05252022Headline:

Maurice va abriter un centre pour faire face à la cybercriminalité en Afrique

Maurice a été choisi pour abriter le hub africain de cyber-résilience. Le lancement de ce programme a eu lieu lundi ouvrant une conférence de quatre jours sur le thème : « Critique pour un développement fiable de l’espace numérique sur le continent ». Ce centre africain est destiné à former des expertises africaines pour se protéger des risques de cyberattaques de toutes sortes.

Depuis début 2022, Maurice a enregistré près de 1 100 incidents dans son cyberespace sous une dizaine de formes. Il s’agit plus particulièrement de piratages d’arnaques, de « sextorsion », d’usurpation d’identité, de fraudes, et d’utilisation de logiciels malveillants. Le risque n’a cessé de croître avec une hausse de 40% de l’usage des services numériques depuis la pandémie.

Rajnish Hawabhai, directeur technique au ministère de la Technologie, de l’Information, de la Communication et de l’Innovation, a constaté des cyberattaques de nature à porter préjudices à l’économie. « On peut voir qu’il y a des entreprises qui ont été mises en danger pendant un certain temps. Nous avons constaté des attaques sur les services de l’État. C’est quelque chose qui est constant, comme partout ailleurs. »

Pour que Maurice se classe 1er en Afrique et 17e mondial en termes de cybersécurité, nous avons mis en place beaucoup de choses. Nous avons mis en place notre nouvelle législation. Nous avons fait ce qu’on appelle en anglais un SOC, “security operation center”.

Les attaques sont constantes et différentes d’un pays à l’autre. Sur le continent, les transactions bancaires via mobile sont les plus ciblées par les arnaqueurs et pirates en ligne. « Pour plusieurs pays, le problème majeur est la fraude via le téléphone mobile. Chaque pays a sa réalité. Pour Maurice, c’est le tourisme qui peut être est ciblé », explique Hannes Krause, coordonnateur du projet Cyber Resilience en Afrique en poste à Maurice.

Face au risque de cyberattaque, les utilisateurs doivent se poser un certain nombre de questions en accédant à des services en ligne. « Est-ce qu’ils protègent bien leur téléphone ? Est-ce qu’ils protègent bien leurs mots de passe ? Est-ce que les services bancaires qu’ils utilisent avec leur téléphone mobile sont fiables ? Est-ce qu’il y a une identification à deux niveaux pour être sûr que la bonne personne accède à ses documents ? » se demande Merilli Soosalu, qui pilote les projets régionaux de Cyber Resilience de l’Union européenne.

Pour cette Estonienne, dont le pays a été victime de cyberattaques massives en 2007, tous les États africains doivent se préparer contre ce risque. La cyber-résilience implique, précise-t-elle, une mise à jour constante des systèmes, des infrastructures, des lois et des expertises numériques dans les pays respectifs.

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