06232018Headline:

Exclusif et émouvant -Témoignage d’une jeune journaliste ivoirienne« Comment j’ai survécu au cancer du sein »

« Comment j’ai survécu au cancer du sein ». Un témoignage exclusif et émouvant d’une jeune journaliste ivoirienne, qui a accepté de parler, « pour aider les personnes qui souffrent, à tenir bon ». A lire !

J’ai connu le combat de ma vie comme on rencontre l’homme de sa vie. De manière inattendue. Je venais de célébrer ma trentaine. Je n’en avais pas conscience. C’est mon amie Carrelle qui fait attention. Elle me parle : « De Laure, c’est le combat de ta vie que Dieu t’a confiée ». Et son époux M. Konan d’ajouter : « Dieu veut t’utiliser pour communiquer ta force aux autres. Nous te suivons, mais nous étions loin d’imaginer que tu souffrais du cancer du sein ». Yes I m a survivor of cancer. Oui je suis une survivante du cancer ! Voici mon bref témoignage.

Ce mercredi matin, je viens juste de rentrer du centre de santé où j’ai bouclé avec ma dose de radiothérapie du jour et je me trouve au travail. Ce, malgré les nausées et les effets saugrenus qui se devinent sur mon visage noirci et rendu gras par les rayons laser. Le cancer voulait me voir alitée, j’ai dit non. Et mon boss m’a trouvé un stage hors du pays. Non seulement, je profite des soins, du voyage humain, mais aussi de l’expérience professionnelle. Cancer, regarde comme tu es pris à ton piège. Il est vrai que j’attendais trop de te narguer Lol.

« Dans un journal épistolaire adressée à ma fille, je raconte tout pour aider les personnes qui souffrent, à tenir bon. Je parle aussi à leurs proches »

Tout commence un samedi de grâce matinée. Nous sommes en 2016. Je palpe la petite boule dans l’un des seins. De clinique en clinique, d’hôpital en hôpital à Abidjan, le parcours de soins est long avant la confirmation du diagnostic. Premiers combats.

Je tire beaucoup de leçons de cette aventure qui se poursuit avec la rééducation et la surveillance à venir. On ne peut pas prévoir l’avenir. J’étais tellement obsédée par l’idée d’avoir ma propre maison tôt, que je ne rêvais que de cela. J’ai bossé dur pour cela. Les lauriers glanés çà et là, je prévoyais m’offrir un terrain à la sueur de mon front cette année de 2016, pour un début de réalisation, mais Dieu en a disposé autrement.

En effet, l’argent a servi à acheter des médicaments. Tous les 21 jours, j’ai déboursé entre 350 000 FCFA et 450 000 FCFA, pour des médicaments. Certes, je n’ai plus d’argent pour un quelconque projet de vie, cependant, j’ai l’amour et la foi car tout est grâce. Une autre leçon…

On n’est jamais assez fort seul. Au début, j’ai caché la maladie à mes proches. Le leur dire a été une étape importante pour supporter émotionnellement le lourd traitement. J’apprends à relativiser et surtout à revivre.

Témoignage

J’ai rencontré d’autres cas de cancer. Je côtoie la maladie et les patients. Quand j’ai été nominée pour le challenge Facebook par Danielle Shunamite, j’étais à l’hôpital en pleine séance de chimiothérapie. Je savais bien de quoi je parlais. La maladie s’attaque maintenant aux plus jeunes. Il ne faut pas attendre 38 ans pour se faire dépister….Ici en radiothérapie, une patiente de 21 ans est reçue….

Pourquoi je témoigne ? Il serait égoïste de ma part de me taire car je n’aurais pas tenu si je n’ avais pas lu le témoignage d’Agnès Kraidy avant de me savoir malade. A mon tour de retransmettre cette énergie. En salle de chimiothérapie à Abidjan, je prenais déjà les nouvelles venues sous « ma protection ». On m’a interpellée amicalement une fois.  » C’est qui, la personne qui parle beaucoup là-bas? Hé, Pie De Laure, tu es devenue docteur »?

Merci à mes amis de l’Association ivoirienne des journalistes catholiques (AIJC) et aux Scouts messagers de la paix, qui ont accepté l’idée de cadeauter les enfants malades de cancer. Vous avez passé une journée entière à leur offrir du sourire en leur contant des histoires, en faisant la fête avec eux dans la salle d’éveil, en partageant un repas… Soyez bénis !

Francis, tu t’es impliqué à fond car tu as toujours été sensible à la cause des enfants. Que Dieu te bénisse abondamment. Bamba, tu n’étais pas avisé, mais quand tu as vu une partie des dons avec moi, tu as sauté sans chaussures dans ta voiture pour aider à les transporter. Merci pour ton humanisme.

