10302020Headline:

Le cancer du poumon peut rester en sommeil pendant 20 ans

cancer de poumon

D’après les observations de scientifiques britanniques, le cancer du poumon pourrait s’exprimer bien avant les premiers symptômes, et rester en sommeil pendant des années dans l’organisme.

Passer 20 ans avec le cancer du poumon en sommeil dans notre corps, cela fait froid dans le dos. Mais cela représente aussi un espoir pour diagnostiquer précocement cette maladie, toujours très mortelle.

Les premières mutations de cellules cancéreuses du poumon pourraient rester invisibles pendant 20 ans chez les anciens fumeurs, jusqu’à ce que les cellules se réveillent et accélèrent soudainement leur croissance. Elles se transforment alors en une forme agressive de la maladie, selon les travaux de chercheurs de l’Institut de recherche sur le cancer britannique publiés vendredi dans la revue Science.

La maladie dépistée trop tard

L’étude a été menée sur 7 patients atteints du cancer du poumon dont des fumeurs, des anciens fumeurs et des non-fumeurs, afin d’améliorer le diagnostic de cette maladie. A partir d’analyses de tumeurs retirées des poumons malades, elle a montré que, chez les patients fumeurs, des cellules ont commencé leur mutation avant de s’”endormir” pendant deux décennies pour se réveiller brutalement et se développer alors même que le patient avait parfois arrêté de fumer. Lorsqu’elle est découverte, la maladie est souvent déjà agressive et difficile à traiter.

Les scientifiques espèrent que leurs travaux permettront de mettre en place une politique de dépistage précoce plus poussée. “Si nous pouvions étouffer la maladie dans l’œuf avant qu’elle ait commencé à évoluer en forme agressive, nous pourrions améliorer significativement le taux de survie”, explique le Professeur Nic Jones, directeur de l’Institut de recherche sur le cancer.

28.000 morts chaque année en France

D’autant que les chercheurs ont observé que les mutations de ces tumeurs étaient difficiles à comprendre. Au cours de l’expansion de la tumeur, différents dysfonctionnements génétiques apparaissent dans plusieurs zones, ce qui rend les traitements ciblés peu efficaces. L’étude souligne également le rôle du tabagisme dans le développement du cancer du poumon, qui provoquerait les premiers dysfonctionnements génétiques.

Deux malades sur trois sont diagnostiqués alors que leur cancer du poumon est déjà avancé. Ce cancer est le plus meurtrier de tous avec un taux de survie à cinq ans autour de 10%. En France, plus de 28.000 décès sont à déplorer chaque année, 39.500 cas sont diagnostiqués, chez des fumeurs ou anciens fumeurs dans 90% des cas.

Écrit par Aurélie Delmas

BFMTV

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