05262022Headline:

Une semaine de haute tension sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem

Voilà une semaine que de jeunes Palestiniens rejouent la bataille de Fort Alamo dans la mosquée d’Al-Aqsa, au cœur du troisième lieu saint de l’islam, l’esplanade des Mosquées. Chaque nuit, ils s’y barricadent pour affronter la police israélienne avant l’aube. Vendredi 15 avril, les images de ces forces pénétrant dans la mosquée, alignant ces jeunes gens sur les tapis, ont fait le tour de la planète. Elles n’y sont plus entrées depuis, mais elles ont blessé plus de 200 Palestiniens en une semaine sur l’esplanade, dont des personnes âgées et des journalistes, suscitant une indignation qui ne faiblit pas dans le monde musulman.

Les Emirats arabes unis, qui ont normalisé leurs relations avec Israël en 2020, ont porté le premier coup de canif depuis les accords d’Abraham de 2020, en convoquant l’ambassadeur israélien. La Jordanie, gardienne des lieux saints, condamne vivement ces opérations de police. Les Etats-Unis ont dépêché un envoyé du département d’Etat pour appeler à la « désescalade », à l’unisson des Nations unies. Voilà que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, 86 ans, se trouve une nouvelle fois tiré de son isolement pour les besoins du dialogue diplomatique.

En cette semaine où les Pâques juive et chrétienne coïncident, pour la première fois depuis 1991, avec le mois saint musulman de ramadan, le gouvernement israélien est fragile. Privé de sa majorité au Parlement, début avril, il se doit de réagir avec assurance à une série d’attaques terroristes, menées dans des villes israéliennes par des Palestiniens isolés, qui ont fait 14 morts entre le 22 mars et le 7 avril.

Les assiégés volontaires d’Al-Aqsa provoquent la police. Des vidéos les montrent jetant des pierres en direction du mur des Lamentations, vestige du second Temple, en contrebas de l’esplanade des Mosquées. Ils cherchent la confrontation. Les correspondants militaires de la presse israélienne les estiment instrumentalisés par le Hamas.

Israël prétend pour sa part assurer la liberté de culte, y compris pour les musulmans. Mais l’enceinte d’Al-Aqsa est un lieu politique. Elle est le cœur de l’identité palestinienne. En temps normal, ses jardins somptueux sont le dernier espace public où les Palestiniens de la Ville sainte peuvent se réunir, presque hors de l’emprise d’Israël. L’Etat juif ne peut décider quelle forme prend la résistance à son occupation des territoires, qu’il maintient depuis 1967, alors que le gouvernement de Naftali Bennett ne s’estime plus tenu de proposer la moindre perspective pour en finir.

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