06022020Headline:

« Des fabricants de masques vendent la mort et les utilisateurs pensent être protégés alors qu’ils sont à jamais exposés au virus », Dr Konaté Vassiliki

Face à la montée vertigineuse de la pandémie du Covid-19, les industriels du domaine du textile donnent de la voix. Pour freiner la propagation du virus, Dr Konaté Vassiliki, président des Industriels du textile promet de mettre sur le marché plus de 60 millions de masques conventionnels en accord avec le gouvernement.

FACE À LA PANDÉMIE, QUE PRÉCONISEZ-VOUS DANS LA CONFECTION DES MASQUES ?
Pour résoudre la première équation, c’est-à-dire réduire l’espacement de 20 microns pour ne pas que le virus puisse passer, il faut absolument réduire l’espacement entre les fibres en dessous de 3 microns, parce qu’au-dessus de 3 microns, le virus va passer. Nous avons réfléchi longuement avec plusieurs experts européens et locaux spécialistes en textile, pour résoudre cette première équation. Nous avons utilisé un certain nombre de spécifications de matériaux qui sont disponibles dans notre environnement à savoir certaines colles qui vont réduire l’espacement laissé par les fibres en les collant pour la réduction de l’espacement. Donc, nous avons trouvé la formule de colle à partir de choses basiques de notre environnement pour la confection des masques en dessous de trois microns.

La deuxième équation, c’est de faire en sorte que le tissu ne s’étende pas quand on a lavé le masque pour laisser passer le virus. Ce traitement est spécifique et il obéit à un certain nombre de règles textiles. Donc il existe des machines pour traiter les tissus pour qu’il ne se déforme pas. Il faut ensuite s’assurer que la colle au repassage ne change pas. Il y a donc un système appelé flambeuse qui permet de s’assurer que la colle ne disparaitra pas après lavage et il permet de consolider le lien entre les fibres de tissus et la colle en question. Ayant réussi ces deux expériences, après multiples lavages, nous avons constaté que le tissu gardait ses caractéristiques auprès de plusieurs laboratoires. Alors aujourd’hui, nous sommes en mesure de faire un masque. C’est le lieu de dire et d’interpeller nos concitoyens. Il y a des gens qui, par gentillesse ou par élégance disent j’ai un ami qui peut faire des masques, donnez-moi un peu on va le faire. C’est bien, c’est déjà quelque chose, mais pour que le masque soit une barrière, le tissu ou le support en question doit répondre à certaines exigences spécifiques. N’importe quel tissu ne peut pas servir à fabriquer un masque.

EN CLAIR, VOUS VOULEZ DIRE QUE LES MASQUES ARTISANAUX CONFECTIONNÉS PAR DES COUTURIERS ET VENDUS DANS LES RUES NE SONT PAS CONFORMES ET NE CONSTITUENT PAS UNE BARRIÈRE CONTRE LE COVID-19 ?
N’importe quel tissu ne peut pas résoudre le problème. Aujourd’hui, nous sommes peut-être les seuls à pouvoir fournir au marché sous régional, un tissu capable d’empêcher la circulation du virus. Nous avons voulu nous assurer aussi car en tant que technicien, PDG, président des Industriels du textile, ma responsabilité aurait été grande si je prends conscience de ce qui se passe et que je garde le silence, nos compatriotes seront désorientés. Ils penseront que n’importe quel tissu peut servir de masque ? Ce n’est pas possible.

VOUS ÊTES DONC CAPABLE DE FOURNIR ASSEZ DE MASQUES POUR VOS CONCITOYENS ET POUR LA SOUS-RÉGION ?
Le seul facteur limitant ne sera pas la fabrication du support textile mais la confection, parce qu’une chose est de faire le tissu et une autre la confection. Si nous voulons approvisionner l’ensemble de la sous-région, il faut impliquer tout le monde dans l’action, chacun à son niveau. Les usines de filature et de tissage pourront faire une partie dans leurs usines mais ramèneront le stock à COTIVO absolument pour le traitement sur le tissu qui ne peut se faire nulle part ailleurs.

EST-CE QUE VOUS AVEZ APPROCHEZ LES AUTORITÉS POUR DES PROPOSITIONS CONCRÈTES DE FABRICATION DES MASQUES ?
Dès que nous avons constaté que nous étions en mesure de fournir un tissu synthétique de masse capable d’être des masques barrières, nous avons approché les autorités compétentes en la matière et monsieur le Premier ministre a pris à bras le corps cette affaire pour que les différents tests soient réalisés. Il a donc donné un accord favorable. Le Premier ministre a instruit ses équipes et bientôt nous aurons les commandes et aussitôt nous mettrons à la disposition de nos concitoyens par semaine 1million de masques et passer après à 3 millions par semaine. Nous avons déjà de la matière pour 60 millions de masques dans un premier temps et nos masques auront une certaine douceur sur les visages. Faire des masques barrières et être dans l’impossibilité de respirer, ce n’est pas normal. Nous n’avons rien contre les autres masques mais en pensant rendre service, certains fabricants de masques vendent la mort et les utilisateurs pensent être protégés alors qu’ils sont à jamais exposés au virus, donc à la mort.

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