01202017Headline:

Côte d’Ivoire-les effets de la dépigmentation de la peau – Deux fabricants condamnés

F. Ali et son associé, G. Hussein ont été condamnés à 3 mois de prison assortis de sursis. Le tribunal correctionnel d’Abidjan-Plateau a déclaré ces deux fabricants de produits cosmétiques éclaircissants coupables, vendredi. Ils doivent payer une amende d’un million FCfa. Ils sont les premiers à tomber sous le coup de la loi. Ils ont été arrêtés le 12 mai dans un entrepôt de la zone industrielle de Koumassi par un équipage de la brigade de lutte contre les produits de dépigmentation de la peau avec l’appui de la police.

Selon le procès-verbal lu à l’audience par le ministère public, la descente a permis aux forces de l’ordre de saisir une importante quantité de produits cosmétiques sans autres précisions. D’après le juge, la condamnation avec sursis des prévenus est un avertissement et une alerte donnée aux éventuels contrevenant de la mesure gouvernementale. Faut-il rappeler qu’en avril, le gouvernement ivoirien a décidé d’interdire l’utilisation des produits de dépigmentation, en vogue en Côte d’Ivoire, malgré le péril que cela représente sur la santé.

Selon le communiqué du conseil des ministres, les “produits cosmétiques éclaircissants ou d’hygiène” qui permettent de “dépigmenter la peau” sont “désormais interdits”. Les crèmes et autres lotions dites de dépigmentation, qui comportent notamment du “mercure et ses dérivés”, des “corticoïdes”, de la “vitamine A” ou encore de “l’hydroquinone au-delà du seuil de 2%”, sont prohibées.

«Des maladies internes, dont l’hypertension et le diabète»

D’après un cadre de la direction nationale de la pharmacie, du médicament et des laboratoires, interrogé par le l’Afp, l’hydroquinone est un agent éclaircissant interdit en Europe qui, “au-delà de 2%, a un effet décapant”, dangereux, a expliqué le Dr. Christian Doudouko.

A en croire le spécialiste, la proportion de personnes ayant des effets secondaires du fait de l’utilisation de ces médicaments est “vraiment élevée”, a-t-il affirmé en mentionnant notamment des “cancers de la peau”. Les produits éclaircissants peuvent également entraîner «des maladies internes, dont l’hypertension et le diabète”, a expliqué le professeur Elidjé Ekra, du service de dermatologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville.

La dépigmentation de la peau rencontre depuis des années le succès auprès des jeunes Africaines, notamment des Ivoiriennes. Mais aucune étude ne permet de savoir quelle part de la population féminine y a recours. “Dans nos cultures, certains pensent que la plus belle femme est celle qui présente une peau claire. Ce repère de la beauté qui a trait à la couleur de la peau pousse de nombreuses filles à se dépigmenter”, a observé le Pr Ekra.

“Dans les milieux de communication, plus on a une peau claire, plus on passe bien”, a-t-il poursuivi, en référence notamment à certaines publicités. Cette tendance pousse aussi certains hommes à éclaircir leur peau, a avancé le dermatologue. Au Sénégal, par exemple, la société civile s’était mobilisée en 2013 pour lutter contre la dépigmentation, sans toutefois réussir à faire interdire les produits éclaircissants.

 

Ouattara Moussa

Source : Nord Sud

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment