12142017Headline:

Cheick Cissé« Actuellement, je suis N°1 mondial « Le gouvernement ivoirien a commencé à comprendre que ce n’est pas seulement le football .. »

Ambassadeur Qnet, le champion olympique, Cheick Cissé a dignement été célébré à Dubaï lors du 19ème anniversaire (du 07 au 10 septembre 2017) de Qnet. À cette occasion, Cheick Cissé s’est confié à Linfodrome. Des secrets de ses victoires en passant par ses challenges à venir et la politique sportive ivoirienne, l’Ambassadeur Qnet désormais basé en Espagne grâce à une prise en charge présidentielle nous dit tout.

À quand remonte ton histoire avec Qnet au point que la multinationale vous nomme Ambassadeur ?

L’histoire a démarré avec mon père qui travaillait beaucoup avec Qnet. Mais comme en ce moment nous étions encore petits, il a voulu qu’on se concentre sur les études. Cependant, il a donné un pendentif à mon frère et moi. Je devais être en terminale. J’étais beaucoup attaché à cette chaine. Je ne la quittais jamais et j’ai pu décrocher le Bac. Et en 2013, j’ai commencé ma carrière sportive. Pendant mes combats, les invitations à des cérémonies, enfin partout, j’avais toujours la chaîne. Pendant que mes amis portaient des chaines en argent, moi je portais toujours mon pendentif. Et même quand ça se salissait, je le portais toujours. J’étais vraiment attaché au pendentif.

 

Je ne comprenais pas pourquoi mais que ce soit à l’école ou dans les cérémonies, je l’avais toujours au cou. Même pendant les compétitions, avant de monter sr le podium, j’avais mon pendentif. Souvent avant de monter, je l’enlève pour le donner à mon coaching au vu de tout le monde. Coïncidence ou pas, je gagnais toujours mes combats. Et je n’ai pas mis le temps que mes amis ont mis pour gravir les échelons. Aussi, depuis 2013 où j’ai véritablement commencé, j’ai vite gravi les échelons jusqu’à ce que je sois champion olympique. Mes amis et ceux qui me suivent ont commencé à s’imaginer des choses comme quoi, c’est mon pendentif qui me faisait gagner mes combats. Certains disaient ouvertement que mon pendentif était du fétiche, mon « kappa ». Mais pour ne pas briser le mythe, je donnais l’impression que c’était ce qui me donnait mes victoires. Toutefois, au fond de moi, je croyais en mon pendentif.

 

Reconnaissez-vous que quelque part que ce pendentif vous a permis de glaner des victoires ?

Évidemment ! C’est en quelque sorte psychologique. Souvent quand je n’avais pas la chaine avant d’aller en compétition, j’étais un peu démoralisé. Même si aujourd’hui, je n’étais pas Ambassadeur Qnet, j’allais toujours continuer à avoir ma chaine. Quand j’ai ce pendentif, personnellement, avant les compétitions, j’ai moins de stress. Et je suis le seul athlète dans l’équipe qui est le moins stressé lors des compétitions. C’est un peu résumée mon histoire avec Qnet.

 

À 24 ans, vous êtes champion olympique. Comment vivez-vous ce titre qui est le seul de l’histoire de la Côte d’Ivoire dans une telle compétition ? Le ressentez-vous souvent comment un fardeau ?

Le fardeau a toujours été là depuis longtemps, dès l’instant où j’ai commencé à pratiquer ce sport au haut niveau. Dieu merci, on a su le tenir jusqu’à aujourd’hui et jusqu’à décrocher une médaille d’or olympique. C’est une très grande responsabilité à 24 ans pour moi avec ce titre de champion olympique. Je pense qu’étant donné que je pratique un sport de combat, j’ai un mental préparé à tout ça. Je compte donc tenir la dragée haute jusqu’à ce que ma retraite n’arrive. Toutefois, c’est pour moi un réel plaisir d’être aussi Ambassadeur Qnet après que cette multinationale ait sponsorisé Manchester City où évolue Yaya Touré. Comme quoi le karaté est une discipline qui intéresse de plus en plus. Et je pense sincèrement que j’ai été choisi comme Ambassadeur parce que Qnet vise l’excellence.

Qu’est-ce que ce titre d’Ambassadeur Qnet vous rapporte concrètement ?

Ce titre me donne davantage de notoriété. Qnet qui est avec Manchesty City et qui vient aussi de se mettre avec Cheick Cissé, cela montre un peu le niveau que j’ai aujourd’hui.

 

Au-delà de la notoriété, qu’est-ce que ce titre vous rapporte sur le plan financier ?

Soyez rassuré, il y a une contrepartie financière vu que j’ai un agent et un staff qui s’occupent de ce genre de choses pour moi. J’ai été avec Qnet début 2010 sans argent et donc je pense que ce contrat vient en quelque sorte me récompenser de tout ce que j’ai fait auparavant pour la société. Sinon, même si on n’avait pas de contrat, j’allais toujours continuer à porter leur pendentif. Pour le montant, souffrez que je ne vous le dévoile pas.

 

Quelle est donc votre mission ?

La mission c’est de représenter  à tout moment la marque pendant les compétitions et jouer pleinement le rôle traditionnel d’un Ambassadeur pour une marque. La preuve, je me retrouve à Dubaï dans le cadre de la célébration du 19ème anniversaire de Qnet. Le contrat est d’un an renouvelable.

