03302017Headline:

Togo / Les vérités d’un prête sur la situation en Côte d’Ivoire :Ce qu’il dit…

eglise catholique

Togo / Les vérités d’un prête sur la situation en Côte d’Ivoire : « On veut faire croire que la Côte d’Ivoire est réconciliée »

Le 08 décembre 2015, avec la fête de l’Immaculé Conception s’est ouverte l’année sainte qui sera marquée par le jubilé extraordinaire de la miséricorde. Elle s’ achèvera le 20 novembre 2016 avec la fête du ”Christ, Roi de l’ Univers”.

Le jubilé extraordinaire de la miséricorde a été promulgué par le Pape François le 11 avril 2015 par la bulle d’indiction ”Misercordiae Vultus”. A travers cette bulle, le Pape invite à redécouvrir la valeur fondamentale de toute vie qui s’enracine en Dieu. Cette valeur n’est rien d’autre que la miséricorde. En effet, il garde comme slogan cette parole forte de l’Evangile : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Luc 6 : 36). Il définit la miséricorde comme étant «l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à notre rencontre. La miséricorde, c’ est la loi fondamentale qui habite le cœur de chacun lorsqu’il jette un regard sincère sur le frère qu’il rencontre sur le chemin de la vie. La miséricorde, c’est le chemin qui unit Dieu et l’homme, pour qu’il ouvre son cœur à l’ espérance d’être aimé pour toujours malgré les limites de notre péché » (art.2). La miséricorde divine est le langage vrai du pardon, de la réconciliation et de l’ amour. Plus qu’ une simple conviction, le Pape souligne avec foi que «la miséricorde sera toujours plus grande que le péché, et nul ne peut imposer une limite à l’ amour de Dieu qui pardonne » ( art.3). La dynamique fondamentale de la miséricorde se laisse clairement percevoir quand les hommes et les femmes de religions, de cultures, de nationalités, de couleurs diverses se transforment en instruments vivants de la miséricorde de Dieu pour tout le genre humain. En effet, « touchés jour après jour par sa compassion, nous pouvons aussi devenir compatissants envers tous » ( art.14). La miséricorde est la clé du bonheur. Pour le Pape, « le pardon est le moyen déposé dans nos mains fragiles pour atteindre la paix du cœur. Se défaire de la rancœur, de la colère, de la violence et de la vengeance est la condition nécessaire pour vivre heureux » (art.9). Le Pape invite toute l’ humanité à ne pas tomber « dans l’ indifférence qui humilie, dans l’ habitude qui anesthésie l’âme et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur » (art. 15). Oui, il le souligne avec force : «ouvrons nos yeux pour voir les misères du monde, les blessures de tant de frères et sœurs privés de dignité, et sentons- nous appelés à entendre leur cri qui appelle à l’aide » (art.15). Cette année de la miséricorde est un temps privilégié pour «réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Évangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine » (art. 15). Une chose reste claire pour le Pape, la miséricorde n’exclut pas la Justice. Mais, «en face d’une vision de la justice comme simple observance de la loi qui divise entre justes et pécheurs, Jésus indique le grand don de la miséricorde qui va à la recherche des pécheurs pour leur offrir le pardon et le salut » (art. 20). Ce qui demeure essentiel dans l’application de la justice est que « le respect de la loi ne peut faire obstacle aux exigences de la dignité humaine » (art. 20). La nature divine de Dieu nous laisse voir que « la justice de Dieu est son pardon (cf. Ps 50, 11-16) » (art.20). En effet, «si Dieu s’ arrêtait à la justice, il cesserait d’ être Dieu ; il serait comme tous les hommes qui invoquent le respect de la loi. La justice seule ne suffit pas et l’ expérience montre que faire uniquement appel à elle risque de l’ anéantir. C’ est ainsi que Dieu va au- delà de la justice avec la miséricorde et le pardon » (art. 21). Les attentes du Pape François en cette année de la miséricorde se fondent sur l’ espoir que cette année sainte «nous rende plus ouverts au dialogue pour mieux nous connaître et nous comprendre. Qu’elle repousse toute forme de fermeture et de mépris. Qu’elle repousse toute forme de violence et de discrimination » (art. 23). Ce message du Pape à toute l’humanité revêt un caractère plus particulier pour la Côte d’Ivoire et pour tout le peuple ivoirien. La violence, le mépris, la haine, les injures, les crimes, le tribalisme, la vengeance sont devenus aujourd’hui le lot quotidien des Ivoiriens. On veut faire croire que la Côte d’Ivoire est réconciliée, qu’elle vit totalement dans la paix. Ouvrons simplement les yeux pour réaliser et comprendre que nous vivons dans l’illusion. On est loin de cette Côte d’Ivoire une et indivisible. Les passions, les rancunes personnelles, les rivalités politiques, profondes soient-telles, détruisent jour après jour le tissu social. On veut tous la réconciliation et la paix, mais tous le veulent au prix de la victoire. Cette logique de « la raison du plus fort est toujours la meilleure » nous maintient dans une spirale de violence où les plus forts d’aujourd’hui, manipulant à leur profit les concepts de justice, de loi, matent les plus faibles. Le triste constat des arrestations arbitraires, des centaines de prisonniers politiques qui se meurent dans nos prisons, des jugements abusifs, la peur et l’angoisse d’être violenté, mutilé et tué sans que justice soie rendue rend jour après jour notre société ivoirienne similaire à une jungle. Les plus faibles, quant à eux, attendent dans un silence de sorcier la plus petite faille pour pouvoir réagir. Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire est plongé dans un coma mortel, puisque personne ne veut descendre de sa montagne d’ orgueil. Personne ne veut vaincre son ego pour accueillir l’autre dans sa différence. Personne ne veut reconnaître son tort, personne ne veut demander pardon. Chacun veut se rendre justice. La question essentielle que tout Ivoirien devrait garder inscrite sur son front est celle que Jésus pose aux accusateurs de la femme adultère : « Que celui d’ entre vous qui n’ a jamais péché lui jette la première pierre » (Jn 8 :7). Tous en Côte d’ Ivoire ont les mains sales. Personne n’est sans péché. Tous aux yeux de Dieu et aux yeux de la nation ont péché. En effet, il convient comme le psalmiste de nous interroger sérieusement : « Si tu retiens les fautes, Seigneur ! Seigneur, qui subsistera ? » (Ps 130, 3). Mais, une chose demeure vraie, « près de toi se trouve le pardon » (Ps 130.4). L’année sainte, l’année de la miséricorde n’est-elle pas une occasion sacrée pour le peuple ivoirien d’un retour en soi, pour un examen de conscience vrai afin de relancer les bases d’ une conversion intérieure de chaque citoyen gage d’ un pas véritable vers la paix et la réconciliation ? Pro-Gbagbo, Pro-Ouattara doivent être capables de reconnaître qu’ils se sont mutuellement blessés et donc ont nécessairement besoin (…)

Source: linfodrome.ci

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment