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Chloroquine : Le professeur Raoult annonce de nouveaux résultats de tests

Le professeur en microbiologie a publié de nouveaux résultats portant cette fois sur 80 patients et montrant, selon lui, l’efficacité de l’hydroxychloroquine pour soigner les malades atteints du Covid-19.
Le 28 mars 2020 à 11h31, modifié le 28 mars 2020 à 12h00
Sa première étude avait été critiquée pour sa méthodologie, mais il est loin de se laisser abattre. Le professeur en microbiologie Didier Raoult, directeur de l’institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection à Marseille, a publié ce vendredi les résultats d’un deuxième volet des expérimentations menées avec son équipe sur un groupe de patients atteints du Covid-19.

D’après le professeur Raoult, ces résultats prouvent « l’efficacité de [leur] protocole » ainsi que « la pertinence de l’association de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine », les deux molécules données conjointement aux patients. La communauté scientifique est, pour le moment, plus prudente et ce traitement n’est recommandé par le ministère de la Santé que pour les cas graves et dans des conditions très strictes
Voici ce qu’il faut retenir de ces nouveaux travaux menés à Marseille.

80 patients
Au total, 80 malades confirmés du Covid-19 et entrés à l’hôpital entre le 3 et le 21 mars ont participé à ces essais, contre 20 lors des premiers tests menés durant la première quinzaine de mars. Ces patients, âgés de 18 à 88 ans, ont pris du Plaquénil, un médicament à base d’hydroxychloroquine, associé à de l’azithromycine. Cette formule combinée est l’un des cinq traitements qui sont testés dans le cadre de l’essai clinique européen Discovery, dont les premiers résultats ne sont pas attendus avant deux semaines. En parallèle, un autre essai clinique, baptisé « Solidarity », va bientôt débuter sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Selon l’équipe du professeur Raoult, 78 de ces patients ont connu une « amélioration clinique » rapide de leur état de santé et ont pu quitter les soins intensifs au bout de cinq jours. Un seul, âgé de 86 ans, est décédé et un autre, de 74 ans, est toujours dans un état très grave.

« On meurt moins à Marseille qu’ailleurs », a asséné vendredi soir sur LCI Eric Chabrière, épidémiologiste à l’IHU Méditerranée. Ce collaborateur du Pr Raoult a tout de même reconnu qu’il faudra en « analyser » les raisons précises, avant que l’échange ne se tende avec les autres médecins invités en plateau.

Disparition de charge virale en quelques jours
Autre conclusion des travaux menés à Marseille: 83 % des patients ont connu une diminution de leur charge virale (obtenue à partir de l’examen des sécrétions nasales) en sept jours, et 93 % au bout de huit jours.

Mais cela pourrait aussi s’expliquer par la guérison naturelle ou par une prise en charge dans de bonnes conditions sanitaires. Et ce, d’autant que certains des 80 malades sont jeunes (leur âgé médian est de 52 ans). Ils ont donc beaucoup moins de risques d’être dans un état grave voire d’en mourir, selon les données portant sur l’ensemble des malades en France.

Toujours pas de groupe témoins
L’un des écueil principaux reprochés aux premiers travaux du Pr Raoult demeure. En effet, l’équipe médicale n’a pas utilisé de groupe témoin pour son étude, c’est-à-dire des patients qui ne sont pas soumis au même traitement. Ainsi, on ne peut pas assurer scientifiquement que les malades hospitalisés à Marseille et qui allaient mieux ont bénéficié du traitement qui leur a été donné ou d’autres facteurs.

Pas encore publié dans une revue scientifique
Contrairement aux premières analyses portant sur 20 patients, celles rendues publiques vendredi n’ont pas encore été publiées dans la littérature scientifique. Dimanche 22 mars, lors de son point presse, le directeur général de la Santé Jérôme Salomon avait jugé « intéressants » les résultats sur les 20 patients, qui venaient d’être publiés dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents.

Jugeant « urgent » de trouver un traitement à cette maladie du Covid-19 et insistant sur le « coût négligeable » de l’hydroxychloroquine et de l’azithromycine, l’équipe de l’IHU Méditerranée Infection appelle en conclusion de ses travaux d’autres équipes scientifiques à « évaluer d’urgence » cette technique.

Le parisien

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