02082023Headline:

Il sauve des bébés avec ses couveuses à moindre coût au Cameroun

Serge Njidjou a réinventé la couveuse, moins chère et adaptée aux conditions locales, pour sauver les bébés de son Cameroun natal.

Un bébé qui nait prématurément est extrêmement fragile et le problème, c’est que les couveuses sont hors de prix et mal-adaptées aux réalités des hôpitaux Africains.

” Quand un occidental fabrique la couveuse, personne n’imagine une maternité qui est à 40 degrés”, affirme Serge Njidjou, enseignant-chercheur à l’université de Dschang et inventeur de la couveuse made in Cameroun.

Selon l’organisation mondiale de la Santé, plus 60 pourcent qui naissent dans le continent africain et en Asie sont des prématurés.

Au Cameroun, selon une note d’information publiée en juin 2022 par le Ministère de la santé, le taux de mortalité néonatale est passé de 32 à 28 décès pour 1000 naissances. Ces statistiques concernent la période 2011-2018.

On sait que la prise en charge de bébés prématurés nécessite un plateau technique élevé, notamment des couveuses performantes. Seulement force est de remarquer qu’en Afrique Subsaharienne, les couveuses sont électriques. Ce qui est à l’origine de morts de nombreux bébés prématuré à cause de la récurrence des délestages.

Pour résoudre l’épineux problème, Serge Njidjou a inventé une couveuse « smart ».

« On a créé la couveuse, suite à un incident . Un matin, en suivant les informations, nous avons appris qu’une dame avait perdu ses bébés. 5 je pense. L’information devient virale et fait le buzz au Cameroun. Comme on faisait des incubateurs pour volaille, on sait dit pourquoi pas fabriquer une couveuse.»

L’invention d’un tel matériel médical, innovant et adapté aux nouvelles technologies nécessite des moyens financiers colossaux. Malheureusement, le fondateur de l’agence universitaire pour l’innovation et son équipe ne disposaient pas de budget suffisant pour réaliser le projet. Alors il on fait avec les moyens du bord.

La couveuse néonatale est dotée de concepteur pour optimiser l’énergie pour qu’elle puisse marcher au solaire. L’appareil intègre des capteurs qui transmettent toutes les alertes sur le smartphone du médecin en charge de surveiller le médecin prématuré.

« On n’avait pas les moyens nécessaire pour acquérir le matériel adapté. Donc on s’est lancé avec notre actif disponible comme par exemple des tôles, du verre entre autre… et nous avons fabriqué notre première couveuse. »

La plus part des couveuses néonatales importées ne sont pas souvent adaptées au contexte énergétique de l’Afrique. En majorité, elles fonctionnent à l’électricité. De ce fait une coupure de courant ou encore une baisse de tension peut être fatal pour les bébés prématurés.

« C’est un dispositif qui permet de prendre les prématurés, et de les emmener à maturité, en étant dans les conditions similaires aux conditions dont ils auraient dû bénéficier dans le ventre de sa maman. Parce que la nôtre est techniquement enracinée dans le contexte africain, nous y ajoutons certains attributs, certaines fonctionnalités, qui nous semblent importantes en Afrique.”

Les couveuses fabriquées à l’étranger ont des coûts onéreux. Dans les sites de vente les prix varient entre 3000 et 7000 euros. Alors que celles fabriquées au Cameroun sont vendues à 2900 euros.

La couveuse solaire a sauvé la vie à beaucoup de bébés prématurés au Cameroun.

La satisfaction des mamans des enfants prématurés

” Les médecins m’ont rassuré. La couveuse néonatale a un relais électrique. Le fait de pouvoir voir depuis ma chambre mon bébé à tout moment par le biais de mon téléphone portable est juste magnifique. ”

« Il m’arrive de passer dans la rue. Des mamans m’interpellent pour me dire que leur bébé est passé à l’hôpital régional de Bafoussam. Et que leur enfant se porte bien grâce à la couveuse. Je ne peux pas décrire ce moment. Le maitre mot est gratitude ! » s’exclame Serge Njidjou.

La couveuse néonatale est dotée de concepteur pour optimiser l’énergie pour qu’elle puisse marcher au solaire. L’appareil intègre des capteurs qui transmettent toutes les alertes sur le smartphone du médecin en charge de surveiller le médecin prématuré.

