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Quarantaine avortée à l’INJS en Côte d’Ivoire: « Je n’ai jamais donné l’ordre de libérer qui que ce soit », Gon Coulibaly

Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, homme de confiance du Président Alassane Ouattara, refuse obstinément de reconnaître son erreur dans l’échec de la mise en quarantaine des 1213 voyageurs à risque de l’INJS, conformément aux mesures édictées par le Conseil national de sécurité (CNS) dans la lutte contre le Coronavirus.

Répondant à un internaute sur sa page officielle Facebook le mardi 24 mars 2020, le chef du gouvernement et candidat déclaré du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) pour la présidentielle de 2020, a nié avoir donné l’ordre de libérer certains voyageurs provenant de pays ayant plus de cent cas confirmés au coronavirus.

« Bonjour Monsieur, je n’ai jamais donné l’ordre de libérer qui que ce soit. Lorsque j’ai appris que certains voyageurs n’avaient pas respecté les mesures de mise en quarantaine prévues à leur arrivée à l’aéroport FHB, j’ai immédiatement donné des instructions pour exiger que les familles concernées prennent toutes les dispositions nécessaires pour leur confinement à leur domicile », a-t-il réagi fermement.

« j’ai immédiatement donné des instructions pour exiger que les familles concernées prennent toutes les dispositions nécessaires pour leur confinement à leur domicile »

GON ET L’AUTO-CONFINEMENT
Alors qu’il y a quelques jours, Amadou Gon Coulibaly avouait à demi-mot sur son compte Twitter cette erreur qui avait suscité une indignation générale en Côte d’Ivoire. Obligeant certains mis en cause à se confondre en excuses publiques. Contrairement donc à ce que le Premier ministre tente de faire croire à travers cette volte-face, personne ne dit qu’il a demandé que les gens quittent l’aéroport ou refusent la quarantaine.

On lui reproche simplement qu’il n’aurait jamais dû donner d’instruction pour légitimer la violation d’une mesure présidentielle. « Quand un citoyen est en faute, on le sanctionne, on ne l’accompagne pas dans sa faute. C’est ce qu’a fait Gon en optant pour l’auto-confinement des voyageurs à risque qui s’étaient soustraits de l’aéroport », estiment certains observateurs.

Il était plus simple de rappeler la dizaine d’élites (enfants Bictogo, enfant Ahoussou, épouse Donwahi, Jacques Anouma, famille A’salfo, Max Gradel…) à l’INJS, si possible pour une quarantaine VIP, car ils ne sont nullement supérieurs aux autres qui y étaient, que de libérer les 1213 passagers à risque pour ne pas donner l’impression de favoriser un camp.

ALASSANE OUATTARA, ADRESSE À LA NATION
Mieux, en sa qualité de chef du gouvernement, il aurait pu faire ouvrir une enquête pour situer les responsabilités vu que les conditions de mise en quarantaine imposaient des mesures de sécurité et de surveillance censées avoir été renforcées. Malheureusement, l’on a assisté à un mutisme bavard du gouvernement parsemé ça et là par des sorties mal orchestrées visant visiblement à se dédouaner plutôt qu’à exposer la réalité des faits en vue de satisfaire les nombreuses interrogations des ivoiriens.

« Nous sommes tous égaux devant la loi et devant la maladie. Je n’accepterai pas que cela se reproduise à nouveau »

Il a fallu que le Chef de l’Etat Alassane Ouattara, dans une adresse à la nation, le lundi 23 mars 2020, monte au créneau, en désavouant publiquement son poulain sur « ces actes d’exception de mise en quarantaine », pour que celui-ci prenne la pleine mesure de sa faute. « Nous sommes tous égaux devant la loi et devant la maladie. Je n’accepterai pas que cela se reproduise à nouveau », a fustigé Alassane Ouattara. Un recadrage qui a été bien accueilli par les Ivoiriens, même si pour certains, il arrive en retard.

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