Merci pour ces moments !

Je remercie mes parents, amis, collègues, mon boss et surtout l’équipe médicale. Si je tiens, c’est parce que je suis bien entourée. Un merci particulier à mon petit frère qui a tout abandonné pour venir s’occuper de ma fille quand il a été informé. Dans ma convalescence post chimiothérapie, je le voyais qui faisait la toilette de la petite, préparais son petit déjeuner, l’accompagnait à l’école, l’aidait pour ses révisions, lavait ses robes…Il disait : « De Laure, je n’ai pas d’argent pour t’aider à te soigner. C’est ce que je peux faire pour toi. » Oh Dieu comme tu as fait beaucoup !

Chacun de vous mes proches y a mis du sien. Charlie quand j’étais trop faible, tu emmenais la petite à la piscine. Tu as offert tout ton amour. Pamela, quand tu as découvert mon alopécie, tu es entrée en prières. Tu venais me voir tous les soirs. Carrelle, ton époux et toi, avez parcouru les hôpitaux de Paris pour me trouver un devis….

Pour ton anniversaire, Amandine et toi avez sacrifié un week-end et des mois de salaires pour réserver des billets et une chambre d’hôtel afin de me faire vivre. Ma sœur Sekongo, ton écoute a été une décharge oh combien soulageante, dès les premières heures…

Dejoelle, tu as pris ton panier pour faire mes courses de la semaine. Toi seule a le secret culinaire du régime imposé par mon état… Delorès, ton soutien indéfectible m’a été d’un grand appui. J’ai adoré la perruque que tu m’avais offerte. La perruque est un symbole important avec cette maladie. La plupart des patientes vivent mal l’alopécie, signe criant des effets de la chimiothérapie…

Ah, le père Fernand ! Tu as été tellement bouleversé par l’information. Ta peur me faisait peur, au point où je me suis un peu fâchée avec toi. Des amis ont souvent contribué pour mes médicaments. Je ne peux pas tout mentionner ici. Ni tous. Mille mercis !

Dans un journal épistolaire adressée à ma fille, je raconte tout pour aider les personnes qui souffrent, à tenir bon. Je parle aussi à leurs proches. Je parle à ma fille car c’est mon rôle de lui montrer la route de la vie. J’y explique comment j’ai trouvé la force pour minimiser le coup. Les moments de disettes, de grandes faiblesses, en période de maladie, sont normaux. Souvent même la douleur est normale. Je me suis vue magnifier la douleur pour l’évacuer…

Si un éditeur accepte, je le rencontre avec mon tapuscrit. J’ai toujours voulu que mon ami, le désormais Dr Paul Agoubli me préface. J’écrivais une enquête journalistique qu’il devait relire. Mais Dieu veut que l’enfant de Cœur qu’il fut, participe à cette sensibilisation par le livre. Je pense qu’il va accepter. Je le souhaite.

Mon engagement est non seulement pour le dépistage précoce mais surtout pour l’accompagnement des malades. Quand le diagnostic tombe, on est perdu et accroché à internet. Or tout et son contraire circulent sur le net. Pour ne plus que les nouvelles malades ne dorment plus, je m’engage.

Association

Je mets en place l’association » Un sourire pour les malades de cancer « . L’objectif est de mener des actions de proximité en faveur des malades. L’adhésion est libre et sans frais. Juste envoyer une demande d’adhésion par mail.

J’en profite pour lancer un appel aux esthéticiens volontaires d’accompagner l’action pour soulager les malades au niveau psychologique. L’idée est d’organiser des séances de massage, de soins de visage, de manucure et de pédicure pour patient à domicile. Ceux qui peuvent apporter des perruques, des produits de beauté sont les bienvenus.

Dans cette période, la patiente a tendance à perdre confiance en elle, car les symboles de sa féminité sont touchés par les thérapies de choc. Le syndrome des pieds et des mains, l’alopécie sont des étapes éprouvantes. J’ai décidé d’accompagner les malades sur ces aspects qui paraissent être des détails mais qui participent à la douleur. Souvent, on se cache de nos amis, on refuse des invitations car on ne s’accepte plus, à un moment donné des soins.

 

Les volontaires qui le désirent peuvent m’accompagner également dans d’autres actions, entre autres, un week-end de ménage mensuel pour aider. Le cancer inflige une grosse fatigue. Souvent tu ne peux même pas nettoyer ta chambre…vous m’avez aidée. L’heure est venue de faire ma part.

« J’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.  » : Mathieu 25 : 36. Merciiiiiiii

Nesmon De Laure, cancer survivor’s

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment