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Secret de femmes: Une gynécologue raconte les tabous et non-dits de son cabinet

Alors que les gynécologues sont réunis à Montpellier jusqu’au vendredi 9 décembre pour parler de leur profession, une gynécologue héraultaise nous parle de ses patientes. De leur tabous et de leurs peurs.

Dans le cabinet de Luisa Calcine, gynécologue à Sète, il y a cette dame aux 75 ans fringants désolée de ne pas capter l’attention des “jeunes” de 60 ans. Cette jeune fille, hantée par la peur du HPV, qui imagine se protéger avec un disque dentaire lors d’une fellation. Et ces femmes tout juste ménopausées se confient après avoir consulté les prospectus de la salle d’attente, prétexte à aborder leur problème de libido ou de sécheresse vaginale. Des témoignages qui éclairent sur le quotidien des gynécologues alors que la profession est réunie à Montpellier jusqu’à vendredi.

La peur des hormones

“Je ne confesse pas les femmes, je leur pose la question que beaucoup de médecins n’osent pas poser pour parler de choses qui les gênent et qu’elles n’arrivent pas à exprimer alors qu’elles peuvent paraître surinformées avec Internet”, raconte Luisa Calcine, rare gynécologue féminine de la ville, entrée dans le privé après dix-huit ans de service hospitalier.

Si la jeune maman est souvent une patiente sans problème, Luisa Calcine évoque ces deux extrémités de la vie où la parole est plus difficile. Où il faut briser les tabous. “Une femme préférera parler de ses bouffées de chaleur à une femme, elle a le sentiment d’être entendue”, constate-t-elle.

Toujours pour les quinquagénaires : “Le nombre de femmes qui ont des fuites urinaires et qui se condamnent à porter des protections alors qu’une intervention chirurgicale peut tout changer !” Sans parler de celles qui ont fait leur dernier frottis à 50 ans. De celles qui ne veulent pas dire qu’elles ont des hémorroïdes, “par peur qu’on l’associe à la sodomie”. Sur le traitement hormonal de substitution : “Il faut informer, ce sont souvent les laboratoires qui le font… Des femmes ont tellement d’effets secondaires qu’il faut les aider. Avant, on leur donnait des antidépresseurs…”

Des tabous et des peurs

Chez les plus jeunes, “on voit les deux extrêmes” explique la gynécologue.”Des filles avec une sexualité libérée qui ne sortent jamais sans préservatif”, et “celles qui ont peur de tout”. Elles arrivent la première fois accompagnées de leur mère, mais c’est en tête-à-tête qu’elles se confient. Et des tabous encore, celui “des rapports sexuels douloureux parce que leur pilule est inadaptée” par exemple.

Sans oublier la “la peur du stérilet”. Du HPV et du vaccin HPV. Et la pilule ? “Prendre des hormones n’est plus à la mode…Les femmes achètent des tests d’ovulation, se mettent à compter les jours…” Et parfois tombent enceinte. Luisa Cacine a longtemps assuré les consultations du Planning familial et selon elle, “le problème n’est pas résolu”. Mais elle reste convaincue de “faire un métier formidable”, “le seul, en médecine, où on voit les gens pour un contrôle, où il est rare d’annoncer une mauvaise nouvelle”.

Midilibre.fr

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