06062020Headline:

Côte d’Ivoire: échec de la “grande traite” de Paquinou pour les transporteurs

San-Pedro – A cause des mesures barrières contre la maladie à coronavirus (COVID-19) les compagnies de transport assurant la liaison entre San-Pedro et les villes du grand centre du pays n’ont pas connu l’ambiance de grande affluence habituelle observée à la veille de la fête de pâques du fait des nombreux déplacements des populations pour le «Pâquinou», événement culturel célébré par le peuple Baoulé en marge de cette fête chrétienne.

Cette période considérée comme une «grande traite» pour les transporteurs est perturbée cette année parce que les ressortissants (Baoulé) du grand centre résidant dans la région de San-Pedro, notamment dans des campements et villages entiers, ne se sont pas mobilisés pour le «Paquinou» annuel. Les mesures de prévention du COVID-19 ne sont pas favorables à cet événement qui constituant des grands moments retrouvailles et de réjouissance. Ainsi les transporteurs déplorent particulièrement les impacts négatifs de la crise sanitaire pour la période de pâques.

Un coup dur qu’ils subissent fatalement

L’Union des transporteurs de Bouaké (UTB), la plus grande compagnie qui assure la desserte des villes du centre de la Côte d’Ivoire à partir de San-Pedro, lance seulement deux convois par jour sur Bouaké qui passent par Yamoussoukro et Tiébissou. Ce rythme de trafic n’a pas varié jusqu’à vendredi, deux jours avant la fête de paâques, contrairement aux années précédentes où en pareille période la compagnie multipliait les départs jusqu’à cinq voire six par jour pour les mêmes destinations.

« C’est un coup dur pour tout le monde mais on fait avec. Les gens ont peur de voyager. Il y en a qui pensent qu’on ne doit pas aller à Bouaké, alors que les cars vont à Bouaké sauf à Abidjan», a souligné le chef de gare UTB, Kouassi N’Guessan Maurice. Pour lui, «cette année «Paquinou» a déjà échoué»

Pour respecter les mesures barrières contre le COVID-19, le nombre de passagers est réduit à 50 par convoi pour un total de 64 places disponibles dans les cars. La compagnie a procédé à une augmentation de ses tarifs de 1000F pour compenser un peu la perte due à la réduction du nombre de passagers. Par exemple, les tarifs des tickets de San-Pedro à Bouaké et de San-Pedro à Yamoussoukro sont passés respectivement à 9.000 F et 7.000 F CFA.

Au niveau des petites compagnies comme Yobouet Transport Bouaké (YTB) l’ambiance est similaire. Le chef de gare de cette compagnie, Gnongoué Edmond, affirme lancer un seul convoi sur Yamoussoukro et Bouaké par jour avec en moyenne 10 passagers pour les véhicules de 33 places et 20 personnes pour des cars de 50 places.

« Pour avoir 15 ou 20 passagers c’est difficile, parce que les gens ont peur de voyager.», a-t-il relevé. Il note que les années passées, à pareille moment, les gares débordaient de monde. Il y a même des voyageurs qui plaidaient pour obliger les transporteurs à faire la surcharge mais ces derniers refusaient.

Eprouvant déjà des difficultés pour avoir la clientèle, YTB n’a pas procédé à une augmentation des tarifs des tickets de voyage.

Pa railleurs, les compagnies de transport sont obligés de prendre le départ le plus tôt possible afin d’arriver à destination avant à 21 heures pour respecter le couvre-feu instauré par le Chef de l’Etat dans le cadre de la lutte contre la propagation du COVID-19.

Certaines mesures barrières contre le COVID-19 relativement respectées par les voyageurs

A la gare UTB les voyageurs procèdent obligatoirement au lavage des mains juste avant de monter dans le car. Chacun est invité à porter un masque (cache-nez). Selon le chef de gare, M. Kouassi ceux qui n’en disposent pas sont tenus de l’acheter avec des commerçants à l’entrée de la gare.

Au niveau des petites compagnies et des transporteurs indépendants le lavage des mains avant la montée et le port de masques sont relativement observés. M. Gnongoué de Yobouet Transport Bouaké (YTB) a fait savoir que certains voyageurs acceptent mais d’autres refusent de se laver les mains avant la montée. Il y en a qui porte des masques (cache-nez) par contre d’autre n’en portent pas.

« On ne peut pas obliger quelqu’un à le faire. Nous ne faisons que leur rappeler qu’il faut se protéger.», a-t-il souligné.

Les différentes mesures de lutte contre le COVID-19 concernant le secteur du transport sont affichées dans les gares routières.

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