12152018Headline:

Affaire audit judiciaire de la Fifa: Les ratés d’une procédure

Le président de la Fif, Sidy Diallo et l’émissaire de la Fifa, Veron Mosengo
L’affaire qui agite le football ivoirien ces jours-ci, et qui est en fait une poussée de fièvre dans la crise au long cours à laquelle ce football est confronté depuis le 29 décembre 2017, ressemble à une scène sortie d’un polar. Des auditeurs débarquent dans une fédération de football, tentent de fouiller en un tour de main dans les affaires de cette fédération, mais s’en trouvent contrariés sur la base de leur propre ordre de mission puis sont poliment priés de s’en remettre à leurs mandants.

Ce film rocambolesque est malheureusement la conséquence des ratés d’une diplomatie de condescendance menée par la Fédération internationale de football (Fifa) depuis qu’elle a été saisie par une des parties dans cette crise. Parce que, depuis la réunion du 20 mars 2018 à Zurich jusqu’à l’arrivée des auditeurs ce lundi 14 mai, la Fifa a choisi d’avancer masquée dans cette affaire. Elle a pris le parti d’user de perfidie et de dissimulation. A Zurich, elle aurait dû clairement mettre la question de l’audit sur la table de discussion parce que tout le monde savait que le groupe dit du GX s’était rendu à cette rencontre avec une batterie de revendications, dont l’audit de la gestion de la Fif. Elle ne l’a pas fait.

Au sortir du conclave, pendant qu’elle rassurait les dirigeants fédéraux de ce qu’il n’était nullement question d’audit dans cette crise, la Fifa promettait en sous-main une telle procédure aux frondeurs de sorte qu’une fois revenus à Abidjan, ceux-ci n’ont pas mis de temps à l’annoncer comme un acquis. Pourquoi une telle ruse de la part de la faîtière ? Tout simplement parce que la Fifa sait qu’elle est en train de transgresser ses propres règles et toute une tradition qui, jusqu’à ce jour, a fait sa réputation. On n’a jamais vu la Fifa aller en guerre contre l’une des associations nationales, dont elle est la faîtière, sur le fondement d’une crise interne. Soucieuse de ne pas voir les Etats s’immiscer dans le choix des dirigeants fédéraux et de leur gestion, la Fifa est plus d’une fois allée en croisade contre toute irruption des pouvoirs publics dans le football.

Dans le cas ivoirien, alors qu’il n’y a aucun acte d’immixtion de l’État de Côte d’Ivoire qui, d’ailleurs, à travers l’Inspection générale d’État, a déjà certifié les comptes de la Fif, c’est la Fifa elle-même qui monte en première ligne contre une association nationale. Est-ce pour faire jurisprudence? Le prétexte de l’audit des fonds Forwards qui résume toute la gêne de cette institution à croiser ouvertement le fer pour un camp contre un autre est assez symptomatique de ce qu’elle s’est engagée dans une procédure contestable et condamnable. Son silence face aux deux courriers de la Fif à l’effet de s’entendre expliquer la nature et le fondement de l’audit judiciaire le prouve éloquemment.

On reproche à la Fif de ne pas accepter l’audit judiciaire avec les 14 points annoncés alors qu’elle clame qu’elle n’a rien à cacher. Mais comment la Fif accepterait-elle raisonnablement une chose pareille de la part de la Fifa ? Dans sa volonté de dissimulation, la Fifa espérait profiter d’un audit des fonds Forward qui relève de ses textes pour s’offrir un champ d’investigation qui n’entre nullement dans ses compétences. Elle voulait faire d’une pierre deux coups et réaliser ce qu’on appelle dans le jargon ivoirien un ”maga taper”. Elle a été prise la main dans le sac.

 

linfodrome.com

 

 

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