06152019Headline:

Côte d’Ivoire/ Le pays en danger : à Béoumi, des habitants ont encore illégalement des armes en mains

Après les affrontements sanglants qu’a connus Béoumi, il serait très prétentieux, voire utopique d’avancer que cette localité a retrouvé sa stabilité d’antan, tant les scènes de violences se dessinaient par endroits. Cependant le calme reste précaire.
Pour s’imprégner des réalités et tenter d’apporter des solutions à cette crise qui a fait de nombreux dégâts matériels et humains, le ministre de la Communication, Sidi Touré, fils de la région, s’est rendu sur les lieux dans la soirée du jeudi 16 Mai 2019 vers 17 heures 20 minutes. Une visite qui n’a pas été du goût des populations villageoises sur le tronçon qui ont manifestement érigé plusieurs barrages et empêché le ministre, à certains endroits, de passer.
Il a fallu l’intervention musclée des forces de défense et de sécurité pour permettre au ministre de rallier Béoumi à 18 heures 35 minutes. C’est la résidence du préfet qui, par la suite, a servi de cadre à Sidi Touré pour rencontrer les différentes communautés afin d’appeler à l’apaisement et au calme. Une rencontre plus ou moins décontractée qui s’est achevée vers 21 heures.
Décidé à rallier Bouaké cette même nuit, l’envoyé du gouvernement s’est finalement rétracté pour passer la nuit à sa résidence de Béoumi comme si quelqu’un lui avait mis la puce à l’oreille sur les mouvements de villageois sur le chemin du retour. Ce sont finalement le préfet de région, Tuo Fozié, les grands commandements des forces de défense et de sécurité de Bouaké, quelques collaborateurs du ministre, des chefs de communautés de Bouaké ainsi que les journalistes qui se sont lancés dans une aventure infernale de retour.
Sorti de celle ville ensanglantée à 22 heures protégée par un couvre-feu non respecté par les populations, notre mésaventure a commencé au premier village situé à environ 3 kilomètres de la ville. C’est un immense barrage d’un camion incendié et d’un arbre posés sur la route qui ont bloqué le cortège. L’intervention remarquable des forces de la gendarmerie a permis à toute l’équipe de franchir ce barrage.
Mais la gendarmerie n’était au bout de ses peines. Tous les 100 mètres, d’autres barricades sont encore érigées par les populations villageoises badigeonnées de poudre de charbon, de graisse de moto,enivrées à force doses de boissons frelatées communément appelées “koutoukou”, munies de machettes dûment aiguisées et de fusils de chasse calibre 12, qui ordonnent à la délégation de rebrousser chemin vers Béoumi.
Tel dans le mythique film génocidaire “Hotel Rwanda”, les jeunes villageois, visiblement irrités, nous profèrent des menaces en réclamant nos appartenances ethniques. Le pis de notre mésaventure a commencé à Golikro, village situé à 15 km de Béoumi où une heure durant,les jeunes manifestants ont bloqué le cortège et nous lançaient des propos haineux et belliqueux.
Après moult négociations et avec l’arrivée des renforts,notamment la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS), la Brigade Anti-Émeutes (BAE) et la gendarmerie, le passage nous a été cédé permettant ainsi de continuer la route. Alors que nous croyions sortir des “griffes du tigre”, nous voilà encore pris dans un autre engrenage à Assekro, bled situé à 19 km,toujours de retour de Béoumi.

Ici, notre véhicule est encore pris à partie, mais cette fois avec des coups sur le capot, le coffre ainsi que le pare-brise.Tous les confrères à bord du bolide sont tous pris de peur face à la situation. C’est une main divine et le secours des forces de défense qui nous ont permis d’échapper en trombe.C’est finalement sous le coup d’une heure 30 du matin que nous avions pu rallier la capitale du centre.

Le ministre Sidi Touré au chevet des victimes, vendredi, à Béoumi
Resté sur place après sa rencontre avec les différentes communautés, le ministre de la Communication, Sidi Touré, s’est rendu, dans la matinée du vendredi, à l’Hôpital Général de la localité pour apporter le réconfort et le soutien du gouvernement après ces malheureux événements. Compatissant donc à la douleur des blessés ainsi que des familles endeuillées, le porte-parole du gouvernement a rassuré les différentes familles de ce que le gouvernement s’engagera à prendre en charge tous les soins de ces victimes.

D’où sont sorties les armes ?
Il y a eu de nombreux blessés par balles. Ils ont tiré sur les corps habillés et même le commissaire a reçu une balle (…) La population veut se défendre mais face aux armes, aux kalach, elle ne peut rien faire. Ils ont attaqué 15 villages ». Ces propos sont de Kouadio Kan Armand, 3ème adjoint au maire de Béoumi. Les comptes rendus des journalistes ont également rapporté que des armes ont été utilisées lors de ces affrontements.
La question est de savoir d’où viennent ces armes et qui sont ces civils qui les détiennent illégalement encore malgré le désarmement. En attendant d’avoir une réponse à ces interrogations, le constat, c’est que des armes circulent malheureusement encore dans les villes et villages de la Côte d’Ivoire. Cette situation, en effet, n’est pas faite pour rassurer les Ivoiriens.
La détention illégale d’arme par les civils met même en danger les élections de 2020. Surtout quand on sait que depuis la crise sociopolitique, les élections ont été toujours émaillées d’incidents. Il faut même craindre que ces armes ne soient utilisées en 2020 pour défendre un candidat au détriment d’un autre.
Mais il n’y a pas que Béoumi. Il se pourrait qu’à Bouaké, Tengréla, Oumé, Daloa, Divo, Ferkessédougou, Abidjan, etc. des individus détiennent aussi des armes. Pour éviter les surprises désagréables comme celles de Béoumi, il est temps de prendre les dispositions qui s’imposent. A savoir : Demander que ceux qui détiennent encore des armes les rendent volontairement aux forces de l’ordre.

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