mois soit tous les 3 mois, nous retrouver. De ce fait, tout dépend de ce que le Forum et le Bureau vont décider pour que nous puissions nous retrouver ensemble pour unir nos voix et intercéder auprès de Dieu Tout-Puissant qui peut vraiment changer nos cœurs et qui peut vraiment nous aider à revenir aux fondamentaux de notre pays.

Valeurs fondamentales

Je pense que notre pays a des fondamentaux, la Côte d’Ivoire a de vrais fondamentaux. Quand je relis l’hymne national, quand je vois « union-discipline-travail », quand je vois « pays de l’hospitalité », « pays de la vraie fraternité », je vois vraiment que le pays a des valeurs fondamentales. Effectivement, ce sont ces valeurs fondamentales que Houphouët-Boigny a pensées pour notre pays.

Si nous avons vécu la guerre, si nous avons vécu des conflits, c’est parce que nous étions non seulement loin des valeurs fondamentales, mais avons vécu loin de Dieu. Alors, il faut qu’ensemble, nous puissions supplier le Seigneur pour qu’il nous donne la véritable paix, pour que nous puissions retrouver un pays solide. Si après tout ce que nous avons vécu, on est encore debout, c’est que Dieu lui-même a planté la Côte d’Ivoire sur du solide.

Il est clair que la Côte d’Ivoire est solide. Quand je dis solide, ce n’est pas seulement économiquement, mais c’est sur tous les plans. C’est parce qu’il y a du miel. Quand il y a du miel quelque part, les abeilles y vont. Telle est la Côte d’Ivoire. Si dans la sous-région, les gens viennent en Côte d’Ivoire, ce n’est pas pour rien. C’est Dieu qui l’a voulu. C’est lui-même qui a voulu que la Côte d’Ivoire soit la Côte d’Ivoire.

Quelques fois, on fait la comparaison, on parle des autres pays, non, la Côte d’Ivoire n’est pas là pour qu’on puisse dire, dans tel pays, on a fait ceci ou cela. C’est Dieu qui a voulu que nous soyons ce que nous sommes. Il y a la guerre, les conflits, parce qu’on veut changer la vocation de la Côte d’Ivoire. Pourquoi changer ?

« On veut nous diviser »

Quand des fois, j’entends certains mots, je n’entre pas dans ces choses-là. Je regarde et je dis que vous n’avez rien compris encore. On n’a rien compris. Quand les gens sont là, ils veulent égorger ou attaquer un frère, non ce n’est pas la Côte d’Ivoire. On ne fait pas ça. Cela n’est pas la Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas compris.

Quand on dit qu’on est ensemble, qu’on soit musulman ou chrétien, du Centre ou de l’Ouest, nous sommes tous unis. C’est cela la Côte d’Ivoire. Nous sommes unis et on veut nous diviser, nous mélanger comme disent les jeunes de maintenant. C’est pour cela qu’il y a des palabres.

Si aujourd’hui, la Côte d’Ivoire retrouve ses valeurs fondamentales, on verra qu’il n’y aura plus de palabres. Il est bien que nous religieux, nous soyons ensemble pour prier. A un moment donné, on a pensé que la crise en Côte d’Ivoire est une crise religieuse.

Quand je suis arrivé à Bouaké, je suis allé voir l’imam Mamadou Sy. Je lui ai dit que je suis arrivé à Bouaké, que je suis son fils. Un Archevêque, de surcroît, Métropolitain, parce qu’il y a plusieurs types d’Archevêques. Dans notre Eglise catholique, quand tu es archevêque, c’est-à-dire tu es au plafond, c’est fini. Une telle personnalité qui va dire à un imam, je suis ton fils, c’est ça la Côte d’Ivoire. J’ai fait tous les quartiers de Bouaké. J’ai été chez nos frères évangéliques. Je suis allé partout, j’ai dit venez, nous allons travailler ensemble pour la paix. Nous sommes frères.

« On va toujours faire palabre si… »

En Côte d’Ivoire, nous sommes frères. Nous les Ivoiriens, nous sommes faits pour vivre ensemble. Unis. On s’en fout que tu sois du Nord, du Sud, de l’Ouest, que tu sois musulman, catholique ou évangélique. Non, la spécificité de la Côte d’Ivoire, c’est qu’on doit vivre ensemble dans l’union. Si on quitte cette voie, c’est fini ! On va toujours faire palabre.

Remarquez bien ce que je vous dis. Si on quitte cette route, notre crise-là ne va jamais finir. On n’a qu’à prier pour notre pays et prier Dieu pour nous faire revenir aux fondamentaux et aux valeurs essentielles qui ont fondé la Côte d’Ivoire. Et Houphouët-Boigny l’a fondée comme ça. Il faudrait que tous nos dirigeants, tous nos chefs vivent dans la crainte de Dieu. Et qu’ils sachent que la Côte d’Ivoire, c’est la Côte d’Ivoire.

Vocation spirituelle de la Côte d’Ivoire

On veut jouer avec la Côte d’Ivoire. On ne joue pas avec la Côte d’Ivoire. Quand les premiers missionnaires sont arrivés en Côte d’Ivoire en 1895, sur les plages de Bassam, ils ont consacré la Côte d’Ivoire à la Vierge Marie. Et désormais, la main de Dieu est sur la Côte d’Ivoire. C’est pour cela qu’il ne faut pas s’amuser avec la Côte d’Ivoire. Si tu es maire, député, président du Conseil général, ministre, président, quel que soit ce que tu es, il ne faut pas oublier que la Côte d’Ivoire, c’est la Côte d’Ivoire. Il ne faut pas s’amuser avec ça.

Il faut qu’on revienne tous aux fondamentaux. Je dis merci à vous tous. Merci à nos autorités. Il faudrait que, de temps en temps, on puisse se retrouver et prier ensemble. Faire des supplications, des intercessions pour que Dieu nous pardonne pour tout ce que nous avons fait de mal qui a porté notre pays à la crise. Qu’il nous inspire des actes, des comportements pour que notre pays aille de l’avant. Quand on se regarde, on doit se regarder comme des frères et sœurs. Moi, c’est cette Côte d’Ivoire que je connais.

Lorsqu’on était à l’école, au Petit Séminaire à Bingerville, il y avait tout le monde. Là-bas, l’on ne cherchait pas à savoir qui vient du Nord, qui vient du Sud. Parce que nous sommes venus pour être prêtres. Or aujourd’hui, on demande, toi tu es qui, toi tu viens d’où ? Qu’est-ce que cela a à voir ? Je suis ton frère, c’est fini ! Il faut bannir toutes ces choses qui ont conduit la Côte d’Ivoire dans des palabres. Des choses qu’on ne connait pas, on veut savoir. Et je me demande pourquoi un frère va égorger son frère pendant la crise. Nous ne sommes pas des animaux ! Ce n’est pas la Côte d’Ivoire ! Il y a même des animaux dociles !

Je sais qu’il y a satan, le démon, le diable quelque part, c’est pourquoi on a des comportements comme cela. Donc prions Dieu afin qu’Il les enlève et balayer. Maintenant tu parles on t’insulte. Même le petit respect a foutu le camp. Quand tu parles, on te demande qui tu es. Qui est ton père ? Quand j’entends des gens parler, je leur dis, mes frères, il faut faire doucement. Si on a la crainte de Dieu, l’union entre nous est possible pour une Côte d’Ivoire en marche, une Côte d’Ivoire de paix, d’amour et de vraie fraternité. Je vous remercie.

Propos retranscrits par Serges Amani et JB Kouadio (Nouveau Réveil)

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