01212022Headline:

Un élément de la CRS écroué à la MACA depuis 12 ans sans procès

L’affaire remonte au 6 mai 2009, le jour où le jeune magistrat, Sioblo Tia Serge, substitut du procureur de la République est abattu froidement à la cité Caféier de Yopougon-niangon par une bande de ripoux amenée par un certain Gnaly Ouraga Parfait. La nouvelle de l’assassinat du magistrat fait le tour du pays et crée bien évidemment de l’émoi au sein de la grande famille de la justice ivoirienne. Une enquête aussitôt ouverte permet à la police criminelle de démanteler cette bande de criminels au nombre de douze.

Et justement, c’est à ce niveau de l’enquête que le chemin du sergent de police EDI DIMITRI en service à la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) va rencontrer celui des braqueurs. Proche, dit-on, du chef de gang, Gnaly Ouraga Parfait, le sergent de police EDI DIMITRI est soupçonné d’avoir prêté l’arme (une kalach) qui a servi à l’opération criminelle ayant conduit à l’assassinat du substitut du procureur de la République. Celui-ci est donc interpellé et mis sous mandat de dépôt en mai 2009.

Transféré à la prison civile de Yopougon, cela fait aujourd’hui douze (12) ans que EDI DIMITRI croupit à la Maca, sans aucun procès qui pourrait éventuellement le situer définitivement sur son sort. L’ONG ” Sauvons Notre justice ” basée à Bruxelles et qui s’intéresse au dossier du jeune policier évoque une détention abusive. Sans chercher à disculper EDI DIMITRI dans cette affaire meurtre, cette ONG de défense des droits des prisonniers rappelle tout simplement que conformément aux articles 166 et 167 du code pénal ivoirien, les délais de détention préventive en Côte d’Ivoire sont de 18 mois minimum et 24 mois maximum.

Passé ce délai requis par la loi, cela revient à une détention préventive abusive. Soit, EDI DIMITRI est jugé pour ce qui lui est reproché et il en assume les conséquences, soit, il est remis en liberté. Mais 12 ans de détention, sans procès, n’honore pas la justice ivoirienne. Encore moins, ceux qui en sont les animateurs.

P. L

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