03242017Headline:

Un patient mort retrouvé trois jours après sa disparution / la souffrance de la famille…

Signalement tardif, caméra défaillante… L’APHP a reconnu de nombreux “dysfonctionnements” et sa “responsabilité” dans la disparition d’un patient de l’hôpital Georges-Pompidou. L’avocat de la famille estime que cela “n’est pas suffisant”.

La dernière fois que Jean-Pierre R. est vu par le personnel médical de l’hôpital Georges-Pompidou, il est aux alentours de 7h30 samedi 28 janvier. Dix minutes plus tard, l’infirmière de garde ne le trouve ni dans la chambre ni dans le service.

Le patient est finalement découvert trois jours plus tard, mort, au sous-sol, dans une issue de secours du parking nord de l’hôpital parisien. Le corps sans vie de cet homme de 47 ans est derrière l’une des 5500 portes de l’établissement. Il s’agit d’une issue de secours anti-intrusion qui ne s’ouvre que dans un sens.

Nombreux “dysfonctionnements”

Que s’est-il passé pendant ces 72 heures? Mercredi soir, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (APHP), a rendu public son rapport après l’avoir présenté à la famille de la victime. Elle reconnaît “pleinement sa responsabilité” ainsi que de nombreux “dysfonctionnements”.

Plusieurs fois après sa prise en charge à Pompidou le 23 janvier, le patient est retrouvé hors de sa chambre, tenant parfois des “propos incohérents”, parlant de “prendre le train” ou déclarant une autre fois “ne rien avoir signé” et ne pas vouloir “payer”. Quelques minutes avant sa disparition, le “risque de fugue” est même clairement mentionné lors des transmissions entre l’aide-soignante de nuit et celle de jour.

Une caméra a tout filmé

Le rapport issu de l’enquête interne détaille heure par heure les trois jours fatidiques. Mais il ne permet pas de déterminer ce qui a amené Jean-Pierre R. de sa chambre située au premier étage dans le service de médecine interne jusqu’au niveau -1. Et surtout pourquoi il n’a pas été retrouvé plus tôt malgré les nombreuses rondes de différents agents.

Par ailleurs, la disparition n’est déclarée que quatre heures après sa constatation. Après un problème de réception de fax, la police n’est saisie qu’en fin d’après-midi. La directrice du groupe hospitalier apprend quant à elle le décès en même temps que la fugue. Autre point qui soulève des interrogations: la présence d’une caméra dans le local où a été retrouvé Jean-Pierre R.

“Atroce agonie, coincé comme un rat”

Mais une panne d’écran empêche un visionnage en temps réel. Et les agents de sécurité ne sont “pas autorisés à visionner a posteriori les images”. Quand l’équipe y a enfin accès jeudi 2 février, il est trop tard. Et depuis longtemps. De quoi ajouter à la douleur des proches qui réalisent que les dernières heures de Jean-Pierre, seul dans ce parking, réservé au personnel et fermé pour cause de nettoyage, ont été filmées. “Mon petit frère est mort dans une atroce agonie, coincé comme un rat, dans un couloir fermé par deux portes coupe-feu”, écrivait son frère au début du mois dans un message diffusé sur Facebook.

Pour l’avocat de la famille, Pascal-André Gérinier, le rapport est une première étape. “Enfin, nous avons un commencement d’information et une reconnaissance de manquements. Mais ce n’est pas suffisant, assure le conseil auprès de L’Express. La famille ressent de la colère et de l’indignation. On est quand même dans un hôpital qui se veut le symbole de la modernité des hôpitaux parisiens.”

A ce stade, une enquête en recherche des causes de la mort a été ouverte au parquet de Paris. Une source proche de l’enquête confie à L’Express qu’à partir de ces éléments, on s’oriente “à terme” vers l’ouverture d’une information judiciaire pour homicide involontaire

Claire Hache

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