06052020Headline:

COVID-19 : la capitale économique ivoirienne se vide de sa population

La télévision publique ivoirienne, RTI1, a diffusé, jeudi 26 mars 2020, dans le journal télévisé de 20h, un reportage sur les effets induits du coronavirus et les conséquences des innombrables mesures arrêtées par le gouvernement ivoirien sur la vie des populations ivoiriennes. Le moins qu’on puisse dire, la capitale économique ivoirienne se vide de ses habitants. Les gares routières sont pleines de passagers qui désirent retourner dans leurs villages avant l’effectivité de la décision d’interdiction de circuler entre Abidjan et l’intérieur du pays, annoncée par le général Vagondo Diomandé, ministre de la Sécurité et de la Protection sociale, qui démarre, jeudi 26 mars à minuit, mais reporté finalement au 29 mars.

Pour prévenir, avance-t-on, la propagation du covid-19. Encore une grave erreur, une erreur de trop, ce report. Qui rappelle le cas de l’Italie où après la mise en quarantaine de près de 15 millions d’habitants du nord du pays, ceux-ci fuyaient la zone. L’Italie compte 662 nouveaux cas, le 26 mars 2020, portant le nombre de morts à 8165 depuis le début de la pandémie. Autre mesure annoncée : la fermeture des marchés gouro d’Abidjan : lesquelles viennent compléter la batterie des mesures arrêtées depuis l’adresse à la Nation du Président ivoirien, le lundi 23 mars 2020. Il s’agit, entre autre, de l’état d’urgence, du couvre-feu du 24 mars au 15 avril 2020, de 21h à 05h du matin, de la fermeture des maquis, restaurants et débits de boisson ; des salles de cinéma.

Sans oublier l’interdiction des réunions, rassemblements et manifestations sur toute l’étendue du territoire national, du 24 mars au 15 avril 2020. On parle même de confinement graduel de tous les Ivoiriens, pour certainement arriver à un confinement total et général comme l’appellent de leurs vœux, certains Ivoiriens sur les Réseaux sociaux, citant d’autres pays en Europe ou en Amérique, où cela est observé. Les mesures pour endiguer le coronavirus, en Côte d’Ivoire, s’enchainent ainsi, à un rythme effréné. Les unes plus drastiques que les autres. On aurait pu dire : aux grands maux, les grands remèdes. Malheureusement, les cas de covid-19 confirmés, prennent de l’ascenseur, chaque jour. En deux semaines, le pays de l’Eléphant est passé d’un à 80, puis à 96 cas, au 26 mars 2020 ; à en croire Dr Eugène Aka Aouélé, ministre ivoirien de la Santé et de l’Hygiène publique. Sans qu’on puisse réellement expliquer à la population, le pourquoi de cette montée en flèche des cas confirmés en Côte d’Ivoire ; encore moins la provenance desdits cas. Parce que le gouvernement a du mal à expliquer aux Ivoiriens, la mesure suicidaire qu’il a prise de ne pas confiner les voyageurs qui débarquent des pays contaminés, à l’Injs (Institut national de la jeunesse et des sports). Surtout parce que ce site retenu pour les confinements et autre mises en quarantaine des potentiels malades, ne répondait à aucune norme médicale, sanitaire et de vie, selon plusieurs témoignages-vidéos sur les Réseaux sociaux, contrairement à ce qu’avait déclaré le ministère de la santé et de l’Hygiène publique.

Point d’identification (même le bracelet traçable pour chacun), ni de prise de température thermique, de prélèvement pour des tests, encore moins des masques de protection, des points d’eau pour le lavage des mains ou même des solutions hydro alcooliques, selon Marcel Bilé. Cet imbroglio à l’Injs a donc permis à tous ceux qui sont arrivés des pays ayant plus de 100 cas contaminés, de se fondre dans la nature avec tous les risques que cela comporte. Il faut donc craindre le pire, si certains d’entre eux font la maladie, après avoir côtoyé des membres de la famille et des amis, dans les cars de transport, au marché, au maquis, dans le bus… Pourtant, face à toutes mesures et gestion chaotique de la pandémie, c’est avec effroi que les Ivoiriens découvrent chaque jour que les produits de 1ère nécessité et les denrées alimentaires sont hors de prix, au grand dam des consommateurs sans que le gouvernement ne puisse lever le petit doigt. Les cars de transport et les ‘’gbakas’’ sont sommés de réduire le nombre de passagers sans qu’on baisse le litre de carburant. On assiste plutôt et de façon épisodique, à quelques communiqués laconiques des ministres en charge de ces secteurs ; notamment le ministre du Commerce et celui des Ressources animales et Halieutiques, menaçant les vendeurs ‘’véreux’’. Certains préfèrent donc aller vivre dans leurs villages, avec tous les risques de contamination possibles, parce qu’ils n’ont plus confiance ni aux autorités du pays, encore moins à leurs mesures arrêtées et face à la famine qui guettent les populations dont beaucoup vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Cote d’Ivoire today


Avec pdci 24

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