03192019Headline:

Burkina Faso: Vérité et justice pour les victimes de Yirgou…

A Ouagadougou, les manifestants, principalement de la communauté peul, se sont mobilisés à la place de la Révolution où ils ont tenu un meeting après une marche.

“Justice pour Yirgou”, “Stop à la stigmatisation”, ” vérité et justice pour les victimes de Yirgou”, “plus jamais de tueries communautaires au Burkina”, véhiculaient les manifestants sur leurs banderoles.

Après avoir fait observer une minute de silence, le président du comité de crise du collectif contre l’impunité et la stigmatisation  des communautés (CISC), Hassane Barry, a indiqué que la forte mobilisation de toutes les communautés à cette marche témoigne de la solidarité de tout le pays.

“Si toutes les 60 ethnies sont ici représentées, je peux dire ne compte plus d’ethnies. Nous sommes justes des burkinabè”, a-t-il estimé.

Selon le porte parole du CISC, Daouda Diallo, ” le délit de faciès qui a prévalu au massacre de la communauté peul à Yirgou, ne doit pas gagner du terrain”, appelant à faire la lumière et situer les responsabilités.

Le CISC a vu le jour à la suite du lâche assasse du chef de village de Yirgou ainsi que des membres de sa famille par des individus armés et des massacres contre la communauté peulhe qui s’en sont suivies, a-t-il rappelé.

“Ces événements, caractérisés par une violence extrême, ont plongé la nation entière dans l’indignation et la consternation”, a-t-il indiqué.

” La situation dramatique à Yirgou a entraîné beaucoup de pertes en vie humaine, avec au moins 75 morts et plus de 600 blessés”, a souligné M. Diallo,selon qui ce massacre “n’a pas fait que des victimes. Il a aussi fait ses disparus, des blessés et des déplacés”.

“A Yirgou, il y’a eu des graves violations des droits de la personne humaine. Ces crimes ne peuvent restés impunis. Yirgou a été une horreur. Nous devons donc exiger vérité et justice pour Yirgou”, a affirmé l’avocat du CISC, Me Ambroise Farama.

” Le CISC exige l’ouverture d’une enquête administrative pour situer les responsabilités relativement à la réaction tardive de nos forces de défense et de sécurité afin de prévenir d’autres drames. Le CISC exige vérité et justice pour les victimes du double drame de Yirgou, les victimes des attaques terroristes, et les victimes de toutes les formes de stigmatisation”, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le CISC a réclamé la dissolution du groupe d’autodéfense Koglweogo de Yirgou, qui a pris la tête des expéditions punitives contre la communauté peul, dans les communes de Barsalogho et d’Arbinda.

Tout comme à Ouagadougou, plusieurs centaines de manifestants ont également marché à Dori, où ils ont livré un message au gouverneur de la région du Sahel.

Une autre autre marche est prévue le samedi 19 janvier prochain à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du pays, pour les causes.

Koaci.com

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