01172019Headline:

Abidjan: M. Kagamé livre les secrets pour l’amélioration de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption.

Dans le cadre d’un panel de haut-niveau qu’il a animé avec le Vice-président ivoirien.

Paul Kagamé, le président rwandais, était face aux décideurs et aux acteurs du secteur privé ivoirien, le jeudi 20 décembre 2018, à la Maison de l’Entreprise, au Plateau. Cela, dans le cadre d’un panel de haut-niveau qu’il a animé avec le Vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, le ministre du Commerce, de l’industrie et de la promotion des Pme, Souleymane Diarrassouba, ainsi que le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci), Jean-Marie Ackah.

Lors de ces échanges qui visaient, selon les organisateurs, à s’inspirer du modèle rwandais, le numéro Un rwandais a dénoncé la position de « fardeau » de l’Afrique face à l’Europe. Il a appelé à une prise de conscience collective en vue d’une amélioration du tableau. Cette amélioration, a-t-il insisté, ne peut se faire qu’à l’aide de réformes qui prennent en compte les spécificités locales, comme cela fut le cas au Rwanda avec le règlement traditionnel des conflits internes plus économique et plus efficace. « Le Rwanda a décidé de trouver des solutions à ses défis en nous-mêmes parce que nous avons essayé d’autres solutions extérieures et nous ne sommes arrivés à rien », a-t-il affirmé. Sans toutefois tomber dans le suivisme, l’hôte du Patronat ivoirien a exhorté les décideurs à copier les bons exemples pratiqués à proximité.

D’ailleurs, a-t-il relevé, il appartient, au-delà des décideurs, à chaque individu de contribuer au développement socio-économique de son pays. Ce qui commence par le refus même de la situation de précarité et de sous-développement. « Nous méritons, comme toute personne dans le monde, une meilleure vie », a-t-il déclaré. A la tête de l’un des pays les plus économiquement performants du continent, M. Kagamé a été invité à partager les secrets de ce succès notamment en ce qui concerne l’inclusion du genre, l’amélioration de l’environnement des affaires et la lutte contre la corruption.

Sur le premier point, il a fait remarquer qu’il s’inscrit dans l’ordre normal de la vie d’une nation que d’impliquer l’ensemble de ses forces vives surtout dans le cas du Rwanda qui compte 52% de femmes. A l’en croire, il est inadmissible de ne pas user de ces importantes ressources d’autant plus qu’elles présentent les compétences pour contribuer au développement du pays. L’amélioration de l’environnement des affaires, qui a valu au Rwanda la 2ème place africaine et la 29ème au classement mondiale, dans le dernier rapport Doing business de la Banque mondiale, passe, selon lui, par des réformes appropriées qui, tout en facilitant l’installation des entreprises ne les exemptent pas des exigences réglementaires de transparence.

Incitation à l’investissement. La multiplication des initiatives dans le sens d’une meilleure intégration économique régionale en l’occurrence la Zone de libre-échange continentale (Zleca), pour une extension du marché, constitue également une des clés de l’attrait économique que Paul Kagamé a partagées, en notant la percée des champions nationaux dans le secteur privé rwandais. Il a fait des révélations sur la politique rwandaise de lutte contre la corruption qui a fait ses preuves. Pour parvenir à ces résultats, il a préconisé avant tout, de mettre en place une politique qui ne soit pas sélective mais qui s’applique à tous les individus. En dépit des difficultés qu’elle peut rencontrer, la lutte contre la corruption doit être accentuée, selon le panéliste. Car, dira-t-il, si la lutte contre la corruption peut présenter des dangers, l’inverse peut en présenter davantage. Daniel Kablan Duncan n’a pas manqué, pour sa part, de saluer les ambitions du président rwandais dont il a relevé la convergence de pensées avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara. « Ce sont deux hommes qui se ressemblent », s’est-il réjoui. Puis d’annoncer une amélioration prochaine des échanges entre les deux pays. Au niveau national, le Vice-président ivoirien a également assuré de l’amélioration constatée de l’environnement des affaires, tout en faisant part de sa volonté de voir émerger des champions nationaux voire régionaux. Le président du Patronat a, quant à lui, souligné les performances du secteur privé ivoirien et les perspectives qui, à l’instar de celles de la région, se veulent positives. Il a signifié, toutefois, qu’il convient de consolider cette croissance et de la rendre plus inclusive à travers trois chantiers principaux. « Nous pensons accroître la transformation structurelle de nos économies (…) Deuxièmement, l’émergence de champions nationaux, des entreprises capables d’endogénéiser la croissance et enfin l’élargissement des marchés nationaux qui a commencé à l’échelle régionale et qui devrait être parachevé à l’échelle continentale à travers la Zleca », a-t-il partagé. M. Ackah a terminé son allocution en sollicitant publiquement la présidence de l’édition prochaine de la Cgeci Academy par le président du Rwanda.

Hermance K-N

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