10232017Headline:

Scandale de l’abattoir/ A-t-on encore le droit de manger une côte de bœuf ?

viande

Le scandale de l’abattoir d’Alès tombe à pic pour ceux qui rêvent d’une France sans viande entièrement végétalienne. Une dérive idéologique qui n’est pas nouvelle…

Adolf Hitler adorait les animaux. Il se dota donc logiquement d’une législation d’avant-garde en ce domaine : loi sur l’abattage du 21 avril 1933, loi fondamentale sur la protection des animaux du 24 novembre 1933. « Dans le Troisième Reich, il ne devra pas y avoir de cruauté envers les bêtes », proclama-t-il. Heinrich Himmler, le grand architecte de la solution finale contre les Juifs, n’aimait pas la chasse (contrairement à Goering). C’était, de surcroît, un grand sensible. Invité le 20 octobre 1940 par le général Franco afin de préparer la rencontre entre le Caudillo et le Führer, il fut convié à une corrida. Le pauvre homme supporta très difficilement le spectacle heureusement interrompu par une pluie salvatrice.
L’idéologie nazie en matière animale était cohérente. Elle marquait une rupture évidente avec la tradition chrétienne honnie. Celle-ci fustigeait la cruauté envers les animaux surtout parce qu’elle était un révélateur des mauvais penchants de l’homme. Les nazis, eux, voyaient dans l’homme un animal comme les autres. Ils l’ont d’ailleurs prouvé. Soyons clairs : tout défenseur des animaux n’est évidemment pas un nazi en puissance et la dénonciation des pratiques de l’abattoir d’Alès est bien sûr salutaire. Personne ne peut demeurer insensible à la souffrance animale.
Fini, les barbecues…

Il n’empêche, derrière cette campagne visant les abattoirs se profile l’ombre persistante de ceux qui rêvent d’un monde végétarien, sinon végétalien. Une démarche purement théorique qui trouve quelques échos chez des urbains formatés par les modes, élevés en batterie idéologique. Coupée de ses racines rurales, la société actuelle idéalise une nature où l’homme ne serait que l’aboutissement sophistiqué du règne animal et non un être à part doté d’une âme, comme le conçoivent les trois grandes religions du Livre.
Dans cet univers fantasmagorique, les brochettes au barbecue ne seraient plus qu’un souvenir, la côte de bœuf, un délit. Occire un animal serait passible de la Cour pénale internationale. Juifs et musulmans pratiquants seraient contraints à la clandestinité pour respecter l’abattage rituel dont ils estiment qu’il constitue une stricte obligation religieuse. Il faudrait d’urgence revisiter nos grands mythes historiques et littéraires : fini, la poule au pot du bon roi Henri IV, les sangliers d’Obélix, les blanquettes du commissaire Maigret où les recettes d’Alexandre Dumas. Place au brocoli et au curcuma. Ça va être gai…

PAR PIERRE BEYLAU

.lepoint.fr

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