12092022Headline:

Spirales anti-moustiques : réussite d’un entrepreneur chinois en Afrique

Les spirales anti-moustiques chinoises séduisent l’Afrique
Découvrez les secrets de la réussite d’un entrepreneur chinois en Afrique, avec un produit tout simple, les spirales anti-moustiques. Il a su s’impliquer personnellement, investir suffisamment, trouver les équipes locales et acquérir une bonne connaissance du terrain et des modes de consommation.[1].

A partir de 2010, les entreprises d’État chinoises se sont progressivement implantées en Afrique, en se concentrant principalement sur l’exploitation minière, l’énergie, la construction, le transport et d’autres industries lourdes. Par la suite, certaines sociétés privées ont commencé à appliquer en Afrique leur propre expérience réussie en Chine. Un exemple typique est Transsion qui est devenue la plus grande marque de téléphones mobiles en Afrique. Le navigateur web Opéra, du groupe Kunlun Wanwei Technologies, rencontre aussi un grand succès sur le continent.

Ces possibilités de business en Afrique se sont étendues dans le domaine des biens de consommation courants les plus traditionnels et inattendus. Un entrepreneur chinois du nom de Li Faxing (李发行) a créé sa propre marque en Angola dans l’industrie des serpentins anti-moustiques. Avec une équipe de moins de 50 personnes, il a occupé près de 40 % du marché local angolais puis est entré avec succès dans les marchés en Sierra Leone, au Kenya, en Afrique de l’Est, en Afrique du Sud et ailleurs, avec un chiffre d’affaires annuel dépassant 100 millions de yuans (14.4 millions d’euros).

L’itinéraire original de Li Faxing
Depuis 2003, sous l’impulsion du boom commercial sino-africain, le nombre d’Africains se rendant à Guangzhou (ou Canton), capitale de la province de Guangdong, dans le sud de la Chine, a augmenté de 30 à 40 % chaque année. Il y eut à un moment donné plus de 300 000 Africains à Guangzhou, que l’on a alors appelé la « Petite Afrique ».

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Li Faxing est allé à Shenzhen, la grande ville du développement économique proche de Guangzhou où il a eu des contacts avec des amis africains. A cette époque, il fut inspiré par un article sur les efforts de la Chine pour développer le commerce extérieur en Afrique après son adhésion à l’OMC. A l’occasion d’une enquête menée sur les marchés africains, il passa huit mois en Afrique en 2007, acquérant une meilleure compréhension de la culture et des modes de consommation locaux.

Lors d’un voyage d’affaires en Afrique, Li Faxing fut impressionné par un petit objet très banal dans sa valise : une boîte de serpentins anti-moustiques ! En raison du temps chaud et des forêts tropicales denses, il y a beaucoup de moustiques en Afrique. Bien que la population locale utilise l’absinthe et d’autres herbes pour repousser les insectes, l’effet n’était pas très efficace. Par conséquent, le paludisme est répandu en Afrique et affecte très sérieusement les habitants. Li Faxing a été très touché par cette situation endémique.

En fait, le paludisme n’est pas aussi nocif que d’autres épidémies, comme la Covid, qui sévissent encore dans le monde entier. En effet, il suffit de tuer les moustiques pour couper sa voie de transmission, ce qui peut réduire considérablement le risque d’infection. Avec certaines méthodes efficaces, le paludisme peut être complètement éradiqué.

« Pour les Africains, tuer les moustiques est une nécessité. Les serpentins anti-moustiques sont donc une affaire d’avenir en Afrique », a estimé Li Faxing. « Au début, raconte-t-il, de nombreux Chinois ont vu les opportunités commerciales : ils ont sélectionné des marchandises dans le marché en gros de Yiwu (ville chinoise dans la province du Zhejiang, connue pour la fabrication et les ventes en gros de produits de consommation quotidienne), puis les ont expédiés en Afrique, avec de très bons résultats ».

Cependant, Li Faxing a cherché une opportunité plus durable : puisque le commerce des serpentins anti-moustiques est assuré pour des décennies en Afrique, pourquoi ne pas créer une marque africaine similaire à la marque chinoise très connue, « China Libai » (中国立白) ?

La Chine dans les années 1980 connaissait une situation de consommation très similaire à celle que connaît aujourd’hui l’Afrique. Li Faxing était donc optimiste : aller en Afrique pour démarrer une entreprise équivaut, selon lui, à « voyager » en Chine dans les années 1980. En outre, la chaîne d’approvisionnement de la Chine est très développée aujourd’hui et l’industrie des serpentins est très mature, tandis que la logistique transfrontalière n’est pas difficile. « Le créneau des serpentins anti-moustiques n’était pas stratégique pour les investisseurs internationaux, ce qui me donnait l’espace d’agir », indique encore Li Faxing avec sourire.

Fin 2012, après de nombreuses études de marché, Li Faxing a finalement décidé de se rendre en Afrique pour vendre des spirales anti-moustiques. De manière inattendue, il y reste pour 10 ans. Aujourd’hui, il a établi sa propre base de vente en Angola, et sa marque occupe près de 40 % de la part de marché locale. Il a ensuite étendu ses affaires au Kenya, en Sierra Leone, en Afrique de l’Est, en Afrique du Sud et ailleurs, avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 100 millions de yuans (14.4 millions d’euros).

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