09222021Headline:

Côte d’Ivoire : l’étudiant Noumtchè Ouattara a présenté sa thèse de Doctorat d’histoire africaine avec succès

Le doctorant Noumtchè Mamadi Ouattara, vient d’enlever une épine de son pied. Il a soutenu ce vendredi 23 juillet 2021, à l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) d’Abidjan-Cocody sur le thème ‘’ « Les Degha, histoire d’un peuple entre aire Gour et aire Akan: Des origines à la période coloniale». Il a obtenu une mention très honorable avec félicitations du jury après sa présentation.

Noumtchè Mamadi Ouattara a entériné sa thèse de Doctorat d’histoire africaine. Ce fût le vendredi 23 juin 2021 à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan devant un parterre d’invité constitué de proches et d’amis. Dans son exposé, l’étudiant a fait savoir que le choix du thème a été éveillé par deux motivations principales. Il explique que le premier est d’ordre subjectif.

LES DEGHA ETAIENT AUSSI PRESENT DANS L’ACTUEL GHANA

« Notre sujet de mémoire de Master portait sur les Degha. Il était intitulé : Origine et évolution d’une population du Nord-Est de la Côte d’Ivoire (17è-19è Siècle). Pendant cette étude, les traditionnistes ont révélé que les Degha étaient aussi présent dans l’actuel Ghana. Aussi, ont-ils ajouté, si nous voulons la vraie histoire des Degha d’aller au Ghana. Pour nous, en se limitant au Degha de Côte d’Ivoire, notre œuvre serait inachevée », a fait savoir Noumtchè Ouattara.

Et de justifier, « cette raison est amplifiée par le fait que les Degha sont méconnus par les populations en Côte d’Ivoire aussi bien qu’au Ghana. Ils sont confondus aux Ega, population située dans la région du Loh-Djiboua. Pire, certaines populations autochtones de la région du Gontougo où l’on trouve les Degha en Côte d’Ivoire les assimilent aux Nafana et aux Lobi. Et pourtant, il n’en est rien ».

A l’en croire, « le second motif est d’ordre scientifique. En effet, les populations Degha sont installées sur un espace autrefois zone d’influence des royaumes Brong gyaman, Bono Manso (Techiman), Nkoransa. De nombreux travaux ont été réalisés sur ces Etats. Les auteurs de ces travaux ont accordé quelques lignes au Degha. Cette étude vise à réaliser une étude d’ensemble spécifique et détaillée sur les Degha ».

LES DEGHA SE LOCALISENT DANS LA REGION DU GONTOUGO

Le cadre spatial de cette étude précise-t-il, « englobe deux Etats distincts notamment l’actuelle Côte d’Ivoire et le Ghana actuel. Ces deux pays ont une frontière commune longue de 670 Km. C’est qui fait d’elle, une étude transfrontalière. Dans l’actuelle Côte d’Ivoire, Degha se localisent dans la présente région du Gontougo, principalement les Sous-préfectures de Bondoukou et de Sorobango. Dans l’actuel Ghana, les Degha se localisent, au Nord-Ouest, dans la région du Nord et celle du Brong Ahafo. Notre champ d’étude est compris entre le Nord-Est de la Côte d’Ivoire actuelle et celle du Nord-Ouest de l’actuelle Ghana ».

Le bilan de cette étude a révélé que, « les Mo-Degha font partie d’un ensemble de peuples gour appelé Gourounsi. Ils sont venus du pays gourounsi (Sisala). D’autres groupes non gourounsi s’ajoutent à eux qui sont du pays Gonja (Ngbanya) ou Tchouara, du pays Akan (Brong, Asante), du monde Mandé et ceux qui expliquent leurs origines par des mythes d’autochtonie. Le plus gros lot des migrants est d’extraction Sisala. Le départ de ces groupes qui constitue le peuple Mo-Degha est motivé par plusieurs mobiles, selon chaque patriclan. La majorité évoque un conflit entre Sisala et Mo-Degha à cause d’une tête de chien après une cérémonie rituelle sur la divinité tion ou teo ».

L’ETABLISSEMENT DES MO-DEGHA A ETE PACIFIQUE ET CONFLICTUEL

« Les migrants s’installent sur les deux rives du Mouhoun (Volta noire) avec laquelle ils entretiennent des relations de divinité. Laquelle zone est caractérisée par une formation végétale savanicole, zone de prédilection des Mo-Degha par rapport à la zone forestière. Aussi s’établissent-ils proche de certaines élévations qui servent de point de refuge en cas d’attaque pour les uns et des divinités pour d’autres ». Par ailleurs, la région d’accueil des Mo-Degha se distingue par une pluralité de population dont les plus importantes d’un point numérique sont les Brong, les Nafana, et les Koulango. L’établissement des Mo-Degha au sein de cette mosaïque de population a été non seulement pacifique mais aussi conflictuel», a mentionné Ouattara.

« A partir de 1700, les Mo-Degha assistent à l’arrivée de forces étrangères dans leur cadre spatiale notamment les Asene d’Amakom (Nkoransa), les Asante, Samori Touré, les Français et Britanniques. En effet, les Nkoransa sont des migrants qui poussent les Mo-Degha de Donkoro Nkwanta vers le Nord-Ouest de Kintampo. Ils subissent également les conséquences des velléités expansionnistes et de dominations des autres forces », a-t-il insisté.

L’AGRICULTURE EST DOMINEE PAR LA CULTURE DE L’IGNAME

Il affirme qu’au « niveau économique, l’agriculture est dominée par la culture de l’igname et la chasse qui sont les principales activités des Mo-Degha. Celles-ci sont secondées par la production céramique tenue exclusivement par les femmes. Les autres occupations des Mo-Degha sont l’artisanat, le filage et la cueillette. Les Mo-Degha ont des traits socio-culturels propres à eux notamment au niveau politique, de la dation de nom, les funérailles, religieux, au niveau de la dénomination des jours, etc. Ceux-ci sont fortement influencés par la culture akan (Bono et asante) et gour (Nafana et Koulango) ».

Cette étude, selon Noumtchè Ouattara, « permet d’affirmer que les Mo-Degha et les Kira sont les populations gourounsi de l’actuelle République de Côte d’Ivoire. Une étude sous l’angle historique de cette population Kira, installée dans l’actuelle région de Bounkani, est donc nécessaire pour comprendre l’évolution de ceux-ci ».

À la fin de la soutenance, le jury constitué entre autres de Martial Jean Koia Kouamé, Professeur titulaire en Sciences du langage à l’UFHB, président du jury, de René Kouamé Allou, professeur titulaire d’Histoire africaine, directeur de recherche à l’UFHB par ailleurs le directeur de thèse etc.

«Le jury après avoir examiné le travail écrit, après avoir écouté le candidat et échangé avec lui estime que monsieur Ouattara Mamadi Noumtchè est digne d’être classé au rang de Docteur en histoire avec la mention très honorable avec félicitations du jury», a conclu le Professeur Martial Jean Koia Kouamé sous les acclamations et les félicitations de l’assistance.

Afriksoir

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