06192021Headline:

Côte d’Ivoire: affaire d’eau et de courant une réalité actuelle des populations ivoiriennes

Le problème de coupures de fourniture d’eau et d’électricité connaît une accentuation ces derniers temps en Côte d’Ivoire. Le délestage et le robinet à sec sont devenus le quotidien des Ivoiriens. Et naturellement, ils grognent et interpellent. Les autorités, elles, essayent de calmer le jeu et de justifier la situation tant bien que mal. Pourtant.

« Affaire de fourniture d’eau et de courant là, c’est chaud et sec dans le pays deux jours là !». Cette expression triviale entendue au détour d’une rue abidjanaise traduit la réalité actuelle des populations ivoiriennes. Des spectacles désolants de familles dans les rues en quête du précieux liquide incolore et inodore pour leurs besoins vitaux quotidiens sont devenus monnaie courante. L’électricité, elle, n’est apparemment plus dans le courant de nos vies. L’accès régulier à ces deux nécessités journalières est devenu un luxe voire une denrée rare de nos jours. Et les Ivoiriens ne sont pas encore sorties de l’auberge si l’on s’en tient aux propos des différents responsables des secteurs concernés. La nature est tenue, enfin en partie, responsable de nos malheurs en ce qui concerne l’électricité.

Sécheresse et baisses du niveau des barrages étant indexés. Le Covid-19 a aussi le dos large. Il est dorénavant question de ‘’ rationnement’’ de la fourniture aux ménages selon un programme défini, en plein 21ème siècle. Quant à l’eau, les explications peinent. Comme le dirait un sage : « c’est vrai que Dieu fait beaucoup, mais l’Homme fait un peu ».

Loin des positions partisanes, il convient de jeter un regard très objectif sur cette situation. Et pour cause, les coupures ne ciblent pas seulement les partisans et sympathisants du parti au pourvoir encore moins ceux de l’opposition ni même les personnes dites ‘’ neutres’’. En outre, il n’est pas en rapport avec les prolétaires, la classe moyenne ni les nantis. Les entreprises, viviers de l’économie, ne sont pas épargnées. Elles frappent tout le monde et au même moment. Alors il est bon de savoir raison garder et d’analyser la situation sereinement, sans parti pris. Les gouvernements précédents ont peut-être et sans nulle doute eu des manquements dans ces secteurs à leur temps. Mais les responsables actuels cristallisent tous les griefs eu égard à leurs promesses de ‘’ solutions’’ à tous les problèmes. L’excuse de la guerre et de la crise étant devenu caduque, plus d’une décennie après.

Plus de 10 ans de gouvernance auréolés de croissances à deux chiffres saupoudrées de pluie de milliards FCFA d’investissements dans tous les secteurs. Au vu de la situation, c’est à croire que les pluies de milliards déversées sur le pays n’ont pas fertilisé, sinon pas assez, le terreau de ces deux activités. Surtout quand le gouvernement se vante d’avoir favorisé, plus que ses prédécesseurs, l’accès à l’eau et au courant. Cela à juste titre d’ailleurs relativement à la courbe de l’évolution de la consommation de l’énergie produite signe d’un grand dynamisme de l’activité industrielle, de l’accès des populations à l’électricité, de l’électrification à grande échelle des villages etc….

Toutefois, gouverner c’est aussi prévoir et anticiper. « La Côte d’Ivoire a une capacité de production de 2200 Mégawatts. Elle a un besoin de 1800 Mégawatts. Mais suite à des pannes, à des travaux de mises à jour, aux délais des commandes, à des hésitations dans les prises de décisions, à un manque d’anticipation, elle ne peut produire que 1600 Mégawatts actuellement. Il y’a un gap de 200 Mégawatts à combler. Des dispositions sont prises dans ce sens. Mais les délais de mise à disposition des équipements font qu’il est difficile d’éviter la situation actuelle », fait savoir un analyste. A ces quelques remarques, il faut ajouter la fourniture d’électricité aux pays limitrophes alors que la demande locale n’est pas tout à fait comblée. Vas-y comprendre quelque chose !

En vérité, les gouvernants n’ont pas su anticiper les évènements même s’il est vrai qu’ils ont fait des efforts. Au regard des potentialités notamment les Ciprel, les Azito, les barrages hydroélectriques et autres projets solaires et biomasses, en ce qui concerne l’électricité, et toutes ces portions de nappes phréatiques dont dispose le pays, pour l’eau, l’on était en droit de s’attendre à mieux. Mais encore, l’eau source de vie ne devrait pas manquer aussi longtemps aux populations quand l’on se réfère à ces mêmes atouts du pays. L’Etat a failli, c’est sûr, et avec lui toutes les structures en charge de ces secteurs au grand dam des populations. Bienvenu au pays de l’émergence, mais à quelle horizon ?

Franck K

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