Les mamans des bébés ont aussi la possibilité de rester en contact avec leur enfant via leur téléphone portable. Une option bien appréciée par Nadine Magnie. Son enfant prématuré a bénéficié des soins de la couveuse néonatale solaire.

« J’ai accouché prématurément. A sept mois. Heureusement, que j’ai été prise en charge à l’hôpital de Bafoussam. Le centre hospitalier a un plateau technique élevé, notamment détient des couveuses néonatales solaires. J’avoue que j’étais un peu sceptique par rapport aux couveuses. J’avais peur qu’elles ne soient pas de bonne qualité. Heureusement je suis agréablement surprise. J’appréhendais les coupures d’électricité. Chez nous, elle peuvent durer 30 minutes. Quand on a un bébé en couveuse, il est normal de s’inquiéter. »

« Les médecins m’ont rassurée. La couveuse néonatale a un relais électrique. Le fait de pouvoir voir depuis ma chambre mon bébé à tout moment par le biais de mon téléphone portable est juste magnifique. Je dois rappeler que mon état de santé ne me permettait pas de me déplacer. Cette couveuse est juste innovante. Je rends grâce à Dieu d’en avoir bénéficié. »

Ce genre d’innovation doit être vulgarisé partout au Cameroun, surtout en zone rurale où les femmes qui accouchent de bébés prématurés rencontrent d’ énormes difficultés.

C’est l’avis du Docteur Joséphine Fokam, Directrice de la Clinique SOS Ouest Santé.

« J’ai eu le privilège de travailler en zone rurale et en zone urbaine, et je peux donc me targuer d’avoir une maitrise assez poussée dans le domaine de la néonatalogie, ayant travaillé toute ma carrière dans les services de maternité et de gynécologie. »

“J’ai vu des femmes mourir à l’accouchement parce qu’elle n’avait pas certaines informations”

Le Dr Fokam partage néanmoins quelques préoccupations : “Quand je vois le gabarit de cette couveuse, et on sait qu’il y a encore des zones enclavées ou même les voitures ne peuvent pas arriver, est-ce que ce n’était pas un peu plus judicieux de miniaturiser, pour que même à moto, on puisse évacuer les prématurés. Comment pouvoir la transporter même dans des zones où il faut d’abord marcher beaucoup à pied, pour arriver là où on peut trouver une moto, avant d’arriver là où on peut trouver une voiture ? »

Inventer une couveuse néonatale hybride de dernière génération adaptée aux réalités socio-économiques de l’Afrique nécessite des moyens financiers énormes.

“Pour le moment on s’est adapté à la contrainte de production. On n’est pas sorti de la gamme de production de nos couveuses standards. On a juste enlevé ce qui n’est vraiment pas indispensable, et on a optimisé au niveau de l’énergie. Il faut que le bébé reste dans un confort acceptable. C’est vrai qu’avec d’autres matériaux plus légers, plus compacts… mais vous voyez que ça demande de sortir de notre gamme de production actuelle, ce qu’on va faire certainement, si le marché était appelé à se développer.”

Assurer la demande nationale et pourquoi pas exporter dans les autres pays du continent n’est pas une mince affaire, estime l’inventeur : « C’est vrai que c’est une préoccupation forte, parce que même en se battant pour être à peu près à 60% du prix d’une couveuse classique, on est conscients que pour les petits centres de sante que nous visons, c’est encore cher”.

Il commercialise la couveuse classique autour de 2 millions de francs CFA. Il estime le coût de la couveuse de transport entre 1,2 et 1,4 millions de francs CFA.

L’invention de l’ingénieur camerounais Serge Njidjou, a remporté de nombreuses consécrations.

Le Cameroun dispose de moins de 200 couveuses, pour plus de 90.000 naissances annuelles. Des chiffres avancés par l’UNICEF. On peut dire l’invention de la couveuse vient à son heure.

Nul doute pourquoi l’invention de l’ingénieur camerounais Serge Njidjou, a remporté de nombreuses consécrations.

En 2018, le prix spécial du chef de l’état pour l’innovation parmi les 100 innovations mondiales les plus prometteuses.

En mai 2022, on lui a décerné le prix le plus innovant pour les femmes initié par l’agence française de développement .

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