 

Il y a quelques temps, vous aviez eu des brouilles avec la fédération d’athlétisme pour avoir fait une publicité qui n’aurait pas été de leur goût. Aujourd’hui, en vous mettant avec Qnet, vous ne pensez pas faire resurgir ces mêmes problèmes ?  

Moi, personnellement, il n’y a pas de problème pour moi. La fédération nous a reproché peut-être quelque chose et je pense que le rôle d’un athlète est de se concentrer sur ses compétitions. Désormais, tout ce qui relève du domaine administratif, j’ai des personnes chargées de s’en occuper. S’il y a des problèmes, la fédération avec qui j’ai toujours été va s’adresser à ces personnes. Mais pour l’instant, je n’ai pas ce problème.

 

Champion olympique, vous avez récemment décroché une médaille de bronze. Comment vivez-vous un tel moment ? Vous sentez-vous déçu ou plutôt vous ressentez une pression à vous améliorer au quotidien ?

Déjà, ce qu’il faut savoir, c’est que l’objectif principal, c’est Tokyo 2020. Avant d’aller à Rio, il y a eu plusieurs compétitions au cours desquelles il nous arrivait de perdre comme de gagner. Mais, croyez-moi, on visait à chacun de ces rendez-vous, la place la plus importante et Dieu merci à Rio, on a pu décrocher la médaille d’or. C’est un sport de combat où on peut retrouver une centaine d’athlètes avant la finale. Ce sont les étapes. Chez nous, les points sont très importants car ils nous permettent d’être bien classé.

Actuellement, je suis N°1 mondial, je fais des compétitions et je prends des points. Pour arriver à l’objectif principal qui est Tokyo de se qualifier directement d’office. Avant le championnat du monde, ça faisait deux ans que je ne perdais pas sur au moins une trentaine de compétitions et combats. Les Éléphants ont été champions d’Afrique mais le championnat d’Afrique suivant, ils ont perdu pour dire qu’en sport il y a toujours des hauts et des bas. Il y a des moments difficiles, c’est pourquoi il faut toujours se remettre en cause. Cependant, on travaille toujours d’arrache pied pour porter haut le drapeau ivoirien.

 

De plus en plus, on remarque la montée en puissance de jeunes athlètes à l’instar de Marie-Josée Talou, Ruth Gbagbi, Cissé Gué et bien évidemment Cheick Cissé. Est-ce un message fort que vous voulez ainsi adresser à la politique sportive ivoirienne qui a tendance à plus privilégier le football en laissant pour compte les sports dits mineurs ?

Tout cela fait plaisir. Avant même les jeux olympiques et même après, il y a eu une certaine motivation très importante des sportifs ivoiriens. Avant les jeux olympiques, j’ai vu des jeunes au Champroux travailler fort pour être au top niveau et cette médaille olympique a permis à nombre d’entre eux de croire davantage en eux. Cela leur a donné beaucoup de motivation. Et ça fait vraiment plaisir de voir tout cet engouement. On a vu avec la Francophonie avec Cissé Gué. Et même au taekwondo, il y a beaucoup de jeunes, malgré les maigres moyens, font mains et pieds pour pouvoir arriver à un certain niveau. On va donc continuer à contribuer au rayonnement des sports dits mineurs. Nous mettre pour cela les moyens à notre disposition pour que la jeunesse ivoirienne puisse se réaliser.

 

Est-ce qu’il vous arrive d’être frustré du fait que l’État accorde plus de moyens aux Éléphants footballeurs qui apportent moins de résultats au détriment de vous qui décrochez toujours des médailles ?

Je pense que les Éléphants, c’est encore une très grande responsabilité. C’est normal qu’on leur accorde des moyens avec des joueurs comme Didiier Drogba. Tout comme Cheick Cissé aussi mérite des moyens. Aujourd’hui, nous bénéficions d’une prise en charge présidentielle et je remercie au passage le Président de la République. Avant, il n’y avait pas ça. De toute l’histoire du taekwondo en Côte d’Ivoire, aucun athlète n’avait jamais reçu une telle prise en charge.

 

Ta Lou Marie-Josée qui a décroché deux fois de suite de médailles d’argent au championnat du monde a eu 40 millions de F Cfa de la Présidence avec une prise en charge et Gbagbi Ruth aussi. Je pense que le gouvernement ivoirien a commencé à comprendre que ce n’est pas seulement le football qui compte mais qu’il y a d’autres sports qui peuvent mettre la Côte d’Ivoire à un certain niveau. Et dans ce sens, il y a une politique très importante du sport qui a commencé à se mettre en place.

 

Avant Tokyo 2020, quel est le futur challenge de Cheick Cissé ?

Dans la vie, il ne faut jamais brûler les étapes. Mon objectif principal reste 2020 et les étapes de 2020 ont commencé avec la President Cup au Maroc, le championnat du monde, le grand prix de Moscou (Bronze), President cup à Las Vegas, le grand prix de Marrakech, enfin, il y a beaucoup de compétitions et c’est sur tout ça que pour l’instant je me focalise avant d’arriver à Tokyo.

 

Réalisée à Dubaï par Philip KLA

linfodrome

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment